Sphinx

Sphinx

États-Unis

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MythologieReligieux/seAvant J.-C.Mythologie grecque antique

Monstre de la mythologie grecque, à corps de lion et tête de femme, le Sphinx gardait les portes de Thèbes. Il posait une énigme fatale aux voyageurs et les dévorait s'ils échouaient. Vaincu par Œdipe, il se précipita dans le vide.

Questions fréquentes

Le Sphinx est un monstre hybride à corps de lion, tête de femme et ailes d'aigle, issu de l'union des monstres primordiaux Typhon et Échidna selon Hésiode. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne s'agit pas d'une divinité mais d'un teras (monstre) envoyé par les dieux pour punir la cité de Thèbes d'une faute ancienne. Il se tenait sur le mont Phicium, bloquant l'entrée de la ville et dévorant quiconque ne résolvait pas son énigme. Son nom vient du grec sphingein, « étrangler », ce qui renvoie à la manière dont il tuait ses victimes.

Faits marquants

  • Le Sphinx est une créature hybride : tête de femme, corps de lion, et parfois ailes d'aigle
  • Il posait l'énigme : 'Quel être marche à quatre pattes le matin, deux le midi, trois le soir ?'
  • Œdipe répondit 'l'homme', ce qui brisa le pouvoir du Sphinx
  • Vaincue, la créature se jeta du haut de son rocher près de Thèbes
  • Le mythe est notamment raconté dans la tragédie Œdipe Roi de Sophocle (Ve siècle av. J.-C.)

Œuvres & réalisations

Œdipe Roi — Sophocle (vers 429 av. J.-C.)

Chef-d'œuvre de la tragédie grecque dans lequel le Sphinx constitue le point de départ dramatique : sa défaite par Œdipe est l'acte fondateur de la catastrophe royale.

Théogonie — Hésiode (vers 700 av. J.-C.)

Premier texte à situer le Sphinx dans la généalogie des monstres grecs, né de Typhon et Échidna, ancrant le personnage dans la cosmogonie primitive.

Les Phéniciennes — Euripide (vers 409 av. J.-C.)

Tragédie retraçant la suite du mythe d'Œdipe où le Sphinx est évoqué comme le fléau ailé qui dévasta Thèbes avant d'être vaincu.

Bibliothèque — Pseudo-Apollodore (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)

Compilation mythologique qui donne la description physique la plus précise du Sphinx et raconte en détail l'épisode de l'énigme et la chute du monstre.

Vase à figures noires (amphore attique au Sphinx) (VIe siècle av. J.-C.)

Nombreuses céramiques grecques représentent le Sphinx perché sur une colonne ou fondant sur un homme, témoignant de la popularité du mythe dans l'art figuratif.

Anecdotes

Le Sphinx posait une seule et même énigme à tous les voyageurs qui tentaient d'entrer à Thèbes : « Quel être marche à quatre pattes le matin, deux pattes le midi et trois pattes le soir ? » La réponse était l'homme, qui rampe enfant, marche adulte et s'appuie sur une canne vieux. Nul avant Œdipe n'avait su répondre.

Selon Hésiode, le Sphinx était la fille de Typhon et Échidna, deux monstres primordiaux de la mythologie grecque. D'autres traditions le font naître d'Orthros, le chien à deux têtes, et de la Chimère. Son origine monstrueuse explique son rôle de gardien terrible aux portes de la cité.

Quand Œdipe répondit correctement à l'énigme, le Sphinx fut tellement accablé par la honte et la défaite qu'il se précipita lui-même du haut de son rocher. Ce suicide du monstre libéra Thèbes d'une malédiction qui durait depuis des années et valut à Œdipe la main de la reine Jocaste.

Le mot « sphinx » vient probablement du grec « sphingein », signifiant « étrangler » — une référence à la façon dont le monstre tuait ses victimes. Certains mythographes précisent qu'il les étranglait ou les dévorait après leur échec, faisant du sphinx une figure de mort inévitable pour quiconque manquait de sagesse.

Le Sphinx n'est pas uniquement grec : en Égypte, le Grand Sphinx de Gizeh représente un lion à tête humaine masculine, symbole de puissance royale. Les Grecs ont repris ce motif oriental en lui donnant une tête féminine et un caractère funeste, transformant un symbole de protection en figure de menace.

Sources primaires

Œdipe Roi — Sophocle (vers 429 av. J.-C.)
« C'est la Sphinx aux chants cruels qui nous forçait à laisser dans l'ombre ce que nous ne pouvions percer. »
Théogonie — Hésiode (vers 700 av. J.-C.)
« Elle [Échidna] enfanta encore le Sphinx funeste, fléau des Cadméens, et Cerbère qui dévore la chair crue. »
Bibliothèque — Pseudo-Apollodore (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)
« La Sphinx avait un visage de femme, une poitrine, des pattes et une queue de lion, et des ailes d'oiseau. Elle avait appris des Muses une énigme, et s'était assise sur le mont Phicium. »
Les Phéniciennes — Euripide (vers 409 av. J.-C.)
« La Sphinx ailée, fléau de cette terre, ravissait nos concitoyens avec ses griffes acérées et les emportait vers les hauteurs de l'éther. »

Lieux clés

Mont Phicium (Phikion), Béotie, Grèce

Colline rocheuse dominant les routes d'accès à Thèbes où le Sphinx avait établi son repaire. C'est ici qu'il posait son énigme et précipitait ses victimes dans le vide.

Thèbes (Thiva), Béotie, Grèce

Cité que le Sphinx terrorisait en interdisant tout accès. La libération de Thèbes par Œdipe est l'un des épisodes fondateurs de la mythologie thébaine.

Delphes, Grèce

Oracle d'Apollon où Laïos avait appris la prophétie annonçant sa mort par son propre fils. L'envoi du Sphinx par les dieux est lié à cette malédiction oraculaire.

Corinthe, Grèce

Ville où Œdipe grandit auprès de ses parents adoptifs avant de fuir pour échapper à la prophétie. Son départ vers Thèbes le mena à affronter le Sphinx.

Voir aussi