Interview imaginaire

Les enfants interrogent Alphonse Allais

par Charactorium · Alphonse Allais (1854 — 1905) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans visitent une exposition sur les artistes de Montmartre. Devant un tableau tout noir, ils rencontrent un monsieur farceur au chapeau haut-de-forme : Alphonse Allais. Il accepte de répondre à toutes leurs questions.

Vous êtes né où, et vos parents faisaient quoi comme métier ?

Je suis né à Honfleur, un petit port de Normandie, en 1854. Tu sais, mon père était pharmacien. Imagine une boutique qui sent les herbes séchées et l'alcool, avec des pots partout. J'étais censé prendre sa suite ! On m'a même envoyé faire des études de pharmacie à Paris. Mais broyer des poudres dans un mortier toute ma vie, ça ne me faisait pas rêver. Je préférais écrire des histoires drôles. Alors, doucement, j'ai laissé tomber les remèdes pour la plume et l'encrier. Mes parents n'étaient pas ravis, tu t'en doutes.

Broyer des poudres toute ma vie ne me faisait pas rêver.

Ça vous a servi à quelque chose, la pharmacie, une fois écrivain ?

Oh oui, plus que tu ne crois ! Un pharmacien, ça aime mélanger, essayer, inventer des choses bizarres. J'ai gardé ce goût toute ma vie. Au lieu de mélanger des sirops, je mélangeais des mots et des idées farfelues. Imagine un savant qui, au lieu de fabriquer des potions, fabrique des blagues sérieuses. C'était moi ! J'ai même imaginé des inventions folles, juste pour le plaisir. Le mortier de mon père m'a appris une chose : quand tu écrases deux ingrédients ensemble, tu obtiens parfois une surprise. C'est pareil avec les mots.

Au lieu de mélanger des sirops, je mélangeais les mots.

C'était comment, vos soirées au cabaret du Chat noir ?

Ah, le Chat noir ! C'était un cabaret à Montmartre, sur la butte de Paris. Imagine une salle enfumée, pleine de poètes et de chanteurs, où l'on rit jusqu'au petit matin. Moi, noctambule, je me levais tard et je rejoignais mes amis le soir venu. On s'appelait les « fumistes » — des artistes qui adorent se moquer et mystifier les gens pour rire. Je suis même devenu rédacteur en chef du journal Le Chat noir. On y inventait des blagues, des jeux de mots, des canulars, c'est-à-dire des farces bien montées pour tromper gentiment.

Nous étions des fumistes : rire et mystifier, voilà notre métier.

Vous mangiez quoi le soir, et vous buviez quoi là-bas ?

Tu es curieux, ça me plaît ! Le soir, on ne mangeait pas toujours très bien, tu sais. La vie de bohème, c'est joyeux mais pas riche. On dînait souvent à la brasserie du coin, quand on avait quelques sous. Et l'on buvait beaucoup dans les cafés. À mon époque, la boisson à la mode s'appelait l'absinthe, une boisson verte qu'on surnommait « la fée verte ». Imagine un verre où l'on verse de l'eau goutte à goutte sur du sucre. Tous les artistes en buvaient. Trop, sans doute. Mais l'ambiance, elle, était formidable.

La vie de bohème, c'est joyeux mais rarement dans l'assiette pleine.

C'est vrai que vous avez exposé un tableau tout noir ? Pourquoi ?

Absolument ! En 1883, j'ai accroché un rectangle de papier entièrement noir dans une exposition. Et je l'ai intitulé sérieusement, avec une longue légende, comme un vrai tableau. Puis j'en ai fait un tout blanc, un tout rouge. Tu vas rire : à mon époque, personne n'avait jamais peint une toile d'une seule couleur ! Les gens ne savaient pas s'ils devaient rire ou se fâcher. Plus tard, j'ai réuni ces images dans mon Album primo-avrilesque. C'était une blague, une parodie de peinture. Mais des années après moi, de vrais peintres ont fait pareil… sans rire, eux.

J'ai peint le vide pour rire, avant qu'on le fasse au sérieux.
Alphonse Allais (1854-1905)
Alphonse Allais (1854-1905)Wikimedia Commons, Public domain — unidentified Photograph

Les gens comprenaient que c'était pour rire, ou ils se moquaient de vous ?

Bonne question, mon enfant ! Certains riaient de bon cœur, d'autres pensaient que j'étais fou. Le secret, c'était la légende. Un rectangle noir, ce n'est rien. Mais si j'écris dessous un titre drôle et compliqué, alors ton imagination se met à travailler ! J'exposais dans les Salons des Arts incohérents, où l'on montrait des œuvres absurdes exprès. Imagine une galerie où tout est fait pour surprendre et faire sourire. Moi, je voulais qu'on se demande : « Mais qu'est-ce que l'art, au fond ? » Sans jamais donner de leçon. Juste en te chatouillant l'esprit.

Un rectangle noir n'est rien ; c'est la légende qui fait rêver.

On m'a dit que vous avez écrit une musique sans aucune note. C'est possible ça ?

C'est bien vrai, et j'en suis fier ! En 1897, j'ai composé une Marche funèbre pour les obsèques d'un grand homme sourd. Une marche funèbre, c'est la musique triste qu'on joue aux enterrements. Sauf que la mienne… ne contenait aucune note ! Que des mesures vides, du silence du début à la fin. Imagine une page de musique parfaitement blanche. Quand on me demandait pourquoi, je répondais que « les grandes douleurs sont muettes ». Autrement dit : quand on a très mal, on ne dit rien. Alors ma musique se taisait, elle aussi. C'était une farce, mais avec une petite vérité dedans.

Les grandes douleurs sont muettes : ma musique se taisait aussi.

Ça vous faisait quoi d'inventer des trucs que personne ne comprenait ?

Tu sais, ça m'amusait énormément ! J'aimais être le premier à faire une bêtise géniale. Une partition sans notes, un tableau sans dessin… les gens haussaient les épaules. Mais moi, je souriais dans ma barbe. Imagine que tu inventes un jeu si nouveau que personne n'a encore les règles. C'est un peu solitaire, mais c'est grisant. Je ne cherchais pas la gloire, seulement le plaisir de surprendre. Beaucoup de mes idées avaient l'air idiotes à mon époque. Et pourtant, elles annonçaient des choses que d'autres feraient bien après ma mort, en 1905.

J'aimais être le premier à faire une bêtise géniale.
Caen prefecture vestibule alphonse allais
Caen prefecture vestibule alphonse allaisWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Karldupart This file was uploaded with Commonist.

C'est quoi votre jeu de mots préféré ? Vous pouvez nous en dire un ?

Avec grand plaisir ! J'adorais un jeu qu'on appelle l'holorime. C'est deux phrases qui se prononcent exactement pareil, mais qui s'écrivent tout autrement. Écoute bien celle-ci : « Par les bois du djinn, où s'entasse de l'effroi, / Parle et bois du gin, ou cent tasses de lait froid. » Dis-les à voix haute : ça sonne pareil ! Mais l'une parle de forêt et de peur, l'autre de boisson et de lait. Amusant, non ? J'aimais tordre la langue comme on tord un fil de fer. C'était mon petit tour de magie à moi.

Un holorime : deux phrases jumelles à l'oreille, étrangères à l'œil.

Pourquoi vous avez appelé un livre « Deux et deux font cinq » ? C'est faux !

Ah, tu as l'œil ! Bien sûr que deux et deux font quatre, tout le monde le sait. Justement : j'ai appelé mon recueil de contes Deux et deux font cinq pour te faire sursauter. J'adorais la logique absurde, c'est-à-dire raisonner très sérieusement sur des choses fausses. Imagine un professeur qui te démontre, avec un air grave, que le ciel est vert. Ça fait rire, mais ça fait aussi réfléchir. J'écrivais des aphorismes, de petites phrases courtes et frappantes, souvent paradoxales. Le paradoxe, c'est quand une idée a l'air fausse et pourtant contient un grain de vérité. C'était toute ma cuisine !

Raisonner très sérieusement sur des choses fausses : quel régal !

Si on vous croisait dans la rue à votre époque, on remarquerait quoi d'abord ?

Tu me verrais sûrement le soir, car le jour je dormais ! Un monsieur en costume sombre, chemise à col dur, un beau chapeau haut-de-forme sur la tête. Peut-être une cravate large et molle qu'on appelait une lavallière, à la mode des artistes. Imagine une rue de Montmartre sans aucun bruit de moteur : juste des sabots de chevaux sur les pavés et des lampes à gaz. Tu me verrais marcher vers un cabaret, un carnet en poche pour noter mes idées. Et si tu me disais bonjour, je te répondrais sûrement par une blague. C'était plus fort que moi.

Le jour je dormais ; c'est la nuit que je vivais vraiment.
Voir la fiche complète de Alphonse Allais

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Alphonse Allais. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.