Actrice et écrivaine française (1921-1985), Simone Signoret est la première actrice française à remporter l'Oscar de la meilleure actrice pour Room at the Top (1959). Icône du cinéma d'après-guerre, elle se distingue aussi par son engagement politique et ses mémoires.
Simone Signoret(1921 — 1985)
Simone Signoret
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La nostalgie n'est plus ce qu'elle était.»
Faits marquants
- 1921 : naissance à Wiesbaden sous le nom de Simone Kaminker
- 1952 : rôle emblématique dans Casque d'or de Jacques Becker
- 1959 : Oscar de la meilleure actrice pour Room at the Top — première actrice française à obtenir cette récompense
- 1976 : publication de ses mémoires La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était
- 1985 : décès à Autheuil-Authouillet
Œuvres & réalisations
Film de Jacques Becker dans lequel Signoret incarne Marie, une femme fatale du Paris de la Belle Époque. Chef-d'œuvre du cinéma français classique, le film lui apporte une reconnaissance nationale et internationale durable.
Thriller d'Henri-Georges Clouzot, adapté du roman de Boileau-Narcejac, dans lequel elle joue face à Véra Clouzot. Le film, un succès mondial, lui ouvre les portes du cinéma international et influence Alfred Hitchcock lui-même.
Film britannique de Jack Clayton pour lequel Signoret remporte l'Oscar de la meilleure actrice en 1960. Elle y interprète Alice Aisgill, une femme mûre amoureuse d'un jeune ambitieux, avec une intensité qui bouleversa la critique américaine.
Film de Jean-Pierre Melville sur la Résistance française, d'après le roman de Joseph Kessel. Signoret y incarne Mathilde, figure de la Résistance intérieure, dans un film sobre et sans héroïsme artificiel considéré aujourd'hui comme un chef-d'œuvre.
Film de Moshe Mizrahi, adapté du roman 'La Vie devant soi' de Romain Gary (alias Émile Ajar). Signoret y joue Rosa, ancienne déportée devenant nourrice dans le quartier de Belleville. Le film obtient l'Oscar du meilleur film étranger et lui vaut une ovation de la critique internationale.
Autobiographie publiée chez Le Seuil, traduite dans une vingtaine de langues, dans laquelle Signoret raconte avec humour et lucidité son enfance, sa carrière, son engagement politique et sa vie avec Montand. Un document précieux sur l'histoire culturelle et politique de la France du XXe siècle.
Anecdotes
En avril 1960, Simone Signoret devient la première actrice française à remporter l'Oscar de la meilleure actrice, pour son rôle dans 'Les Chemins de la haute ville'. Elle bat des rivales comme Doris Day, Audrey Hepburn et Elizabeth Taylor. En France, la nouvelle fait la une de tous les journaux : une actrice européenne venait de conquérir Hollywood.
En 1956, Signoret et son mari Yves Montand entament une tournée en Union soviétique, invités par Khrouchtchev. C'est pendant ce voyage que les chars soviétiques écrasent le soulèvement hongrois. Le couple se retrouve dans une position délicate, critiqué en France pour ne pas avoir annulé la tournée, même s'ils condamnèrent publiquement l'intervention.
En septembre 1960, Simone Signoret signe le 'Manifeste des 121', une déclaration d'intellectuels réclamant le droit à l'insoumission pendant la guerre d'Algérie. Ce geste lui coûte cher : certaines de ses œuvres sont censurées à la radio et à la télévision d'État, et elle est convoquée par les autorités. Elle ne regretta jamais sa signature.
Son autobiographie, 'La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était' (1976), devient un best-seller inattendu traduit dans une vingtaine de langues. Le titre, détournement d'un mot attribué à l'humoriste américain Yogi Berra, résume avec ironie sa vision d'une époque révolue. Le livre révèle une femme lucide, drôle et sans complaisance envers elle-même.
À la fin de sa vie, Signoret tourne 'Madame Rosa' (1977), où elle incarne une ancienne déportée devenue nourrice dans un quartier populaire parisien. Le film, adapté du roman de Romain Gary, remporte l'Oscar du meilleur film étranger. Sa performance, bouleversante, est saluée comme l'une des plus grandes de sa carrière, bien après ses années de gloire à Hollywood.
Sources primaires
Je ne suis pas nostalgique par nature. Mais il m'arrive de me souvenir d'un temps où les choses semblaient plus simples, non pas parce qu'elles l'étaient, mais parce que nous étions plus jeunes et que nous croyions pouvoir les changer.
Les malades que j'ai rencontrés dans cet hôpital m'ont appris quelque chose d'essentiel : la dignité n'est pas une question de santé, ni d'âge, ni même de lucidité. Elle est une décision que l'on prend chaque matin.
Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d'apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français.
I can't believe it. I was so certain that one of the others would get it that I almost didn't prepare anything.
Lieux clés
Ville de naissance de Simone Kaminker le 25 mars 1921, alors que son père militaire y était en poste. La famille rentre rapidement en France, et Wiesbaden ne restera qu'un lieu de naissance sur un passeport.
Signoret et Montand habitèrent pendant de nombreuses années un appartement mythique Place Dauphine, devenu un salon littéraire et politique où se croisaient Picasso, Prévert, Sartre et de nombreux artistes engagés.
Signoret tourna à Hollywood plusieurs films dans les années 1960, dont 'Ship of Fools' (1965). C'est à Hollywood qu'elle reçut son Oscar en 1960, lors de la cérémonie du Music Center.
Haut lieu de la vie artistique et intellectuelle française des années 1950-1970, où Signoret et Montand aimaient séjourner. L'auberge La Colombe d'Or, dont les murs sont couverts d'œuvres données par des artistes, fut un lieu de rencontres avec Prévert, Matisse ou Chagall.
Village normand où Signoret et Montand possédaient une maison de campagne, 'Le Colombier'. Signoret y passa ses dernières années et y mourut le 30 septembre 1985. Elle y est enterrée au cimetière local.
Objets typiques

Signoret était une fumeuse invétérée, la cigarette au coin des lèvres dans la plupart de ses photos et sur les plateaux de tournage. Elle incarna une certaine image de la femme française libre et indépendante, associée à ce geste de l'époque.

Son style vestimentaire signature, simple et élégant, incluait souvent un foulard noué de façon désinvolte. Ce détail vestimentaire est devenu emblématique de son image publique, à mi-chemin entre la star et la femme ordinaire.

Remportée en 1960 pour 'Les Chemins de la haute ville', la statuette est le symbole de sa reconnaissance internationale. Elle fut soigneusement conservée chez elle et figure dans plusieurs portraits photographiques pris dans sa maison.

Signoret rédigea ses mémoires et ses textes politiques sur machine à écrire, outil incontournable des écrivains de son époque avant l'avènement de l'ordinateur. Elle s'astreignait à écrire tôt le matin, avant les répétitions ou les tournages.

Actrice méticuleuse, Signoret annotait abondamment ses scripts, notant ses intentions de jeu et ses questions sur les motivations de ses personnages. Ces carnets témoignent d'une préparation intellectuelle rigoureuse.

La feuille de pétition ou de manifeste est l'objet symbolique de son engagement politique. Signoret fut parmi les premières grandes actrices à transformer sa notoriété en outil militant, à une époque où cela exposait réellement les artistes à des sanctions.
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Vie quotidienne
Matin
Signoret se levait tôt, contrairement à l'image de star noctambule. Elle consacrait ses matinées à la lecture des journaux — elle en dévorait plusieurs chaque jour — et à l'écriture. Pendant les tournages, elle préparait ses scènes avec soin, annotant ses scripts et réfléchissant aux motivations psychologiques de ses personnages.
Après-midi
Les après-midi étaient souvent occupés par les répétitions ou les tournages, parfois par des réunions militantes ou des signatures de pétitions. Dans sa maison normande d'Autheuil-Authouillet, elle aimait jardiner et recevoir des amis écrivains ou comédiens pour de longues conversations.
Soir
La vie nocturne du couple Signoret-Montand était intense, surtout dans leurs années parisiennes : dîners chez des amis (Prévert, Sartre, de Beauvoir), sorties au théâtre ou au cinéma, discussions politiques qui pouvaient s'étirer jusqu'à l'aube. Signoret était connue pour son esprit vif et ses opinions tranchées.
Alimentation
Signoret était une bonne vivante, attachée à la cuisine française traditionnelle. Elle aimait cuisiner elle-même, notamment des plats mijotés. Elle ne cachait pas son goût pour le vin rouge et les repas conviviaux, bien loin de la diète des stars hollywoodiennes de son époque.
Vêtements
Son style était celui d'une femme élégante mais désinvolte, loin des tenues sophistiquées des stars américaines. Elle privilégiait les robes simples, les foulards noués, les manteaux confortables. En vieillissant, elle refusa de cacher son âge ou de s'astreindre aux canons de beauté du star-system.
Habitat
Le couple vivait principalement dans leur appartement de la Place Dauphine à Paris, véritable institution culturelle. Ils possédaient également 'Le Colombier' à Autheuil-Authouillet, une maison de campagne normande où Signoret passait de plus en plus de temps dans ses dernières années, entourée de livres et de jardins.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était (mémoires)
1976






