Sun Yat-sen(1866 — 1925)

Sun Yat-sen

dynastie Qing, république de Chine

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PolitiqueRévolutionnaireXXe siècleFin de la Chine impériale et naissance de la République de Chine, au tournant du XXe siècle

Révolutionnaire et homme politique chinois, fondateur du parti nationaliste Kuomintang et premier président de la République de Chine en 1912. Considéré comme le « père de la nation » par les Chinois pour son rôle dans le renversement de la dynastie mandchoue Qing.

Questions fréquentes

Pour comprendre ce titre, il faut imaginer la Chine de la fin du XIXe siècle, affaiblie par les puissances étrangères et gouvernée par une dynastie mandchoue déclinante. Ce qui distingue Sun Yat-sen des autres révoltés, c'est qu'il ne se contente pas de critiquer l'empire : il élabore une doctrine politique, les Trois Principes du Peuple, et fonde des organisations révolutionnaires comme la Ligue jurée en 1905. Moins un général qu'un théoricien et un rassembleur, il est le premier à proclamer la République de Chine en 1912, après la révolution Xinhai. Ce qu'il faut retenir, c'est que son héritage est revendiqué à la fois par la Chine populaire et par Taïwan, ce qui est rare pour une figure historique.

Faits marquants

  • Naissance en 1866 dans la province du Guangdong, mort en 1925 à Pékin
  • Co-fonde en 1905 le Tongmenghui (Ligue jurée), organisation révolutionnaire anti-mandchoue
  • La révolution Xinhai de 1911 renverse la dynastie Qing et met fin à l'Empire chinois
  • Devient le premier président provisoire de la République de Chine le 1er janvier 1912
  • Formule les « Trois principes du peuple » (nationalisme, démocratie, bien-être du peuple)

Œuvres & réalisations

Fondation de la Société pour la régénération de la Chine (Xingzhonghui) (1894)

Première organisation révolutionnaire de Sun, vouée au renversement de la dynastie Qing.

Création de la Ligue jurée (Tongmenghui) (1905)

Union des forces révolutionnaires chinoises à Tokyo, ancêtre du Kuomintang.

Les Trois Principes du Peuple (San min zhuyi) (1905-1924)

Doctrine politique fondée sur le nationalisme, la démocratie et le bien-être du peuple, base idéologique de la République.

Présidence provisoire de la République de Chine (1912)

Premier chef de l'État républicain, il pose les institutions du nouveau régime après la chute de l'Empire.

Fondation du Kuomintang (Parti nationaliste) (1912)

Parti politique majeur qui dominera la vie chinoise pendant des décennies, jusqu'à Taïwan aujourd'hui.

Réorganisation du Kuomintang et alliance soviétique (1923)

Sun restructure le parti sur le modèle léniniste et noue le premier front uni avec les communistes.

Académie militaire de Whampoa (1924)

École d'officiers fondée à Canton pour doter la révolution d'une armée moderne et disciplinée.

Anecdotes

En octobre 1896, lors d'un séjour à Londres, Sun Yat-sen fut attiré puis séquestré à l'intérieur de la légation chinoise, qui projetait de le renvoyer secrètement en Chine pour l'exécuter. Il parvint à faire passer un message par un domestique anglais ; la presse britannique s'empara de l'affaire et la pression publique força sa libération. Cet épisode rocambolesque le rendit célèbre dans le monde entier.

Formé comme médecin à Hong Kong, Sun Yat-sen fut l'un des deux premiers diplômés du Collège de médecine pour les Chinois en 1892. Il abandonna pourtant rapidement la médecine du corps pour celle de la nation, déclarant qu'il voulait « guérir la Chine » plutôt que quelques patients.

Le 1er janvier 1912, Sun Yat-sen devint le premier président provisoire de la jeune République de Chine. Mais il occupa ce poste moins de deux mois : pour rallier le puissant général Yuan Shikai et obtenir l'abdication du dernier empereur, il accepta de lui céder la présidence dès février 1912.

Sun Yat-sen passa la majeure partie de sa vie révolutionnaire en exil — au Japon, à Hawaï, en Europe, aux États-Unis — pour échapper à la police impériale Qing et lever des fonds auprès des communautés chinoises de l'étranger. Il coupa sa natte (signe de soumission à la dynastie mandchoue) et adopta des déguisements pour voyager incognito.

À sa mort en 1925, Sun Yat-sen laissa un testament politique appelant ses partisans à poursuivre la révolution « car l'œuvre n'était pas achevée ». Honoré à la fois en Chine populaire et à Taïwan, il reste l'une des rares figures vénérées des deux côtés du détroit comme « père de la nation ».

Sources primaires

Kidnapped in London (Souvenirs d'un kidnappé à Londres) (1897)
Récit autobiographique dans lequel Sun raconte sa séquestration à la légation chinoise de Londres et l'angoisse de savoir qu'on préparait son rapatriement et sa mort.
Les Trois Principes du Peuple (San min zhuyi) (1924)
Nationalisme, démocratie et bien-être du peuple : Sun y expose la doctrine politique fondatrice destinée à régénérer la Chine et à fonder un gouvernement républicain.
Programme de la Ligue jurée (Tongmenghui) (1905)
« Chasser les Tartares mandchous, rétablir la Chine, fonder une république et égaliser les droits fonciers. » Serment fondateur de l'organisation révolutionnaire.
Testament politique de Sun Yat-sen (1925)
« La révolution n'est pas encore achevée ; que tous mes camarades poursuivent l'effort. » Dernières volontés dictées peu avant sa mort à Pékin.

Lieux clés

Village de Cuiheng (Guangdong)

Village natal de Sun Yat-sen, près de Canton, dans le sud de la Chine. Il y passa son enfance avant de partir étudier à Hawaï.

Hong Kong

Ville où Sun étudia la médecine et mûrit ses idées révolutionnaires au contact des institutions occidentales.

Légation chinoise de Londres

Lieu de sa séquestration en 1896, épisode qui le rendit mondialement célèbre.

Tokyo

Base d'exil où Sun fonda la Ligue jurée (Tongmenghui) en 1905 et coordonna l'action révolutionnaire.

Nankin (Nanjing)

Capitale du gouvernement provisoire où Sun prêta serment comme président de la République en janvier 1912 ; son grand mausolée s'y dresse sur le mont Pourpre.

Pékin (Beijing)

Ville où Sun Yat-sen mourut d'un cancer du foie le 12 mars 1925, alors qu'il négociait l'unification du pays.

Voir aussi