Vitellius(15 — 69)

Vitellius

Rome antique

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PolitiqueMilitaireChef militairePolitiqueAntiquitéHaut-Empire romain, crise de succession après la mort de Néron (Année des quatre empereurs, 69 apr. J.-C.)

Aulus Vitellius fut le huitième empereur romain, proclamé par les légions de Germanie en 69 apr. J.-C. Son règne ne dura que quelques mois avant qu'il ne soit renversé et tué par les partisans de Vespasien. Il incarne l'instabilité de l'Année des quatre empereurs.

Questions fréquentes

Vitellius (15-69 apr. J.-C.) fut le huitième empereur de Rome, mais son règne n'a duré que huit mois en 69, l'« Année des quatre empereurs ». Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne l'instabilité politique de cette période où les légions faisaient et défaisaient les empereurs. Proclamé par les armées de Germanie, il n'a jamais vraiment cherché le pouvoir : ce sont les soldats qui l'ont imposé, illustrant le rôle décisif de l'armée dans la succession impériale. Sa courte histoire montre comment un homme peut passer du rang de courtisan habile à celui d'empereur, puis à une fin tragique en quelques mois.

Faits marquants

  • Proclamé empereur par les légions de Germanie inférieure et supérieure en janvier 69 apr. J.-C.
  • Ses troupes battent celles d'Othon à la première bataille de Bedriac (avril 69), lui ouvrant la voie vers Rome
  • Vespasien est proclamé empereur par les légions d'Orient à l'été 69, déclenchant une nouvelle guerre civile
  • Vaincu à la seconde bataille de Bedriac (octobre 69), il est tué à Rome en décembre 69 apr. J.-C.
  • Troisième des quatre empereurs de l'année 69, après Galba et Othon, avant Vespasien

Œuvres & réalisations

Proclamation impériale par les légions de Germanie (2 janvier 69 apr. J.-C.)

Soutenu par les puissantes armées du Rhin, Vitellius devint l'un des prétendants majeurs de la guerre civile, illustrant le rôle décisif des légions dans la désignation des empereurs.

Victoire de la première bataille de Bedriacum (avril 69 apr. J.-C.)

Remportée par ses généraux Caecina et Valens contre Othon, cette bataille lui ouvrit la route du pouvoir et la reconnaissance par le Sénat.

Entrée et installation à Rome (été 69 apr. J.-C.)

Vitellius prit officiellement possession du pouvoir impérial, accompagné de fêtes et de banquets fastueux qui marquèrent son court règne.

Réorganisation de la garde prétorienne (69 apr. J.-C.)

Il dissout les cohortes prétoriennes fidèles à Othon et les remplaça par des soldats issus de ses légions germaniques, s'assurant ainsi une garde personnelle dévouée.

Émission monétaire à son effigie (69 apr. J.-C.)

Des monnaies d'or et d'argent furent frappées à son nom pour asseoir sa légitimité et diffuser son image à travers l'Empire.

Anecdotes

Vitellius n'avait jamais cherché le pouvoir : ce sont les légions de Germanie qui l'ont proclamé empereur en janvier 69, alors qu'il venait tout juste d'arriver pour les commander. Son père, Lucius Vitellius, avait pourtant été trois fois consul, l'une des plus hautes charges de Rome.

L'historien Suétone raconte que Vitellius était d'une gloutonnerie légendaire : il aurait fait quatre festins par jour. Son plat le plus célèbre, surnommé « le Bouclier de Minerve », mélangeait foies de poissons rares, cervelles de faisans et de paons, langues de flamants roses et laitances de murènes, ingrédients rapportés des quatre coins de l'Empire.

Après la sanglante bataille de Bedriacum, Vitellius visita le champ couvert de cadavres romains non enterrés. Devant ses compagnons gênés par l'odeur, il aurait lancé froidement qu'un ennemi mort sentait bon, et un concitoyen mort encore meilleur — une phrase restée comme le symbole de sa cruauté indifférente.

Habile courtisan, Vitellius avait su plaire successivement à quatre empereurs : il partageait les courses de chars avec Caligula, les parties de dés avec Claude et la passion de la musique avec Néron. Il s'adaptait aux goûts de chacun pour grimper dans la hiérarchie.

Sa fin fut terrible : en décembre 69, les soldats de Vespasien le traînèrent à demi-nu dans les rues de Rome, le supplicièrent près des escaliers Gémoniens où l'on exposait les corps des condamnés, puis jetèrent son cadavre dans le Tibre. Son règne n'avait duré que huit mois.

Sources primaires

Suétone, Vies des douze Césars — Vie de Vitellius (vers 120 apr. J.-C.)
Il était surtout esclave de deux vices, la gourmandise et la cruauté. Il faisait toujours trois repas par jour, quelquefois quatre : le déjeuner, le dîner, le souper et la débauche, et il suffisait à tout en se faisant vomir.
Tacite, Histoires (Livre III) (vers 100-110 apr. J.-C.)
On le traîna, les mains liées derrière le dos, les vêtements en lambeaux, à travers le Forum, parmi les outrages de la foule, sans qu'une seule larme vînt adoucir l'indignité de sa fin.
Tacite, Histoires (Livre II) (vers 100-110 apr. J.-C.)
Contemplant le champ de bataille de Bedriacum quarante jours après le combat, parmi les corps mutilés et la terre souillée de sang, Vitellius ne détourna pas les yeux avec horreur.
Dion Cassius, Histoire romaine (Livre LXV) (vers 220 apr. J.-C.)
Proclamé par les armées de Germanie, il ne dut son élévation qu'à la faveur des soldats, et non à ses propres mérites ; aussi son pouvoir reposait-il sur un fondement fragile.

Lieux clés

Cologne (Colonia Agrippina)

Capitale de la Germanie inférieure où Vitellius fut proclamé empereur par ses légions en janvier 69. Point de départ de sa marche sur Rome.

Bedriacum

Localité de la plaine du Pô, près de Crémone, théâtre des deux batailles décisives de l'Année des quatre empereurs. La première donna le pouvoir à Vitellius, la seconde le lui retira.

Crémone

Ville d'Italie du Nord près de laquelle l'armée de Vitellius fut écrasée par les Flaviens en octobre 69. La ville fut ensuite saccagée et incendiée.

Lugdunum (Lyon)

Grande cité de la Gaule par laquelle Vitellius transita lors de sa progression vers l'Italie, recevant l'hommage des cités et le ralliement des troupes.

Rome

Capitale de l'Empire où Vitellius régna brièvement, puis fut capturé, supplicié près des escaliers Gémoniens et tué en décembre 69 ; son corps fut jeté dans le Tibre.

Voir aussi