Yemanjá est une divinité féminine des eaux issue de la religion yoruba d'Afrique de l'Ouest, vénérée comme mère des dieux (orishas) et protectrice de la mer. Transportée aux Amériques par la traite atlantique, elle est devenue une figure majeure du candomblé brésilien et de la santería cubaine.
Yemanjá
Yemanjá (Iemanjá, Yemoja)
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Divinité (orisha) du panthéon yoruba, originaire de la région du fleuve Ogun dans l'actuel Nigeria
- Considérée comme la mère des orishas et déesse des eaux, des océans et de la maternité
- Son culte est transporté aux Amériques avec la traite atlantique (16e-19e siècles), donnant naissance au candomblé au Brésil et à la santería à Cuba
- Fête célébrée le 2 février à Salvador de Bahia (Brésil), où des offrandes sont jetées à la mer
- Souvent syncrétisée avec la Vierge Marie (Notre-Dame des Navigateurs ou de l'Immaculée Conception) dans le catholicisme populaire
Œuvres & réalisations
Récit fondateur faisant de Yemanjá la génitrice de nombreuses divinités et l'origine des rivières et des eaux, pilier de la cosmologie yoruba.
Système rituel afro-brésilien où Yemanjá occupe une place centrale, transmis dans les terreiros (temples) de Salvador.
Tradition afro-cubaine où la déesse, sous le nom de Yemayá, règne sur la mer et la maternité, associée à Notre-Dame de Regla.
Grande célébration populaire de Salvador de Bahia, devenue un emblème de la culture afro-brésilienne et du patrimoine immatériel.
Corpus de poèmes oraux yoruba célébrant les qualités et les hauts faits de Yemanjá, transmis de génération en génération.
Association de Yemanjá aux figures mariales catholiques (Notre-Dame de Regla, des Navigateurs), stratégie de survie religieuse devenue tradition durable.
Anecdotes
Chaque année, le 2 février, des centaines de milliers de fidèles vêtus de blanc se rassemblent sur la plage de Rio Vermelho à Salvador de Bahia pour honorer Yemanjá. Ils déposent dans de petits bateaux des fleurs, des miroirs, des peignes et des parfums qu'ils confient à la mer : si les offrandes ne reviennent pas sur le rivage, c'est signe que la déesse les a acceptées.
Quand les Africains réduits en esclavage furent déportés au Brésil et à Cuba, on leur interdit de pratiquer leur religion. Pour continuer à vénérer Yemanjá, ils l'associèrent en secret à des figures catholiques comme la Vierge Marie : derrière une statue de la Vierge, beaucoup priaient en réalité l'orisha des eaux. Ce camouflage, appelé syncrétisme, sauva la tradition yoruba de l'oubli.
Dans la mythologie yoruba, Yemanjá est considérée comme la mère de nombreux autres orishas. Selon certaines versions du mythe, lorsque ses eaux se rompirent, elles donnèrent naissance aux rivières et aux ruisseaux, et de son corps naquirent plusieurs grandes divinités.
À Cuba, dans la santería, Yemanjá (appelée Yemayá) est associée à la couleur bleue et au chiffre sept, qui symbolise les sept mers. Ses colliers rituels alternent perles bleues et blanches, et ses fidèles lui offrent du melon d'eau, de la mélasse et des canards.
Le nom Yemanjá viendrait de l'expression yoruba « Yeye omo eja », que l'on traduit souvent par « mère dont les enfants sont des poissons », soulignant son rôle de génitrice innombrable et sa nature liée aux eaux.
Sources primaires
« Mère dont les enfants sont aussi nombreux que les poissons de la mer » — invocation traditionnelle adressée à la déesse des eaux.
Yemanjá est honorée comme la mère des orishas, divinité des eaux dont le culte unit l'Afrique yoruba et les communautés afro-brésiliennes de Bahia.
Yemayá, maîtresse des eaux et mère universelle, est l'une des divinités les plus aimées de la santería cubaine, associée à la mer et à la maternité.
Lieux clés
Cité sacrée du peuple yoruba, considérée comme le berceau mythique du monde et des orishas. Centre originel du culte des divinités yoruba.
Lieu de la grande fête annuelle de Yemanjá le 2 février, où les fidèles déposent des offrandes à la mer. Haut lieu du candomblé.
Foyer majeur de la santería, où Yemanjá est vénérée sous le nom de Yemayá comme maîtresse des eaux. Centre de la culture afro-cubaine.
Cours d'eau du pays yoruba associé à Yemanjá dans certaines traditions, où elle est honorée comme divinité fluviale avant de devenir déesse de la mer.
Lieu des grandes offrandes du 31 décembre, où des millions de personnes saluent Yemanjá pour la nouvelle année. Symbole de la dévotion populaire brésilienne.
Objets typiques

Collier rituel porté par les fidèles de Yemanjá, dont les couleurs symbolisent la mer et l'écume. Il marque l'appartenance et la protection de l'orisha.

Éventail rond orné de nacre et de motifs marins, attribut royal de Yemanjá. Il évoque la surface miroitante des eaux et sa majesté de reine de la mer.

Offrande fréquente à Yemanjá, le miroir renvoie à sa féminité, à la vanité douce et à la surface réfléchissante de l'eau. Il est déposé dans les barques d'offrandes.

Petit bateau chargé de fleurs, parfums et bijoux, lancé sur la mer en l'honneur de Yemanjá. S'il ne revient pas au rivage, l'offrande est réputée acceptée.

Roses et fleurs blanches jetées à la mer lors des fêtes de Yemanjá. Elles symbolisent la pureté, la maternité et le respect dû à la déesse.

Objets de toilette offerts à Yemanjá, soulignant sa beauté et sa coquetterie. On les dépose dans les barques rituelles avec les autres présents.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les traditions qui l'honorent, la journée commence par un salut aux eaux : on dépose près d'un autel domestique de l'eau fraîche, des fleurs blanches et une bougie bleue. Les fidèles initiés lui adressent leurs premières prières avant toute activité.
Après-midi
L'après-midi est propice aux soins rituels : nettoyage des autels, préparation des offrandes et chants en son honneur. Dans les terreiros, on répète les rythmes de tambour et les danses qui appellent la présence de l'orisha.
Soir
Le soir, les cérémonies du candomblé et de la santería battent leur plein : tambours, danses et transes permettent à Yemanjá de « descendre » et de se manifester à travers ses fidèles initiés. Les chants se prolongent tard dans la nuit.
Alimentation
Les offrandes alimentaires à Yemanjá comprennent des aliments doux et marins : melon d'eau, mélasse, riz blanc, poisson et canard. On lui consacre des plats préparés sans violence et associés à la couleur blanche ou bleue.
Vêtements
Yemanjá est représentée vêtue de bleu et de blanc, parée de perles, d'un éventail nacré et parfois d'une couronne. Ses fidèles portent du blanc et ses colliers rituels lors des fêtes.
Habitat
Son domaine est la mer et les eaux profondes, mais elle « habite » aussi les autels (pejis) des terreiros et les sanctuaires domestiques, où des pierres sacrées, des coquillages et de l'eau matérialisent sa présence.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mythe de la mère des orishas
tradition orale yoruba
Culte du candomblé de Bahia
à partir du 18e-19e siècle
Culte de la santería cubaine (Yemayá)
à partir du 19e siècle
Fête de Yemanjá du 2 février
depuis le début du 20e siècle
Orikì et chants de louange
tradition orale
Syncrétisme avec la Vierge Marie
période coloniale






