Zmeï Gorynytch est un dragon à plusieurs têtes du folklore slave oriental, figure emblématique des bylines russes. Cracheur de feu, il incarne le mal et enlève les princesses, jusqu'à être terrassé par des héros comme Dobrynia Nikititch.
Zmeï Gorynytch
Zmeï Gorynytch
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Dragon polycéphale (généralement trois têtes) du folklore slave oriental, capable de cracher le feu
- Apparaît dans les bylines, chants épiques russes transmis oralement depuis la période de la Rus' de Kiev (IXe-XIIIe siècle)
- Son patronyme « Gorynytch » évoque les montagnes (gora) ou le fait de brûler (goret), selon les interprétations
- Adversaire emblématique du bogatyr (preux chevalier) Dobrynia Nikititch, qui le combat pour libérer des captifs
- Symbolise les forces du mal et du chaos opposées aux héros protecteurs dans la tradition populaire russe
Œuvres & réalisations
Récit central du combat de Dobrynia Nikititch contre le dragon et de la délivrance de la princesse Zabava. C'est le texte fondateur de la figure du Zmeï.
Conte où le serpent enlève des princesses dans trois royaumes, fournissant l'enjeu de la quête du héros.
Ensemble de chants épiques de la Rus' de Kiev où le serpent incarne l'ennemi païen affronté par les bogatyrs.
Peinture qui fixe l'image populaire du dragon multicéphale dans l'imaginaire russe moderne.
Gravures de style folklorique représentant le Zmeï Gorynytch, largement diffusées dans les livres pour enfants.
Long-métrage du studio Melnitsa qui modernise le mythe et fait du dragon un personnage comique, signe de la vitalité de la légende.
Anecdotes
Le nom « Gorynytch » intrigue les chercheurs : il viendrait soit de « gora » (la montagne), car le monstre niche dans les monts Sorotchinski, soit du verbe « goret' » (brûler), en écho à son souffle de feu. Les deux étymologies cohabitent dans la tradition, à l'image de cette créature à la fois terrestre et igné.
Dans la byline « Dobrynia et le Serpent », le héros Dobrynia Nikititch affronte Zmeï Gorynytch pendant trois jours sans pouvoir le vaincre, jusqu'à ce qu'une voix venue du ciel lui ordonne de tenir encore. Il finit par l'achever en l'écrasant avec le « bonnet de la terre grecque » rempli de sable.
Le nombre de têtes du dragon n'est jamais fixe : selon les versions chantées, il en possède trois, six, neuf ou douze. Chaque tête tranchée peut repousser, ce qui rend le combat presque sans fin et oblige le héros à frapper d'un seul coup.
Quand Dobrynia tue enfin le serpent, le sang du monstre refuse d'être absorbé par la terre et menace de noyer le héros. Sur l'ordre divin, Dobrynia frappe le sol de sa lance pendant trois jours pour qu'il s'ouvre et engloutisse le flot sanglant.
Zmeï Gorynytch garde le pont de Kalinov, qui enjambe la rivière de feu Smorodina, frontière mythique entre le monde des vivants et celui des morts. Franchir ce pont, c'est affronter le gardien : aucun héros n'y passe sans combattre.
Sources primaires
« Le jeune Dobrynia Nikititch frappa le Serpent maudit, et lui trancha toutes ses têtes furieuses. »
Le recueil rassemble les chants épiques où apparaissent les bogatyrs de la cour du prince Vladimir, dont Dobrynia, vainqueur du serpent des monts.
Le Zmeï Gorynytch y enlève les jeunes filles et garde son antre rempli d'or, jusqu'à ce qu'un héros vienne libérer les captives.
Les chanteurs paysans du Grand Nord russe transmettent oralement le combat de Dobrynia contre le serpent à plusieurs têtes.
Lieux clés
Montagnes mythiques où le serpent établit son repaire et garde ses captives. Leur nom est parfois rattaché aux « Sarrasins », évoquant un Orient hostile et lointain.
Pont enjambant la rivière de feu Smorodina, frontière entre le monde des vivants et celui des morts. Le serpent en est le gardien et y livre ses combats.
Cours d'eau mythique de feu et de souffre marquant la limite de l'au-delà dans le folklore slave oriental. Le dragon rôde sur ses berges.
Rivière où le jeune Dobrynia se baigne malgré les avertissements de sa mère, et où surgit le serpent pour l'attaquer. Lieu de la première rencontre entre le héros et le monstre.
Capitale de la Rus' où réside le prince Vladimir et d'où partent les bogatyrs. C'est là que la princesse enlevée par le serpent doit être ramenée.
Objets typiques

Couvre-chef légendaire que Dobrynia remplit de sable et lance contre le serpent pour le terrasser. Objet décisif du combat, il symbolise la force venue du monde chrétien byzantin.

Le serpent crache des flammes par ses multiples gueules, incendiant villages et récoltes. Cette arme naturelle incarne le danger destructeur et infernal de la créature.

Lanière de soie tressée que le bogatyr utilise pour cingler les têtes du dragon et briser ses ailes. Arme inattendue, elle montre que la ruse compte autant que la force.

Le serpent amasse dans sa caverne l'or volé et les captives enlevées, en particulier les princesses. Ce butin gardé fait de lui une figure d'avidité et de prédation.

La progéniture du dragon, petits serpents qui grouillent autour de lui et que les héros doivent écraser pour empêcher la race monstrueuse de se perpétuer. Ils prolongent la menace au-delà du combat principal.

Lame du héros chargée de trancher d'un seul coup les têtes du serpent avant qu'elles ne repoussent. Elle incarne la vertu et la justice opposées au chaos.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Lieu
Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour, le serpent veille sur son antre creusé dans les monts Sorotchinski, comptant l'or amassé et surveillant les captives enlevées. Ses multiples têtes scrutent l'horizon à la recherche de proies ou de héros imprudents.
Après-midi
L'après-midi, il prend son envol au-dessus des plaines de la Rus', repérant villages et voyageurs. C'est l'heure des razzias : il fond sur les campagnes pour enlever jeunes filles et bétail.
Soir
Le soir venu, il rôde près du pont de Kalinov et de la rivière Smorodina, dont il est le gardien implacable. Nul ne traverse la frontière des morts sans subir son souffle de feu.
Alimentation
Le serpent se repaît de chair humaine et de bétail volé, dévorant aussi bien les troupeaux que les captifs qu'on ne vient pas délivrer. Dans certaines versions, il exige des tributs réguliers de la population terrorisée.
Vêtements
Créature monstrueuse, il ne porte aucun vêtement : son corps est couvert d'écailles dures comme l'acier, surmonté de plusieurs têtes et d'ailes membraneuses. Ses griffes et ses gueules crachant le feu tiennent lieu d'armure et d'armes.
Habitat
Il habite une caverne profonde au cœur des montagnes, encombrée du butin de ses pillages et peuplée de ses serpenteaux. Ce repaire, gardé jalousement, devient le but ultime de la quête des bogatyrs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Byline « Dobrynia et le Serpent » (Dobrynia i Zmeï)
tradition orale médiévale, fixée par écrit au XVIIIe-XIXe siècle
Conte « Les trois royaumes » (Tri tsarstva)
recueilli par Afanassiev, 1855-1863
Cycle des bylines de la cour de Vladimir
Xe-XIIe siècles (tradition orale)
« Combat de Dobrynia Nikititch avec le serpent à sept têtes », tableau de Viktor Vasnetsov
1918
Illustrations d'Ivan Bilibine pour les contes russes
début du XXe siècle
Film d'animation « Dobrynia Nikititch et le Serpent Gorynytch »
2006





