Yvonne Brill(1924 — 2013)

Yvonne Brill

Canada, États-Unis

6 min de lecture

TechnologieSciencesXXe siècleXXe siècle, âge d'or de la conquête spatiale et de la guerre froide ; essor des télécommunications par satellite et lente ouverture des carrières scientifiques aux femmes.

Ingénieure aérospatiale canado-américaine (1924-2013), pionnière de la propulsion spatiale. Elle a inventé un système de propulsion à hydrazine permettant de maintenir les satellites en orbite, technologie qui devint un standard de l'industrie.

Questions fréquentes

Yvonne Brill était une ingénieure aérospatiale canado-américaine née en 1924, dont l'invention du propulseur électrothermique à hydrazine en 1972 a révolutionné la propulsion des satellites. Ce qu'il faut retenir, c'est que son système permet de maintenir les satellites en orbite avec une consommation de carburant minimale, devenant un standard mondial. Elle a ainsi prolongé la durée de vie de centaines de satellites de télécommunications et météorologiques, jouant un rôle clé dans l'essor des télécoms par satellite pendant la guerre froide.

Faits marquants

  • Née en 1924 à Winnipeg (Canada), elle étudie les mathématiques et la chimie malgré les obstacles faits aux femmes.
  • Dans les années 1970, elle invente le propulseur à hydrazine (resistojet électrothermique) qui devient un standard mondial.
  • Elle contribue aux programmes de satellites TIROS, Nova et au télescope spatial.
  • Reçoit en 2011 la National Medal of Technology and Innovation des mains du président Barack Obama.
  • Décédée en 2013, élue au National Inventors Hall of Fame à titre posthume.

Œuvres & réalisations

Propulseur électrothermique à hydrazine (EHT) (1972)

Son invention majeure, brevetée dans les années 1970. Elle devient un standard mondial pour maintenir les satellites sur leur orbite avec un minimum de carburant.

Systèmes de propulsion des satellites météo TIROS (années 1960-1970)

Contributions à la propulsion des premiers satellites d'observation météorologique, améliorant la fiabilité des prévisions.

Propulsion de satellites de télécommunications chez RCA Astro Electronics (années 1960-1980)

Responsable de la propulsion de nombreux satellites de communication, dont sa technologie a prolongé la durée de vie en orbite.

Travaux sur l'étage supérieur de la fusée NOVA (années 1950-1960)

Participation à la conception de systèmes de propulsion pour de puissants lanceurs étudiés durant la course à l'espace.

Système de propulsion de la sonde Mars Observer (NASA) (années 1980)

Apport d'expertise en propulsion pour une mission d'exploration de la planète Mars, élargissant ses contributions au-delà de l'orbite terrestre.

Brevet du propulseur à double niveau de poussée monergol (années 1970)

Un de ses brevets décrivant un moteur capable de moduler sa poussée, utile pour les manœuvres précises des satellites.

Anecdotes

En 2013, la nécrologie d'Yvonne Brill publiée par le New York Times commença par vanter son bœuf Stroganoff et ses qualités de mère avant de mentionner qu'elle était une brillante ingénieure des fusées. Le tollé fut immédiat sur Internet : comment résumer une pionnière de la propulsion spatiale par sa cuisine ? L'épisode est devenu un cas d'école sur la façon dont on parle différemment des femmes scientifiques.

Adolescente brillante, Yvonne voulait étudier l'ingénierie à l'Université du Manitoba, mais le programme n'était pas réellement ouvert aux femmes à l'époque. Elle se rabattit sur les mathématiques et la chimie, sortit major de sa promotion en 1945, puis devint malgré tout l'une des grandes ingénieures aérospatiales du XXe siècle.

Lorsqu'elle rejoignit la Douglas Aircraft Company en 1945, Yvonne Brill est souvent décrite comme la seule femme travaillant alors sur la science des fusées aux États-Unis. Elle calculait des trajectoires à la règle à calcul, à une époque où les ordinateurs n'existaient pas encore.

Son invention, le propulseur électrothermique à hydrazine, permet aux satellites de corriger leur position en consommant très peu de carburant. Cette technologie a prolongé la durée de vie de centaines de satellites de télécommunications et de météo, et est devenue un standard de l'industrie spatiale.

En 2011, le président Barack Obama lui remit en personne la National Medal of Technology and Innovation à la Maison-Blanche, la plus haute distinction technologique américaine. Yvonne Brill avait alors 86 ans et continuait de défendre la place des femmes dans les sciences et l'ingénierie.

Sources primaires

Nécrologie d'Yvonne Brill, The New York Times (Douglas Martin) (30 mars 2013)
Elle faisait un bœuf Stroganoff redoutable, suivait son mari d'un emploi à l'autre et prit huit ans de congé pour élever ses trois enfants. « La meilleure mère du monde », dit son fils Matthew.
Citation de la National Medal of Technology and Innovation (2011)
Pour son innovation dans les systèmes de propulsion des satellites de communication géostationnaires et en orbite basse, qui a grandement amélioré la fiabilité des satellites de météo et de télécommunications.
Notice d'intronisation, National Inventors Hall of Fame (2010)
Yvonne Brill a inventé le propulseur électrothermique à hydrazine, un système de propulsion qui aide les satellites de communication à conserver leur orbite.

Lieux clés

Winnipeg, Manitoba (Canada)

Ville natale d'Yvonne Brill, où elle grandit dans une famille d'immigrants belges. C'est là qu'elle développe son goût pour les sciences.

Université du Manitoba

Établissement où elle étudie les mathématiques et la chimie, faute de pouvoir accéder à l'ingénierie. Elle en sort major de promotion en 1945.

University of Southern California, Los Angeles

Université où elle obtient un master de chimie en 1951, en suivant des cours du soir tout en travaillant.

Douglas Aircraft, Santa Monica (Californie)

Constructeur aéronautique où elle débute en 1945 et travaille sur les premiers projets de fusées, souvent seule femme de son équipe.

Princeton, New Jersey (États-Unis)

Région où elle mène l'essentiel de sa carrière chez RCA Astro Electronics et où elle s'éteint en 2013.

Voir aussi