Yemanjá

Yemanjá (Iemanjá, Yemoja)

6 min de lecture

MythologieSpiritualitéCultureAvant J.-C.Divinité aux origines anciennes de la spiritualité yoruba (Afrique de l'Ouest précoloniale), dont le culte s'est diffusé dans les Amériques à partir de la période de la traite négrière (16e-19e siècles).

Yemanjá est une divinité féminine des eaux issue de la religion yoruba d'Afrique de l'Ouest, vénérée comme mère des dieux (orishas) et protectrice de la mer. Transportée aux Amériques par la traite atlantique, elle est devenue une figure majeure du candomblé brésilien et de la santería cubaine.

Questions fréquentes

Yemanjá est une divinité féminine des eaux, vénérée comme la mère de nombreux orishas dans la religion yoruba d'Afrique de l'Ouest. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne à la fois la maternité universelle et la puissance des eaux, qu'il s'agisse des rivières ou de la mer. Son nom viendrait de l'expression yoruba « Yeye omo eja », que l'on traduit souvent par « mère dont les enfants sont des poissons », soulignant son rôle de génitrice innombrable. Transportée aux Amériques par la traite atlantique, elle est devenue une figure majeure du candomblé brésilien et de la santería cubaine.

Faits marquants

  • Divinité (orisha) du panthéon yoruba, originaire de la région du fleuve Ogun dans l'actuel Nigeria
  • Considérée comme la mère des orishas et déesse des eaux, des océans et de la maternité
  • Son culte est transporté aux Amériques avec la traite atlantique (16e-19e siècles), donnant naissance au candomblé au Brésil et à la santería à Cuba
  • Fête célébrée le 2 février à Salvador de Bahia (Brésil), où des offrandes sont jetées à la mer
  • Souvent syncrétisée avec la Vierge Marie (Notre-Dame des Navigateurs ou de l'Immaculée Conception) dans le catholicisme populaire

Œuvres & réalisations

Mythe de la mère des orishas (tradition orale yoruba)

Récit fondateur faisant de Yemanjá la génitrice de nombreuses divinités et l'origine des rivières et des eaux, pilier de la cosmologie yoruba.

Culte du candomblé de Bahia (à partir du 18e-19e siècle)

Système rituel afro-brésilien où Yemanjá occupe une place centrale, transmis dans les terreiros (temples) de Salvador.

Culte de la santería cubaine (Yemayá) (à partir du 19e siècle)

Tradition afro-cubaine où la déesse, sous le nom de Yemayá, règne sur la mer et la maternité, associée à Notre-Dame de Regla.

Fête de Yemanjá du 2 février (depuis le début du 20e siècle)

Grande célébration populaire de Salvador de Bahia, devenue un emblème de la culture afro-brésilienne et du patrimoine immatériel.

Orikì et chants de louange (tradition orale)

Corpus de poèmes oraux yoruba célébrant les qualités et les hauts faits de Yemanjá, transmis de génération en génération.

Syncrétisme avec la Vierge Marie (période coloniale)

Association de Yemanjá aux figures mariales catholiques (Notre-Dame de Regla, des Navigateurs), stratégie de survie religieuse devenue tradition durable.

Anecdotes

Chaque année, le 2 février, des centaines de milliers de fidèles vêtus de blanc se rassemblent sur la plage de Rio Vermelho à Salvador de Bahia pour honorer Yemanjá. Ils déposent dans de petits bateaux des fleurs, des miroirs, des peignes et des parfums qu'ils confient à la mer : si les offrandes ne reviennent pas sur le rivage, c'est signe que la déesse les a acceptées.

Quand les Africains réduits en esclavage furent déportés au Brésil et à Cuba, on leur interdit de pratiquer leur religion. Pour continuer à vénérer Yemanjá, ils l'associèrent en secret à des figures catholiques comme la Vierge Marie : derrière une statue de la Vierge, beaucoup priaient en réalité l'orisha des eaux. Ce camouflage, appelé syncrétisme, sauva la tradition yoruba de l'oubli.

Dans la mythologie yoruba, Yemanjá est considérée comme la mère de nombreux autres orishas. Selon certaines versions du mythe, lorsque ses eaux se rompirent, elles donnèrent naissance aux rivières et aux ruisseaux, et de son corps naquirent plusieurs grandes divinités.

À Cuba, dans la santería, Yemanjá (appelée Yemayá) est associée à la couleur bleue et au chiffre sept, qui symbolise les sept mers. Ses colliers rituels alternent perles bleues et blanches, et ses fidèles lui offrent du melon d'eau, de la mélasse et des canards.

Le nom Yemanjá viendrait de l'expression yoruba « Yeye omo eja », que l'on traduit souvent par « mère dont les enfants sont des poissons », soulignant son rôle de génitrice innombrable et sa nature liée aux eaux.

Sources primaires

Chants et louanges (orikì) à Yemoja, tradition orale yoruba (tradition orale, Afrique de l'Ouest)
« Mère dont les enfants sont aussi nombreux que les poissons de la mer » — invocation traditionnelle adressée à la déesse des eaux.
Pierre Verger, Notes sur le culte des Orisha et Vodun (1957)
Yemanjá est honorée comme la mère des orishas, divinité des eaux dont le culte unit l'Afrique yoruba et les communautés afro-brésiliennes de Bahia.
Lydia Cabrera, El Monte (1954)
Yemayá, maîtresse des eaux et mère universelle, est l'une des divinités les plus aimées de la santería cubaine, associée à la mer et à la maternité.

Lieux clés

Ilé-Ifè (Nigeria)

Cité sacrée du peuple yoruba, considérée comme le berceau mythique du monde et des orishas. Centre originel du culte des divinités yoruba.

Plage de Rio Vermelho, Salvador de Bahia (Brésil)

Lieu de la grande fête annuelle de Yemanjá le 2 février, où les fidèles déposent des offrandes à la mer. Haut lieu du candomblé.

La Havane (Cuba)

Foyer majeur de la santería, où Yemanjá est vénérée sous le nom de Yemayá comme maîtresse des eaux. Centre de la culture afro-cubaine.

Fleuve Ogun (Nigeria)

Cours d'eau du pays yoruba associé à Yemanjá dans certaines traditions, où elle est honorée comme divinité fluviale avant de devenir déesse de la mer.

Plage de Copacabana, Rio de Janeiro (Brésil)

Lieu des grandes offrandes du 31 décembre, où des millions de personnes saluent Yemanjá pour la nouvelle année. Symbole de la dévotion populaire brésilienne.

Voir aussi