Tapputi-Belatekallim(1200 av. J.-C. — ?)
Tapputi-Belatekallim
Babylonie
6 min de lecture
Tapputi-Belatekallim est une parfumeuse babylonienne du IIe millénaire avant notre ère, souvent considérée comme la première chimiste de l'histoire. Son nom apparaît sur une tablette cunéiforme décrivant ses procédés de fabrication de parfums.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionnée sur une tablette cunéiforme datée d'environ 1200 av. J.-C. en Mésopotamie babylonienne
- Considérée comme la première chimiste connue de l'histoire dont le nom nous est parvenu
- Son titre 'Belatekallim' indique qu'elle dirigeait un palais ou une administration royale
- Elle décrit des techniques de distillation, filtration et extraction par solvants pour produire des parfums
- Ses méthodes préfigurent les procédés de la chimie et de l'alchimie ultérieures
Œuvres & réalisations
Recettes et étapes techniques (macération, distillation, filtration) attribuées à Tapputi. C'est l'un des plus anciens textes de chimie pratique connus signé d'un nom.
Usage documenté du chauffage et de la condensation pour extraire les essences. Tapputi est considérée comme une pionnière de cette technique fondamentale de la chimie.
Produits aromatiques élaborés pour la cour babylonienne, utilisés dans la vie quotidienne, la médecine et les rituels religieux.
Procédé de clarification consistant à filtrer plusieurs fois le mélange pour purifier le parfum. Il témoigne d'une démarche méthodique proche de l'expérimentation.
Anecdotes
Tapputi-Belatekallim est la première personne identifiée comme chimiste dans l'histoire dont le nom nous soit parvenu : il est gravé sur une tablette d'argile en écriture cunéiforme datée d'environ 1200 avant notre ère. Avant elle, les recettes étaient anonymes ; ici, on connaît la créatrice.
Son titre « Belatekallim » n'est pas vraiment un nom de famille : en akkadien, « bēlet ekalli » signifie « maîtresse du palais » ou intendante. Elle occupait donc une fonction officielle importante à la cour babylonienne, ce qui montre qu'une femme pouvait diriger un atelier royal de parfumerie.
Pour fabriquer ses parfums, Tapputi utilisait des techniques que les chimistes emploient encore : la distillation, l'extraction par solvant et la filtration. Elle mélangeait fleurs, huiles, plantes aromatiques comme le calamus, de la myrrhe et de l'eau, puis chauffait et filtrait plusieurs fois pour obtenir une odeur durable.
La même tablette mentionne une autre femme parfumeuse dont le nom est en partie effacé (on lit seulement « …-ninu »), qui aurait rédigé un traité sur la fabrication des parfums. Cela suggère que Tapputi n'était pas une exception isolée, mais qu'il existait tout un milieu de femmes spécialistes des arômes en Mésopotamie.
Les parfums n'étaient pas qu'un luxe de coquetterie : en Mésopotamie, ils servaient aussi dans les rituels religieux, la médecine et les offrandes aux dieux. Le travail de Tapputi mêlait donc science, artisanat et sacré, à une époque où ces domaines n'étaient pas séparés.
Sources primaires
La tablette enregistre les opérations menées par Tapputi-Belatekallim, intendante du palais, qui prépare un onguent parfumé en combinant fleurs, huile et calamus avec de l'eau, puis distille et filtre le mélange à plusieurs reprises.
Le texte cunéiforme attribue les procédés à une femme nommée Tapputi, qualifiée de bēlet ekalli (« maîtresse du palais »), et constitue l'un des plus anciens documents techniques de chimie connus.
Lieux clés
Grande cité de Mésopotamie, centre politique et culturel où vivait et travaillait Tapputi à la cour royale. Son titre d'intendante du palais l'y rattache.
Lieu de travail de Tapputi, où elle dirigeait la production de parfums et d'onguents destinés à la cour et aux rituels. Son titre « maîtresse du palais » s'y réfère directement.
Région du Proche-Orient ancien, berceau de l'écriture et des premières sciences, cadre géographique général de l'activité de Tapputi.
Capitale assyrienne au nord de la Mésopotamie, lieu où des tablettes assyro-babyloniennes de parfumerie ont été retrouvées et étudiées par les assyriologues.