Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Malik al-Ashtar et Ali ibn Abi Talib

par Charactorium · Ali ibn Abi Talib (599 — 661) · Politique · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Ali ibn Abi Talib
Wikimedia Commons, Public domain — Hossein Qollar-Aqasi

C'est dans la modeste demeure de briques crues de Koufa, au petit matin d'un jour de l'an 658, que Malik al-Ashtar vient prendre congé de Ali ibn Abi Talib. La lampe à huile fume encore, et sur la natte repose le long rouleau de parchemin — les instructions qu'Ali vient de lui remettre avant son départ pour gouverner l'Égypte. Le vieux compagnon d'armes et le maître se connaissent depuis les champs de bataille ; Malik a mené la charge à Siffin l'an passé, et il repart le cœur lourd. Il vient chercher, une dernière fois, l'enseignement de celui qu'il sert.

Commandeur des croyants, avant de partir je voudrais comprendre l'homme que je sers. On dit que vous étiez enfant quand vous avez suivi le Prophète — est-ce vrai ?

Vrai, Malik. Je n'avais guère plus de dix ans, et je vivais déjà sous le toit de mon cousin Mohammed, que la paix soit sur lui. Quand il a reçu l'appel, j'étais là, dans la maison, avant même que les hommes faits ne se décident. On me demande souvent si un enfant peut choisir sa foi : moi, je n'ai rien choisi, j'ai reconnu. C'était comme reconnaître le visage de son propre père dans la foule. Les puissants de La Mecque riaient d'un gamin qui priait derrière le Prophète et sa femme. Mais toi qui as vu depuis combien d'hommes mûrs ont trahi, tu sais qu'une fidélité d'enfant tient parfois mieux qu'un serment d'homme.

Je n'ai rien choisi, j'ai reconnu. C'était comme reconnaître le visage de son propre père dans la foule.

On raconte aussi la nuit de la fuite vers Médine. Vous auriez pris la place du Prophète dans son lit. Que reste-t-il de cette nuit en vous ?

La peur, d'abord — je ne te mentirai pas, à toi. Les jeunes de La Mecque étaient postés autour de la maison, l'épée prête, attendant que Mohammed sorte pour l'abattre. Il m'a demandé de m'allonger sous son manteau, à sa place. J'ai obéi sans comprendre encore que ma vie servait de leurre à la sienne. Toute la nuit, j'ai écouté les pas des guetteurs, en priant qu'ils ne s'impatientent pas avant l'aube. Quand ils ont écarté la couverture et découvert mon visage au lieu du sien, leur rage m'a appris une chose que je n'ai jamais oubliée : on ne protège ce qu'on aime qu'en acceptant de disparaître à sa place. C'est aussi cela, gouverner un peuple.

On ne protège ce qu'on aime qu'en acceptant de disparaître à sa place.

Ce rouleau que vous venez de me confier pour l'Égypte, vous y avez passé des nuits. Pourquoi tant d'encre pour un simple gouverneur comme moi ?

Parce que tu ne pars pas commander des soldats, Malik — cela, tu sais le faire mieux que moi. Tu pars répondre de la vie des gens devant Dieu, et cela ne s'improvise pas au galop. J'ai écrit pour toi ce que j'aurais voulu qu'on m'écrive : que le peuple se partage en deux, tes frères en religion et tes semblables en humanité, et qu'aucun des deux ne mérite ton mépris. Réserve la meilleure part de ton temps aux faibles, car ce sont eux qui n'ont pas d'accès à ta porte. Le mot juste, posé sur le parchemin, gouverne mieux qu'une armée. Une province se tient par la plume autant que par la lance — souviens-toi de cela quand la fatigue te fera préférer le silence à la lettre.

Le peuple se partage en deux : tes frères en religion et tes semblables en humanité — aucun ne mérite ton mépris.

Le Prophète vous aurait nommé la Porte de la Connaissance. N'est-ce pas un fardeau lourd à porter, ce savoir qu'on attend de vous ?

Le fardeau n'est pas de savoir, Malik, c'est de se taire quand il faudrait parler, et de parler quand il faudrait se taire. Le Prophète m'a ouvert son enseignement comme on ouvre une source à un homme assoiffé ; ce que j'en ai retenu, je ne le garde pas dans un coffre, je le verse. Un savoir qu'on ne transmet pas pourrit comme l'eau stagnante. Le soir, avec Hasan et Husayn, je ne fais rien d'autre que verser encore. Vois-tu, les hommes s'imaginent que la connaissance rend orgueilleux : c'est l'ignorance qui gonfle, le vrai savoir courbe la nuque. Plus j'ai appris, plus j'ai mesuré l'étendue de ce que j'ignore. Emporte cela en Égypte, avec le reste.

Un savoir qu'on ne transmet pas pourrit comme l'eau stagnante.

On colporte une histoire dans les marchés : un calife qui perd un procès contre un homme du commun, pour une simple dir'. Le supporterez-vous que je vous la demande en face ?

Je la porte au contraire avec fierté, Malik. Une cotte de mailles m'avait été dérobée ; je l'ai reconnue entre les mains d'un homme, et je l'ai réclamée devant le juge — non comme calife, mais comme plaignant. Le juge m'a demandé mes preuves. Je n'en avais pas de recevables : deux témoins seulement, dont l'un des miens, que la loi récusait. Il a donc tranché contre moi, et la dir' est restée à l'autre. Sais-tu ce qui fut le plus beau ? Que le juge ait osé me débouter, moi qui le nommais. Un tribunal où le prince gagne parce qu'il est prince n'est pas un tribunal, c'est une antichambre du pouvoir. Le jour où mon gouverneur d'Égypte pliera la loi pour lui-même, ce jour-là je l'aurai perdu.

Un tribunal où le prince gagne parce qu'il est prince n'est pas un tribunal, c'est une antichambre du pouvoir.

Parlons de Siffin, puisque j'y étais. Ma lance touchait presque la tente de Mu'awiya quand on m'a rappelé. Regrettez-vous d'avoir arrêté ma charge pour l'arbitrage ?

Chaque nuit, Malik, chaque nuit. Tu tenais leur camp au bout de ta lance, et je le savais. Mais mes propres hommes ont planté les masahif, les feuillets du Coran, au bout de leurs piques, et ont crié qu'on laisse le Livre de Dieu juger entre nous. Comment ordonner de trancher des gorges dressées derrière le Coran, quand toute mon armée refuse d'avancer ? J'ai cédé à la bay'a d'un arbitrage que je flairais empoisonné. On m'a forcé la main, et aujourd'hui ceux-là mêmes qui m'ont contraint me le reprochent. Je n'ai pas perdu une bataille ce jour-là : j'ai perdu l'obéissance des miens. Retiens-le en Égypte — un chef n'est jamais trahi de l'extérieur avant de l'être de l'intérieur.

Un chef n'est jamais trahi de l'extérieur avant de l'être de l'intérieur.

Et ceux qui sont partis, les Khawarij, qui vous crient désormais que le jugement n'appartient qu'à Dieu ? Comment traiter d'anciens compagnons devenus vos accusateurs ?

Leur mot d'ordre est vrai, Malik, et l'usage qu'ils en font est faux : oui, le jugement appartient à Dieu, mais Dieu a confié aux hommes le soin de rendre la justice sur terre. Ils prennent une parole juste pour en tirer une sédition. Ce sont mes frères d'hier, ceux qui priaient à mes côtés ; leur front porte encore la marque des prosternations. Tant qu'ils se contentent de me maudire, je ne leur interdirai ni la mosquée ni leur part du butin, et je ne lèverai pas l'épée le premier. Mais qu'ils versent le sang, et je les combattrai sans faiblir. On ne guérit pas une fitna en persécutant les mécontents ; on la nourrit. La patience du dirigeant vaut mieux, souvent, que la pointe de son glaive.

On ne guérit pas une fitna en persécutant les mécontents ; on la nourrit.

À votre côté pend encore Dhu al-Fiqar, la lame que le Prophète vous remit. Que ressent l'homme qui porte une épée devenue une légende de son vivant ?

Une épée n'est qu'un fer, Malik ; c'est la main et l'intention qui la rendent bénie ou maudite. Celle-ci m'est venue au jour d'Uhud, quand ma lame s'était brisée et que le Prophète m'a tendu la sienne. Les hommes s'émerveillent de sa double pointe et se racontent qu'elle tranche seule ; moi, je sais surtout le poids qu'elle m'impose. Une arme reçue d'une main sainte ne doit jamais servir l'orgueil ni la vengeance, seulement la juste cause. J'ai frappé avec elle quand il le fallait, et je crains le jour où j'aurais frappé une fois de trop. Le vrai courage n'est pas de brandir le fer — c'est de savoir quand le laisser au fourreau. Emporte cette pensée avant tes propres batailles.

Le vrai courage n'est pas de brandir le fer — c'est de savoir quand le laisser au fourreau.

Une dernière question, maître, avant la route : si un ennemi attentait à votre vie et tombait entre vos mains, que feriez-vous de lui ?

Tu poses là, Malik, la question la plus lourde, et je te répondrai comme je me réponds à moi-même dans le silence du fajr. Celui qui me frappe ne me prend qu'une vie que Dieu réclamera de toute façon ; il ne peut m'ôter ni ma foi ni ma droiture. Si un tel homme tombait sous ma coupe, je ne le livrerais pas à la torture ni à la mutilation, car la vengeance n'est pas la justice — elle en est la contrefaçon. Qu'on lui applique la peine, une seule, nette, sans acharnement, et qu'on le nourrisse tant qu'il vit. Un chef qui répond à la cruauté par la cruauté n'a fait qu'ajouter un bourreau au monde. Va, mon ami. Gouverne l'Égypte comme si Dieu seul te regardait — car c'est le cas.

La vengeance n'est pas la justice — elle en est la contrefaçon.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ali ibn Abi Talib. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.