Général et homme politique romain de l'époque d'Auguste. Gouverneur de Germanie, il subit en 9 apr. J.-C. une défaite catastrophique dans la forêt de Teutobourg, où trois légions romaines furent anéanties par une coalition germanique menée par Arminius. Il se donna la mort sur le champ de bataille.
Varius
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Quintili Vare, legiones redde ! (Quintilius Varus, rends-moi mes légions !) — attribuée à Auguste par Suétone»
Faits marquants
- Issu d'une famille patricienne, il est consul à Rome en 13 av. J.-C.
- Gouverneur de Syrie vers 6-4 av. J.-C., puis légat d'Auguste en Germanie
- En 9 apr. J.-C., il est attiré dans une embuscade par Arminius lors de la bataille de Teutobourg
- Trois légions (XVII, XVIII, XIX) sont détruites ; Varus se suicide pour échapper à la capture
- Sa défaite fixe durablement la frontière romaine sur le Rhin et marque l'arrêt de la conquête de la Germanie
Œuvres & réalisations
Varus accède à la plus haute magistrature romaine aux côtés de Tibère, consécration de son ascension politique et de ses liens avec la maison d'Auguste.
Administration de l'une des provinces les plus riches et stratégiques de l'Empire, où il commande quatre légions et intervient en Judée.
Après la mort d'Hérode, Varus mate la révolte en faisant crucifier deux mille insurgés, épisode resté célèbre sous le nom de « guerre de Varus ».
Chargé de transformer les terres entre Rhin et Elbe en province romaine, il introduit l'administration, la fiscalité et le droit romains chez les Germains.
Sa dernière opération militaire, qui se solde par l'anéantissement de trois légions et devient l'un des plus grands désastres de l'histoire de Rome.
Anecdotes
En 9 apr. J.-C., Varus marchait à travers les forêts de Germanie avec trois légions quand il fut pris au piège dans un défilé boueux. Pendant trois jours, sous une pluie battante, les guerriers germaniques surgirent des bois pour massacrer les Romains incapables de se mettre en formation de combat.
Arminius, le chef germanique qui anéantit l'armée de Varus, avait servi comme officier auxiliaire dans l'armée romaine et possédait même la citoyenneté romaine. Varus lui faisait totalement confiance et ignora les avertissements d'un autre noble germain, Segestes, qui le prévenait de la trahison.
Selon l'historien Suétone, lorsque la nouvelle de la défaite parvint à Rome, l'empereur Auguste fut si bouleversé qu'il laissa pousser sa barbe et ses cheveux pendant des mois et se cognait parfois la tête contre une porte en criant : « Quintilius Varus, rends-moi mes légions ! »
Pour éviter d'être capturé et exhibé en trophée, Varus se donna la mort en se jetant sur son épée pendant la bataille. Les Germains déterrèrent malgré tout son corps à demi brûlé, lui tranchèrent la tête et l'envoyèrent au roi Marobod avant qu'elle ne soit transmise à Rome pour y être inhumée.
Les trois légions détruites (XVII, XVIII et XIX) portaient des numéros qui ne furent plus jamais réattribués par l'armée romaine, tant le désastre marqua les esprits. Six ans plus tard, le général Germanicus retrouva le champ de bataille jonché d'ossements blanchis et de crânes cloués aux arbres.
Sources primaires
On rapporte qu'il fut si profondément affecté qu'il laissa pousser sa barbe et ses cheveux durant plusieurs mois et qu'il lui arrivait de heurter sa tête contre les portes en s'écriant : « Quintilius Varus, rends-moi mes légions ! »
Varus était un homme de caractère doux et calme, plus habitué au repos du camp qu'aux fatigues de la guerre. Enfermé par les forêts, les marais et les embuscades, il fut massacré avec son armée par cet ennemi qu'il avait toujours traité comme du bétail.
Au milieu de la plaine blanchissaient des ossements épars ou amoncelés, selon que les hommes avaient fui ou résisté. Près de là gisaient des débris d'armes et des carcasses de chevaux, et des crânes humains étaient cloués sur les troncs des arbres.
Une pluie violente et un vent puissant les empêchaient d'avancer et rendaient même la station debout difficile ; ils avaient perdu l'usage de leurs armes, qu'ils ne pouvaient ni manier ni lancer correctement.
Lieux clés
Lieu probable de l'embuscade de 9 apr. J.-C. où les trois légions de Varus furent anéanties. Il y trouva la mort en se jetant sur son épée.
Capitale de l'Empire où Varus fit carrière, fut consul en 13 av. J.-C. et où la nouvelle de sa défaite plongea Auguste dans le désespoir.
Capitale de la riche province de Syrie que Varus gouverna vers 7-6 av. J.-C. avant sa nomination en Germanie.
Ville où Varus, gouverneur de Syrie, réprima de violents troubles après la mort d'Hérode le Grand, faisant crucifier deux mille rebelles.
Grand camp légionnaire sur le Rhin servant de base aux opérations romaines en Germanie d'où partaient les expéditions de Varus.
Objets typiques

Enseigne sacrée en métal représentant un aigle, portée par chaque légion romaine. Sa perte était considérée comme le pire des déshonneurs militaires.

Épée courte à double tranchant, arme principale du légionnaire romain pour le combat rapproché. Varus s'en serait servi pour se donner la mort.

Grand bouclier courbé en bois et cuir permettant la formation en tortue (testudo). Inutilisable dans les défilés étroits de Teutobourg.

Lance de jet à pointe de fer conçue pour se tordre à l'impact et rendre le bouclier ennemi inutilisable. La pluie de Teutobourg en avait fait une arme inopérante.

Armure faite de bandes métalliques articulées protégeant le torse du légionnaire. Lourde et inadaptée à la guérilla en terrain boisé et marécageux.

Casque de bronze ou de fer protégeant la tête, la nuque et les joues du légionnaire. Beaucoup furent retrouvés cloués aux arbres par les Germains après la bataille.

Ample vêtement de laine drapé porté par les citoyens romains dans la vie civile. Varus, ancien consul et gouverneur, la portait dans ses fonctions politiques.
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Vie quotidienne
Matin
En campagne, Varus était réveillé à l'aube par les sonneries de trompette du camp. Il recevait les rapports de ses officiers, consultait les éclaireurs sur la route à suivre et donnait l'ordre de lever le camp pour la marche du jour.
Après-midi
Gouverneur autant que général, il consacrait ses après-midi à rendre la justice et à administrer la province : audiences, perception des impôts et règlement des litiges entre Romains et notables germains, une activité qui éloignait souvent ses pensées de la guerre.
Soir
Le soir, dans sa tente de commandant (le praetorium), il dînait avec ses officiers supérieurs et ses hôtes germains, dont Arminius. On y discutait des affaires de la province autour de vin et de mets, dans une fausse atmosphère de confiance.
Alimentation
Un général romain comme Varus mangeait bien mieux que ses soldats : pain de froment, viandes, poissons, fruits, olives et fromages, le tout arrosé de vin coupé d'eau. La troupe se contentait surtout de blé, de bouillie de céréales et de lard.
Vêtements
Dans ses fonctions militaires, Varus portait la cuirasse d'officier, un manteau rouge (paludamentum) signe de commandement, et des bottines de cuir. Dans la vie civile, il revêtait la toge blanche du citoyen et du magistrat romain.
Habitat
À Rome, Varus possédait une riche demeure (domus) à atrium, signe de son rang sénatorial et de sa fortune. En campagne, il logeait sous une vaste tente de cuir au centre du camp fortifié, organisé selon un plan régulier identique partout dans l'Empire.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Consulat de l'an 13 av. J.-C.
13 av. J.-C.
Gouvernement de la province de Syrie
vers 7-6 av. J.-C.
Répression des troubles de Judée
4 av. J.-C.
Légation impériale de Germanie
vers 7-9 apr. J.-C.






