Sequoyah est un orfèvre et lettré cherokee, célèbre pour avoir inventé seul le syllabaire cherokee vers 1821. Il est le seul individu connu de l'histoire à avoir créé de toutes pièces un système d'écriture sans être lui-même alphabétisé au préalable.
Sequoyah(1770 — 1843)
Sequoyah
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1770 dans le village cherokee de Tuskegee (actuel Tennessee).
- Achève la mise au point du syllabaire cherokee d'environ 85 caractères vers 1821, après une douzaine d'années de travail.
- Le syllabaire est officiellement adopté par la nation cherokee en 1825, permettant une alphabétisation rapide du peuple.
- Son écriture rend possible la parution du journal bilingue Cherokee Phoenix à partir de 1828.
- Meurt en 1843 au Mexique, alors qu'il recherchait des bandes cherokees dispersées ; le genre d'arbres Sequoia est nommé en son honneur.
Œuvres & réalisations
Système d'écriture d'environ 85 signes représentant les syllabes du cherokee. Première écriture inventée par un seul homme illettré, encore utilisée aujourd'hui.
Épreuve devant les chefs cherokees prouvant que des messages écrits pouvaient être lus à distance, ce qui convainquit la nation d'adopter son invention.
Reconnaissance institutionnelle qui fit du cherokee une langue écrite, employée pour les lois, l'éducation et les textes religieux.
Le syllabaire rendit possible le premier journal amérindien, imprimé en cherokee et en anglais à New Echota.
Après la Piste des Larmes, Sequoyah œuvra à réconcilier les Cherokees de l'Ouest et les déportés de l'Est au sein d'un même gouvernement.
Dernier voyage vers le Mexique pour retrouver des Cherokees émigrés et préserver l'unité du peuple ; il y trouva la mort.
Anecdotes
Sequoyah ne savait ni lire ni écrire dans aucune langue lorsqu'il décida de doter le cherokee d'une écriture. Frappé par le pouvoir des Blancs qui communiquaient grâce à des « feuilles qui parlent » (le papier), il était persuadé que ce secret pouvait être reproduit. Il est aujourd'hui le seul individu de l'histoire connu pour avoir inventé un système d'écriture complet en partant de zéro, sans être déjà lettré.
Au début, Sequoyah tenta de créer un signe différent pour chaque mot de la langue. Après en avoir dessiné des milliers sans jamais finir, il comprit son erreur et changea complètement de méthode : il décomposa le cherokee en syllabes. Il aboutit ainsi à un système d'environ 85 signes seulement, beaucoup plus simple à mémoriser.
Ses voisins le prirent longtemps pour un fou ou un sorcier, et l'on raconte que sa cabane de travail aurait même été incendiée avec ses premières notes. Pour prouver que son invention n'avait rien de magique, il fit une démonstration publique avec sa jeune fille Ayoka : séparés, ils s'envoyaient des messages écrits que l'autre lisait à voix haute, stupéfiant l'assistance.
Le syllabaire était si facile à apprendre qu'en quelques années une grande partie de la nation cherokee sut lire et écrire, parfois plus alphabétisée que ses voisins blancs. Dès 1828 parut le Cherokee Phoenix, premier journal amérindien, imprimé en cherokee et en anglais.
Sequoyah mourut vers 1843 au Mexique, alors qu'il cherchait un groupe de Cherokees partis vivre au sud avant la déportation. En son honneur, le botaniste Stephan Endlicher donna le nom de « Sequoia » aux arbres géants de Californie, parmi les plus grands êtres vivants du monde.
Sources primaires
Il avait observé que les Blancs pouvaient mettre leurs pensées sur le papier et se les transmettre à de grandes distances ; il était convaincu qu'il pouvait faire de même pour son peuple.
Premier journal imprimé par une nation amérindienne, composé en partie à l'aide du syllabaire inventé par Sequoyah et imprimé à New Echota.
Médaille remise en reconnaissance de l'invention de l'alphabet cherokee, gravée en anglais sur une face et en cherokee sur l'autre.
Le système de Guess [Sequoyah] représente chaque syllabe de la langue par un caractère distinct, ce qui le rend d'un apprentissage extraordinairement rapide.
Lieux clés
Village cherokee près de la rivière Little Tennessee où Sequoyah serait né vers 1770. Un musée y honore aujourd'hui sa mémoire.
Village cherokee où Sequoyah s'installa et tint son atelier d'orfèvre. C'est là qu'il acheva une grande partie de son travail sur le syllabaire.
Capitale de la nation cherokee où furent adoptés sa Constitution et le journal Cherokee Phoenix, imprimé grâce au syllabaire.
Cabane en rondins construite par Sequoyah dans le Territoire indien après son émigration vers l'Ouest. Elle est aujourd'hui un site historique.
Zone du nord du Mexique où Sequoyah mourut vers 1843 en cherchant un groupe de Cherokees partis s'y établir.
Objets typiques

Système d'écriture d'environ 85 signes, chacun représentant une syllabe de la langue cherokee. Inventé par Sequoyah, il permit l'alphabétisation rapide de toute une nation.

Morceaux d'écorce, ardoises et carnets sur lesquels Sequoyah dessinait et testait ses signes pendant des années. Ils servirent de brouillons à l'élaboration du syllabaire.

Marteaux, ciselets et moules utilisés par Sequoyah dans son métier d'orfèvre et de forgeron. Ce travail minutieux du métal nourrit son goût pour le dessin précis des signes.

Médaille remise à Sequoyah en récompense de son invention, gravée en anglais d'un côté et en cherokee de l'autre. Il la porta avec fierté jusqu'à sa mort.

Premier journal amérindien, imprimé dès 1828 grâce à des caractères typographiques fondus d'après le syllabaire. Il diffusait nouvelles, lois et textes religieux en cherokee et en anglais.

Pipe que Sequoyah fume sur la plupart de ses portraits, accessoire courant chez les notables cherokees de son temps. Elle est souvent associée aux moments de réflexion et d'échange.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Au lever, Sequoyah ranimait le feu et prenait un repas simple avant de gagner son atelier. Orfèvre et forgeron, il consacrait ses matinées à travailler l'argent et le métal pour ses clients.
Après-midi
L'après-midi, il s'isolait souvent pour dessiner et tester ses signes sur des écorces et des ardoises. Des années durant, il négligea parfois ses champs et son commerce, absorbé par sa recherche.
Soir
Le soir, à la lueur du feu, il fumait sa pipe et discutait avec sa famille et ses voisins. Une fois le syllabaire achevé, il passait ces heures à enseigner ses signes aux Cherokees venus apprendre à lire.
Alimentation
L'alimentation cherokee reposait sur le maïs (bouillies, galettes, pain de maïs), les haricots et les courges, les fameuses « trois sœurs ». S'y ajoutaient le gibier chassé, le poisson, les noix et les fruits sauvages.
Vêtements
Sequoyah portait un mélange de vêtements cherokees et de tissus venus du commerce avec les Blancs : chemise longue, turban d'étoffe et médaille au cou, comme le montrent ses portraits. Cet habillement reflétait une société en pleine transformation.
Habitat
Beaucoup de Cherokees de son époque vivaient dans des cabanes en rondins entourées de champs cultivés, sur le modèle des fermes voisines. Sa cabane de l'Oklahoma, conservée comme site historique, en donne un bon exemple.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Syllabaire cherokee
vers 1821
Démonstration publique avec sa fille Ayoka
vers 1821
Adoption officielle du syllabaire par le Conseil national cherokee
1825
Contribution au Cherokee Phoenix
1828
Action pour la réunification de la nation cherokee
1839
Recherche des Cherokees du Sud
1842-1843






