Septima Clark
Septima Poinsette Clark
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Éducatrice afro-américaine surnommée la « mère du mouvement des droits civiques », elle a fondé les Citizenship Schools dans le Sud ségrégationniste pour apprendre à lire aux Noirs et les aider à s'inscrire sur les listes électorales.
Citations célèbres
« I was on the executive staff of SCLC, but theologically and politically I was not in line with it. »
« Education is the key to the ballot box. »
Faits marquants
- 1898 : naissance à Charleston, Caroline du Sud
- 1961 : fonde les Citizenship Schools avec le SCLC pour alphabétiser les Noirs du Sud et faciliter leur inscription électorale
- 1956 : licenciée de son poste d'enseignante à Charleston pour son appartenance à la NAACP
- 1979 : reçoit la Presidential Medal of Freedom des mains de Jimmy Carter
- 1987 : décès à Charleston après une vie entière consacrée à l'éducation et aux droits civiques
Œuvres & réalisations
Réseau d'écoles d'alphabétisation civique fondé par Clark sur Johns Island, puis étendu à tout le Sud sous l'égide de la SCLC. Ce programme permet à des milliers d'adultes noirs d'apprendre à lire et de s'inscrire sur les listes électorales, formant la base organisationnelle du mouvement des droits civiques.
Premier récit autobiographique de Clark, retraçant son parcours d'institutrice et son engagement civique. Ouvrage fondamental pour comprendre l'éducation populaire dans le Sud ségrégationniste des années 1950.
Clark conçoit et dirige la formation de centaines d'animateurs locaux issus des communautés noires rurales. Cette méthode ascendante — former des gens du peuple plutôt que des experts extérieurs — est une innovation pédagogique majeure du mouvement.
Recueil d'entretiens menés par Cynthia Stokes Brown, dans lequel Clark revient sur toute sa vie militante. Source historique essentielle, ce livre est l'un des derniers témoignages directs de cette génération.
Anecdotes
En 1956, la Caroline du Sud adopte une loi interdisant aux employés de l'État d'adhérer à la NAACP. Septima Clark enseigne depuis quarante ans ; elle refuse de quitter l'organisation et est immédiatement révoquée, perdant son salaire et sa retraite. Loin de se décourager, elle dit que cette injustice lui a « rendu sa liberté ».
En 1957, Clark ouvre la première Citizenship School dans une coopérative de Johns Island, une île isolée de Caroline du Sud où beaucoup d'habitants adultes ne savent ni lire ni écrire. Elle choisit comme enseignante Bernice Robinson, sa nièce, en expliquant qu'une institutrice non diplômée approcherait les élèves sans condescendance. En quelques mois, des dizaines d'adultes noirs apprennent à lire la Constitution pour s'inscrire sur les listes électorales.
Martin Luther King Jr. la surnomme « la mère du mouvement » et reconnaît que sans l'alphabétisation civique organisée par Clark, les grandes mobilisations des années 1960 n'auraient pas eu la même base populaire. Pourtant, lors de la préparation de la Marche sur Washington de 1963, les femmes, dont Clark, sont écartées des discours officiels — une exclusion qu'elle dénonce publiquement jusqu'à la fin de sa vie.
Au début des années 1960, le programme des Citizenship Schools est intégré à la Southern Christian Leadership Conference (SCLC). Clark forme des centaines de formateurs locaux dans toute la ceinture sudiste : en moins de dix ans, plus de dix mille adultes noirs ont appris à lire et se sont inscrits sur les listes électorales grâce à ce réseau qu'elle coordonne.
En 1982, la Caroline du Sud — l'État qui l'avait licenciée vingt-six ans plus tôt — lui remet l'Order of the Palmetto, la plus haute distinction civile de l'État. Clark, alors âgée de 84 ans, y voit non pas une réhabilitation personnelle mais la preuve que l'éducation populaire peut transformer durablement une société.
Sources primaires
I was determined to get the people of Johns Island to read and write, because I knew that without literacy they could never vote, and without the vote they would remain powerless.
I have great belief in the fact that whenever there is chaos, it creates wonderful thinking. I consider chaos a gift.
The Citizenship Schools are not my program. They belong to the communities that built them, one by one, county by county, state by state.
When a person learns to sign his own name instead of making an X, something happens inside of him that gives him a new sense of dignity and power.
Lieux clés
Ville natale de Septima Clark, marquée par une longue histoire esclavagiste. C'est là qu'elle grandit, se forme et commence sa carrière d'institutrice dans les écoles ségréguées.
Île rurale et isolée où Clark ouvre en 1957 la première Citizenship School dans l'arrière-boutique d'une coopérative. Ce lieu symbolise le point de départ d'un mouvement d'alphabétisation civique qui s'étendra à tout le Sud.
Centre de formation antiségrégationniste fondé par Myles Horton, où Clark devient directrice de l'éducation. Rosa Parks y participait aussi ; c'est là que le programme des Citizenship Schools est formalisé et diffusé.
Quand la SCLC reprend le programme des Citizenship Schools en 1961, Clark s'installe à Atlanta pour coordonner la formation de centaines d'animateurs locaux dans tout le Sud ségrégationniste.
Capitale de l'État où Clark enseigne dans les écoles publiques pendant plusieurs années et où elle milite activement à la NAACP, avant d'être révoquée en 1956 pour cette appartenance.
