Sergueï Rachmaninov(1873 — 1943)

Sergueï Rachmaninov

États-Unis, Empire russe

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe siècleFin du romantisme russe et début du XXe siècle, marqué par la révolution russe et l'exil

Compositeur, pianiste virtuose et chef d'orchestre russe, l'un des derniers grands représentants du romantisme tardif. Émigré après la révolution de 1917, il poursuit sa carrière aux États-Unis où il devient l'un des plus célèbres pianistes de son temps.

Questions fréquentes

Sergueï Rachmaninov (1873-1943) est l'un des derniers grands compositeurs du romantisme tardif russe, également virtuose du piano et chef d'orchestre. Ce qui le rend unique, c'est qu'il a dû fuir la révolution de 1917 et reconstruire sa carrière aux États-Unis comme pianiste concertiste. Moins qu'un compositeur de salon, c'est un artiste dont la nostalgie de la Russie perdue imprègne toute son œuvre, du Deuxième Concerto pour piano aux Danses symphoniques. Son génie mélodique et sa technique pianistique hors norme en font une figure incontournable du XXe siècle.

Citations célèbres

« La musique, c'est assez pour toute une vie, mais une vie n'est pas assez pour la musique. »

Faits marquants

  • Né en 1873 près de Novgorod, en Russie, dans une famille de la noblesse
  • Composition du Concerto pour piano n°2 en 1901, l'une de ses œuvres les plus célèbres
  • Quitte définitivement la Russie après la révolution de 1917
  • Mène une carrière internationale de pianiste virtuose, notamment aux États-Unis
  • Mort en 1943 à Beverly Hills (Californie), peu avant d'obtenir la nationalité américaine

Œuvres & réalisations

Prélude en do dièse mineur, op. 3 n°2 (1892)

Pièce pour piano qui rendit Rachmaninov célèbre dès sa jeunesse et qu'on lui réclama toute sa vie en concert.

Deuxième Concerto pour piano en do mineur, op. 18 (1901)

Sans doute son œuvre la plus aimée, symbole de sa renaissance créatrice après sa dépression.

Troisième Concerto pour piano en ré mineur, op. 30 (1909)

Réputé l'un des concertos les plus difficiles du répertoire, créé lors de sa tournée américaine.

Les Cloches, op. 35 (1913)

Poème symphonique pour chœur et orchestre, inspiré d'un poème d'Edgar Allan Poe et des cloches russes.

Vêpres (Vigiles nocturnes), op. 37 (1915)

Chef-d'œuvre de musique sacrée orthodoxe a cappella, sommet du répertoire choral russe.

Rhapsodie sur un thème de Paganini, op. 43 (1934)

Œuvre brillante pour piano et orchestre dont la célèbre 18e variation est mondialement connue.

Troisième Symphonie en la mineur, op. 44 (1936)

L'une de ses dernières grandes œuvres orchestrales, empreinte de nostalgie pour la Russie perdue.

Danses symphoniques, op. 45 (1940)

Sa toute dernière composition, testament musical riche et coloré écrit aux États-Unis.

Anecdotes

À la création de sa Première Symphonie en 1897, l'œuvre fut un désastre absolu : le chef d'orchestre Alexandre Glazounov la dirigea, dit-on, en état d'ébriété, et la critique fut féroce. Rachmaninov tomba alors dans une profonde dépression qui le rendit incapable de composer pendant près de trois ans.

C'est grâce à un médecin hypnotiseur, le docteur Nikolaï Dahl, que Rachmaninov retrouva confiance et inspiration. Il lui dédia son Deuxième Concerto pour piano, devenu l'une des œuvres les plus célèbres du répertoire, en remerciement de cette guérison.

Rachmaninov avait des mains gigantesques, capables d'embrasser sur le clavier un intervalle de douze touches blanches (une treizième). Cette particularité physique explique en partie les accords très écartés et difficiles que comportent ses partitions pour piano.

Après la révolution de 1917, Rachmaninov quitta définitivement la Russie en traîneau, traversant la frontière finlandaise en plein hiver avec sa femme et ses deux filles, n'emportant que quelques bagages. Il ne revit jamais sa patrie.

Aux États-Unis, Rachmaninov gagnait surtout sa vie comme pianiste de concert, donnant des tournées épuisantes. Nostalgique de la Russie, il recréa dans sa villa de Suisse, puis en Amérique, une atmosphère russe, allant jusqu'à employer du personnel russe.

Sources primaires

Lettre de Rachmaninov sur l'échec de sa Première Symphonie (1897)
Je ne suis pas mort, mais je n'éprouve plus aucun plaisir à vivre ; je suis comme un homme frappé d'apoplexie qui aurait perdu l'usage de ses bras et de sa tête.
Souvenirs de Rachmaninov sur le docteur Dahl (rapportés par Oskar von Riesemann) (1900)
Jour après jour, j'entendais répéter, alors que je sommeillais dans son fauteuil : « Vous allez commencer à écrire votre concerto... Vous travaillerez avec aisance... Le concerto sera excellent. »
Propos de Rachmaninov sur la perte de son pays (vers 1930)
En quittant la Russie, j'ai perdu le désir de composer. Ayant perdu ma patrie, je me suis perdu moi-même.

Lieux clés

Semionovo (région de Novgorod), Russie

Lieu de naissance de Rachmaninov, dans un domaine familial de la noblesse russe.

Conservatoire de Moscou

Établissement où Rachmaninov se forma comme pianiste et compositeur, obtenant la grande médaille d'or en 1892.

Ivanovka, Russie

Domaine familial à la campagne où Rachmaninov passait ses étés et composait une grande partie de ses œuvres, jusqu'à la révolution.

Villa Senar, Hertenstein (Suisse)

Maison qu'il fit construire au bord du lac des Quatre-Cantons dans les années 1930, recréant une atmosphère russe.

Beverly Hills, Californie (États-Unis)

Dernière demeure de Rachmaninov, où il mourut en 1943 peu avant ses 70 ans.

Carnegie Hall, New York

Salle prestigieuse où Rachmaninov se produisit régulièrement comme pianiste et chef lors de ses tournées américaines.

Voir aussi