Stan Getz(1927 — 1991)

Stan Getz

États-Unis

7 min de lecture

MusiqueXXe siècleLe jazz américain de l'après-guerre, du cool jazz des années 1950 à la vague bossa nova des années 1960

Saxophoniste ténor américain, figure majeure du jazz « cool » des années 1950. Surnommé « The Sound » pour la sonorité chaude et lyrique de son instrument, il popularise la bossa nova aux États-Unis au début des années 1960.

Questions fréquentes

Stan Getz (1927-1991) est un saxophoniste ténor américain, figure majeure du jazz cool des années 1950. Ce qu'il faut retenir, c'est que son surnom « The Sound » (« Le Son ») vient de la sonorité exceptionnellement chaude et lyrique de son instrument, forgée en admirant Lester Young. Ce timbre velouté, reconnaissable entre mille, a fait de lui une référence : beaucoup de saxophonistes ont essayé de l'imiter sans jamais y parvenir. Il a aussi popularisé la bossa nova aux États-Unis dans les années 1960.

Faits marquants

  • Né le 2 février 1927 à Philadelphie, mort le 6 juin 1991 à Malibu (Californie)
  • Membre des « Four Brothers » de l'orchestre de Woody Herman à la fin des années 1940
  • Figure emblématique du cool jazz dans les années 1950, surnommé « The Sound »
  • Album « Jazz Samba » (1962) avec Charlie Byrd, dont le titre « Desafinado » lance la mode de la bossa nova aux États-Unis
  • Album « Getz/Gilberto » (1964) avec João Gilberto et Antônio Carlos Jobim, contenant « The Girl from Ipanema », récompensé par plusieurs Grammy Awards

Œuvres & réalisations

Early Autumn (avec l'orchestre de Woody Herman) (1948)

Un bref solo d'une grande délicatesse qui révèle le talent de Getz et lance sa carrière de soliste.

Focus (1961)

Album ambitieux mêlant saxophone et orchestre à cordes, arrangé par Eddie Sauter ; Getz le considérait comme l'un de ses sommets.

Jazz Samba (avec Charlie Byrd) (1962)

Premier album à diffuser largement la bossa nova aux États-Unis ; son morceau « Desafinado » devient un grand succès.

Getz/Gilberto (avec João Gilberto et Antônio Carlos Jobim) (1964)

Album culte de la rencontre entre le jazz et la bossa nova, couronné album de l'année aux Grammy Awards.

The Girl from Ipanema (1964)

Chanson devenue un tube planétaire, sacrée enregistrement de l'année et devenue un classique du XXe siècle.

Sweet Rain (avec Chick Corea) (1967)

Album raffiné qui montre l'ouverture de Getz aux nouvelles sonorités du jazz moderne.

Captain Marvel (1972)

Enregistré avec Chick Corea et de jeunes musiciens, il illustre la capacité de Getz à se renouveler.

People Time (avec Kenny Barron) (1991)

Émouvant album en duo gravé peu avant sa mort, considéré comme un adieu bouleversant.

Anecdotes

On surnommait Stan Getz « The Sound » (« Le Son ») tant la sonorité de son saxophone ténor était chaude, douce et reconnaissable entre mille. Il avait façonné ce timbre velouté en admirant Lester Young, et beaucoup de saxophonistes ont passé des années à essayer de l'imiter sans y parvenir.

À seulement 21 ans, en 1948, Getz joue un court solo sur le morceau « Early Autumn » dans l'orchestre de Woody Herman. Ces quelques mesures, d'une délicatesse rare, le rendent célèbre presque du jour au lendemain et lancent sa carrière de soliste.

En 1962, Getz découvre la bossa nova brésilienne et grave l'album « Jazz Samba ». Deux ans plus tard, avec « The Girl from Ipanema », il déclenche une véritable mode de la bossa nova aux États-Unis : la chanson passe partout à la radio et fait connaître ce style brésilien au monde entier.

La vie de Getz fut aussi marquée par ses combats contre la dépendance. En 1954, à Seattle, en manque de morphine, il tenta maladroitement de braquer une pharmacie le doigt pointé dans la poche comme une arme ; pris de remords, il téléphona aussitôt pour s'excuser. Il fut arrêté, mais reprit ensuite le chemin de la musique.

Son ami le saxophoniste Zoot Sims résuma le caractère changeant de Getz par une boutade restée célèbre : « C'est un type adorable... à condition de tomber sur le bon jour. » Génie de la mélodie mais homme tourmenté, Getz pouvait passer de la tendresse à la colère en un instant.

Sources primaires

Stan Getz, sur le sens de sa vie (propos rapportés, années 1980)
Ma vie, c'est la musique. D'une manière vague, mystérieuse et inconsciente, j'ai toujours été poussé par un ressort intérieur qui m'a obligé, presque compulsivement, à chercher la perfection en musique — souvent au détriment de tout le reste.
John Coltrane, à propos de Stan Getz (propos attribués, fin des années 1950)
Nous jouerions tous comme Stan Getz... si seulement nous en étions capables.
Zoot Sims, ami et collègue saxophoniste (témoignage rapporté)
Stan ? C'est un sacré bonhomme — en réalité, plusieurs bonshommes à la fois.

Lieux clés

Philadelphie (Pennsylvanie, États-Unis)

Ville natale de Stan Getz, né le 2 février 1927 dans une famille d'immigrés.

New York (le Bronx et la 52e Rue)

Getz y grandit et y apprend la musique ; jeune homme, il joue dans les clubs de la 52e Rue, cœur battant du jazz new-yorkais.

Copenhague (Danemark)

Getz s'y installe à la fin des années 1950, comme beaucoup de jazzmen américains attirés par l'accueil enthousiaste de l'Europe.

Seattle (État de Washington, États-Unis)

Lieu de l'épisode de la pharmacie en 1954, qui révéla au grand jour ses difficultés avec l'addiction.

Malibu (Californie, États-Unis)

Getz y passe ses dernières années et y meurt le 6 juin 1991 d'un cancer du foie.

Voir aussi