Officier breton surnommé « Premier grenadier de France » par Bonaparte en 1800, il symbolise l'idéal du soldat républicain. Revenu de sa retraite à 49 ans pour remplacer son filleul conscrit, il refusa toute promotion pour rester parmi ses grenadiers et mourut au champ d'honneur à Oberhausen.
Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret(1743 — 1800)
Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 23 novembre 1743 à Carhaix (Finistère), dans une famille noble bretonne
- Revient de retraite en 1792 à 49 ans pour remplacer son filleul appelé sous les drapeaux
- Refuse systématiquement promotions et grades supérieurs pour rester au rang avec ses grenadiers
- Nommé « Premier grenadier de France » par Bonaparte (Premier Consul) en 1800
- Tué le 27 juin 1800 à la bataille d'Oberhausen ; son nom continuait d'être appelé à l'appel, auquel un grenadier répondait « Mort au champ d'honneur »
Œuvres & réalisations
Œuvre maîtresse de La Tour d'Auvergne, rédigée entre deux campagnes militaires. Ce traité de linguistique comparée établit des parallèles entre le breton, le gallois, le gaélique et le latin, posant les bases d'une étude scientifique des langues celtiques et préfigurant la linguistique comparée du XIXe siècle.
Version enrichie et révisée des Origines gauloises, intégrant de nouveaux rapprochements lexicaux et des sources manuscrites inédites. Témoignage de la constance de sa passion intellectuelle malgré les exigences des campagnes militaires révolutionnaires.
Acte civique et militaire fondateur de sa légende : en se substituant au jeune conscrit tiré au sort, La Tour d'Auvergne incarna l'idéal révolutionnaire du citoyen-soldat sacrifiant ses intérêts personnels à la défense de la patrie, modèle cité dans les écoles militaires sous l'Empire.
Anecdotes
En 1792, le fils du commerçant Coquereau de Fougères, filleul de La Tour d'Auvergne, est tiré au sort pour la conscription. Bien qu'il soit en retraite depuis plusieurs années et âgé de 49 ans, l'ancien officier s'engage spontanément comme simple soldat pour le remplacer, respectant la loi révolutionnaire sur le remplacement volontaire. Ce sacrifice d'un vétéran chevronné pour un jeune civil fit sensation dans toute l'armée républicaine et forgea durablement sa légende.
Tout au long de sa carrière, La Tour d'Auvergne refusa obstinément toute promotion au-delà de simple grenadier, malgré les propositions répétées de ses généraux. Quand Bonaparte voulut le nommer chef de bataillon, il déclina poliment, affirmant préférer rester aux côtés de ses compagnons d'armes plutôt que de commander depuis l'arrière. Ce refus délibéré de l'avancement, rarissime dans une armée où les carrières s'ouvraient au mérite, lui valut une admiration universelle.
À sa mort à Oberhausen le 27 juin 1800, son cœur fut prélevé et déposé dans une urne d'argent qui accompagna désormais son régiment lors des revues et des batailles. À chaque appel nominal, quand le sergent-major criait « La Tour d'Auvergne ! », il répondait solennellement : « Mort au champ d'honneur ! ». Ce rituel, maintenu par le régiment jusqu'à la Restauration, en fit l'un des symboles les plus puissants du sacrifice républicain.
Soldat et érudit, La Tour d'Auvergne consacrait ses veilles de campagne à l'étude des langues celtiques. Il maîtrisait le breton, le gallois, le gaélique irlandais et le cornique, correspondant avec les savants européens de son temps. Son ouvrage Origines gauloises, rédigé entre deux batailles, fut salué par les linguistes comme un travail pionnier sur la parenté des langues indo-européennes.
En janvier 1800, le Premier Consul Bonaparte le fit désigner officiellement « Premier grenadier de la République » par décret, titre honorifique sans équivalent dans la hiérarchie militaire. La Tour d'Auvergne n'en profita que quelques mois : il tomba au champ d'honneur à l'âge de 57 ans lors de la campagne d'Allemagne, confirmant par sa mort le titre que Bonaparte lui avait conféré de son vivant.
Sources primaires
La langue des Celtes ou des Gaulois n'est point morte ; elle subsiste encore vivante dans le breton armoricain, dans le gallois de la Grande-Bretagne et dans le gaélique irlandais. Ces idiomes sont les débris précieux d'une langue mère commune aux peuples primitifs de l'Europe occidentale.
Je ne pouvais permettre que le fils de mon ami partît à la guerre sans expérience ni préparation, alors que j'ai consacré ma vie aux armes. C'est mon devoir de citoyen et de parrain que de le remplacer.
Le citoyen La Tour d'Auvergne-Corret, grenadier de la 46e demi-brigade d'infanterie de ligne, est nommé Premier grenadier de la République française, en récompense de ses services éminents et de son dévouement exemplaire à la patrie.
Le Premier grenadier de la République, La Tour d'Auvergne-Corret, a été frappé mortellement d'un coup de lance le 27 juin 1800 près d'Oberhausen, en chargeant l'ennemi à la tête de sa compagnie. La patrie perd en lui le plus intrépide de ses défenseurs.
Lieux clés
Ville natale de La Tour d'Auvergne, où il naquit le 23 septembre 1743. Au cœur de la Bretagne bretonnante, Carhaix nourrit son attachement profond à la culture et à la langue celtiques qui traversa toute sa vie de soldat et d'érudit.
Village proche de Neuburg am Inn où La Tour d'Auvergne fut tué d'un coup de lance le 27 juin 1800, lors d'un engagement de l'armée du Rhin commandée par Moreau contre les forces autrichiennes. Sa mort en ce lieu confirma et consacra sa légende de soldat républicain.
Ville où résidait la famille Coquereau, dont le fils était le filleul de La Tour d'Auvergne. C'est pour remplacer ce jeune conscrit fougérais que l'ancien officier sortit de sa retraite en 1792, accomplissant le geste fondateur de sa légende.
Théâtre principal des campagnes militaires de La Tour d'Auvergne entre 1792 et 1800. La frontière rhénane était l'un des fronts les plus disputés des guerres révolutionnaires, opposant la France républicaine aux armées austro-prussiennes.
La mémoire du Premier grenadier fut honorée à Paris, où une rue porte son nom (9e arrondissement). Ses restes symboliques furent intégrés à la mémoire nationale militaire célébrée aux Invalides après la Restauration.
