Sima Qian
Sima Qian
144 av. J.-C. — 85 av. J.-C.
Han de l'Ouest
Historien et annaliste chinois de la dynastie Han, Sima Qian est l'auteur des Mémoires historiques (Shiji), considérés comme la première grande œuvre d'historiographie chinoise. Malgré la disgrâce et la castration imposées par l'empereur Wu, il acheva cette somme colossale couvrant trois millénaires d'histoire.
Citations célèbres
« Un homme ne meurt qu'une fois, et sa mort peut être plus lourde que le mont Tai ou plus légère qu'une plume. »
« J'ai voulu pénétrer dans toutes les choses du ciel et de l'homme, saisir les transformations du passé et du présent. »
Faits marquants
- Né vers 145 av. J.-C. dans la province du Shaanxi, fils du grand astrologue et historien de cour Sima Tan
- Nommé grand astrologue (Taishi ling) à la cour de l'empereur Wu des Han vers 108 av. J.-C.
- Condamné à la castration en 99 av. J.-C. pour avoir défendu le général Li Ling
- Rédige les Shiji (Mémoires historiques), œuvre en 130 chapitres couvrant l'histoire chinoise de l'origine légendaire jusqu'à son époque
- Mort vers 86 av. J.-C. ; son œuvre fonde le modèle des histoires officielles chinoises pour deux millénaires
Œuvres & réalisations
Œuvre maîtresse de Sima Qian, les Shiji comptent 130 chapitres et couvrent plus de 3 000 ans d'histoire chinoise des origines mythiques jusqu'au règne de l'empereur Wu. Première histoire générale de la Chine, elle invente le genre biographique et servira de modèle à toutes les histoires dynastiques ultérieures.
Sima Qian participa activement à l'élaboration du calendrier Taichu, qui fixa le premier mois de l'année lunaire et régla les intercalations. Ce calendrier réformé resta en usage sous les Han et témoigne de ses compétences en astronomie.
Document autobiographique exceptionnel dans lequel Sima Qian explique à son ami Ren An pourquoi il a choisi de survivre à la castration plutôt que de se suicider. Cette lettre est l'un des témoignages les plus poignants de la littérature chinoise classique sur la dignité et le sens de l'œuvre.
Anecdotes
En 99 av. J.-C., Sima Qian prit la défense du général Li Ling, capturé par les Xiongnu, alors que toute la cour impériale le condamnait. Cette audace déplut souverainement à l'empereur Wu, qui le condamna à la castration — la pire des humiliations pour un lettré confucéen. Sima Qian choisit de survivre à cette honte uniquement pour achever son œuvre.
Après sa condamnation, Sima Qian continua à travailler aux Mémoires historiques (Shiji) depuis sa cellule, puis depuis son poste de Grand Secrétaire de l'intérieur. Il écrivit à son ami Ren An que seul l'achèvement de son œuvre justifiait qu'il continue à vivre malgré le déshonneur subi.
Sima Qian avait entrepris un vaste voyage à travers la Chine dans sa jeunesse, visitant les lieux historiques, recueillant des témoignages oraux et consultant des archives locales. Ces enquêtes de terrain, rares pour un historien de l'Antiquité, donnèrent aux Shiji une richesse documentaire exceptionnelle.
Son père, Sima Tan, était lui-même Grand Astrologue à la cour des Han. Mourant en 110 av. J.-C., il confia à son fils en larmes la mission d'achever l'histoire de Chine qu'il avait commencée. Sima Qian honora cette promesse au prix de sa souffrance personnelle.
Les Shiji couvrent plus de 3 000 ans d'histoire chinoise, des origines mythiques à l'époque de l'empereur Wu. L'œuvre compte 130 chapitres répartis en cinq sections distinctes, dont les biographies individuelles (liezhuan) — une invention de Sima Qian qui influencera toute l'historiographie chinoise ultérieure.
Sources primaires
Un homme a forcément une seule mort. Cette mort peut être aussi lourde que le mont Taishan ou aussi légère qu'une plume. Tout dépend de ce pour quoi on meurt.
L'Empereur Jaune, Xuanyuan, pratiquait les vertus de la Voie et de la Justice ; il régla le calendrier et les saisons, cultiva les cinq céréales et fit la paix avec les dix mille peuples.
Mon père m'a dit en mourant : 'Nos ancêtres étaient déjà historiens sous Zhou. Ne laisse pas tomber cette mission.' J'ai baissé la tête et pleuré.
Confucius composait le Chunqiu pour établir les distinctions entre le rite et la transgression ; il voulait que les rois, les seigneurs et les grands ministres se souviennent de leurs devoirs.
Lieux clés
Capitale de l'empire Han occidental, Chang'an était le lieu de vie et de travail de Sima Qian. C'est là qu'il exerçait ses fonctions de Grand Astrologue puis de Grand Secrétaire, et qu'il rédigea l'essentiel des Shiji.
Ville natale de Sima Qian dans la province du Shaanxi, où se trouve encore aujourd'hui son mausolée. Un musée lui est consacré et son tombeau reste un lieu de pèlerinage pour les lettrés chinois.
Montagne sacrée de Chine que Sima Qian visita lors de ses voyages de jeunesse et à l'occasion du grand sacrifice feng de l'empereur Wu en 110 av. J.-C. Elle symbolise dans sa lettre à Ren An la mort digne et mémorable.
Sima Qian se rendit à Qufu pour s'incliner devant le temple de Confucius et recueillir des témoignages locaux. Cette visite nourrit sa biographie de Confucius, l'un des chapitres les plus célèbres des Shiji.
Berceau de la civilisation chinoise que Sima Qian parcourut lors de ses grandes enquêtes géographiques. Les sites historiques de cette région fournirent des témoignages directs pour les chapitres les plus anciens des Shiji.
