Le kitsune est un renard-esprit (yōkai) du folklore japonais, doté de pouvoirs surnaturels et capable de se métamorphoser, notamment en femme. Plus il vit longtemps, plus il acquiert de queues, jusqu'à neuf, signe de sa sagesse et de sa puissance.
Kitsune
Kitsune
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Premières mentions écrites dans le recueil de récits bouddhiques Nihon Ryōiki (vers 822, époque de Heian)
- Associé au culte de la déesse Inari, divinité du riz et de la prospérité, dont il est le messager
- Le kitsune à neuf queues (kyūbi no kitsune) symbolise un âge et un pouvoir spirituel exceptionnels
- Distinction traditionnelle entre zenko (renards bienveillants, célestes) et yako (renards malicieux ou malveillants)
- Le motif du renard prenant forme d'épouse, comme Kuzunoha, est popularisé par le théâtre et la littérature à l'époque d'Edo (XVIIe-XIXe siècles)
Œuvres & réalisations
Première légende écrite du renard métamorphe ; elle fonde le motif de l'épouse-renarde et l'étymologie populaire du mot kitsune.
Recueil qui fixe l'image du renard rusé, capable de prendre forme humaine et de tromper voyageurs et moines.
La renarde Kuzunoha épouse un humain et donne naissance à Abe no Seimei, le plus grand maître onmyōji de l'histoire japonaise.
Récit du renard à neuf queues déguisé en dame de cour qui ensorcelle l'empereur, modèle du kitsune maléfique et puissant.
Pièce de nō où l'esprit du renard à neuf queues, changé en pierre empoisonnée, est libéré par un moine bouddhiste.
Pièce de théâtre de marionnettes puis de kabuki qui popularise les adieux déchirants de la renarde Kuzunoha.
Gravures ukiyo-e qui diffusent largement l'image du renard à neuf queues et ancrent le kitsune dans la culture populaire d'Edo.
Anecdotes
Le mot « kitsune » lui-même viendrait d'une légende : dans le Nihon Ryōiki (IXe siècle), un homme épouse une mystérieuse jeune femme qui se révèle être une renarde. Démasquée, elle s'enfuit, mais il la supplie de revenir dormir près de lui chaque nuit — « ki-tsu-ne » signifierait ainsi « viens dormir ».
Plus un kitsune vit longtemps, plus il gagne de queues. À mille ans, il atteint neuf queues, devient blanc ou doré, et l'on dit qu'il peut tout voir et tout entendre dans le monde. Ce renard à neuf queues, le kyūbi no kitsune, est le plus sage et le plus redoutable.
Le kitsune est le messager d'Inari, dieu du riz et de la prospérité. On compte des dizaines de milliers de sanctuaires Inari au Japon, gardés par des statues de renards portant souvent un bavoir rouge et tenant dans la gueule une clé, un joyau ou un épi de riz.
La plus célèbre des renardes, Tamamo-no-Mae, aurait séduit l'empereur sous les traits d'une dame de cour avant d'être démasquée comme renard à neuf queues. Son esprit se serait réfugié dans la « Pierre qui tue » (Sesshō-seki) du mont Nasu. En mars 2022, ce rocher s'est réellement fendu en deux, relançant la légende dans tout le Japon.
On croyait pouvoir démasquer un kitsune métamorphosé : son reflet ou son ombre laissait apparaître un renard, il ne supportait pas les chiens, et il raffolait de tofu frit (abura-age). C'est pourquoi les sushis enveloppés de tofu frit s'appellent encore aujourd'hui « inari-zushi ».
Sources primaires
« Puisque nous avons vécu ensemble et que tu m'as donné un enfant, je ne puis t'oublier. Reviens toujours dormir auprès de moi. » Et la renarde revint dormir — c'est pourquoi on l'appela kitsune.
Un renard, prenant l'apparence d'une belle femme, vint trouver les voyageurs sur la route au crépuscule ; mais les chiens l'ayant flairé, il reprit sa forme véritable et s'enfuit dans les champs.
« Si tu m'aimes, viens me chercher : dans la forêt de Shinoda, au pays d'Izumi, la feuille de kudzu pleine de rancœur (Kuzunoha). »
L'esprit de Tamamo-no-Mae confesse au moine qu'elle fut le renard à neuf queues qui ensorcela l'empereur, et que, chassée à coups de flèches sur la lande de Nasu, elle devint une pierre empoisonnée tuant tout ce qui l'approche.
Lieux clés
Principal sanctuaire d'Inari, célèbre pour ses milliers de torii rouges et ses statues de renards. Cœur historique du culte dont le kitsune est le messager.
Rocher volcanique où l'esprit de Tamamo-no-Mae, le renard à neuf queues, se serait emprisonné après sa mort. La pierre s'est fendue en deux en 2022.
Bois légendaire où vivait la renarde Kuzunoha avant d'épouser un humain et de mettre au monde le futur onmyōji Abe no Seimei.
Sanctuaire réputé pour le rassemblement nocturne des renards à la Saint-Sylvestre, immortalisé par l'estampe de Hiroshige. Une procession costumée y a lieu chaque 31 décembre.
Ancienne capitale impériale, théâtre de nombreux récits de cour où des renards déguisés en femmes séduisent nobles et empereurs.
Objets typiques

Petite sphère blanche que le kitsune porte en gueule ou en queue ; on dit qu'elle renferme une part de son âme et de son pouvoir. Lui dérober cette boule, c'est obtenir son obéissance.

Lueurs flottantes et froides que les renards-esprits allumeraient la nuit dans les champs et les montagnes. On y voyait des cortèges fantômes ou des pièges pour égarer les voyageurs.

Couple de renards de pierre gardant l'entrée des sanctuaires Inari, souvent ornés d'un bavoir rouge. Ils tiennent dans la gueule une clé du grenier à riz, un joyau, un rouleau ou un épi.

Masque blanc au museau effilé porté lors des fêtes d'Inari, des danses kagura et au théâtre. Il incarne l'esprit-renard et reste aujourd'hui un objet emblématique des festivals japonais.

Tranche de tofu frit réputée être le mets favori des kitsune ; on en dépose en offrande devant les sanctuaires Inari. Les sushis qui en sont enveloppés s'appellent « inari-zushi ».

Petite clé que certaines statues de renard tiennent dans la gueule, symbole du grenier à riz dont Inari assure l'abondance. Elle relie le kitsune à la prospérité agricole.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour, le kitsune sauvage regagne son terrier dissimulé dans les bambous ou les rizières et reprend sa forme animale. Le renard d'Inari, lui, veille discrètement sur les champs et le grenier à riz du sanctuaire dont il est le messager.
Après-midi
Le jour, le kitsune se fait oublier, car la lumière trahit son ombre de renard. Les plus anciens prétendent dormir dans les replis des montagnes, accumulant sagesse et nouvelles queues au fil des siècles.
Soir
C'est à la tombée de la nuit que le kitsune déploie ses pouvoirs : il prend l'apparence d'une belle femme, allume les feux follets du kitsunebi et égare les voyageurs sur les chemins de campagne, parfois pour les tromper, parfois pour les éprouver.
Alimentation
On dit le kitsune friand de petit gibier, mais surtout de tofu frit (abura-age) et de riz, mets qu'on lui offre aux sanctuaires Inari. Ces offrandes scellent l'alliance entre le renard et les paysans qui implorent de bonnes récoltes.
Vêtements
Sous forme humaine, le kitsune revêt souvent l'élégant kimono d'une dame de cour ou d'une jeune épousée, pour mieux séduire. Sa fourrure rousse, blanche ou dorée trahit en revanche son âge et son rang surnaturel.
Habitat
Le renard ordinaire habite un terrier dans la nature ; le renard divin réside dans les bosquets et sous les torii des sanctuaires Inari. Les esprits les plus puissants seraient liés à des lieux mythiques comme la Pierre qui tue du mont Nasu.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Récit de la renarde-épouse (Nihon Ryōiki)
vers 822
Contes de renards du Konjaku Monogatarishū
vers 1120
Légende de Kuzunoha
époque de Heian
Légende de Tamamo-no-Mae
XIIe siècle
Sesshō-seki (La Pierre qui tue)
XVe siècle
Ashiya Dōman Ōuchi Kagami
1734
Estampes de Tamamo-no-Mae (Kuniyoshi)
XIXe siècle




