Alphonse Allais (1854-1905) est un écrivain, journaliste et humoriste français, figure majeure de l'humour absurde et du fumisme. Habitué du cabaret « Le Chat noir », il est célèbre pour ses jeux de mots, ses contes brefs et ses aphorismes paradoxaux.
Alphonse Allais(1854 — 1905)
Alphonse Allais
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. D'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.»
« La logique mène à tout à condition d'en sortir.»
« Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n'en prend pas.»
Faits marquants
- Né en 1854 à Honfleur, fils de pharmacien, il abandonne ses études de pharmacie pour la vie littéraire parisienne.
- Devient une figure du cabaret « Le Chat noir » et collabore à sa revue à partir des années 1880.
- Publie « À se tordre » (1891), recueil de contes humoristiques qui assoit sa réputation.
- Pionnier de l'art conceptuel et monochrome avec ses « tableaux » absurdes (ex. « Récolte de la tomate au bord de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques », monochrome rouge) présentés vers 1883-1897.
- Meurt à Paris en 1905.
Œuvres & réalisations
Recueil de contes courts et humoristiques qui établit sa réputation de maître de l'humour absurde et du récit à chute.
Recueil de contes prolongeant sa veine humoristique et paradoxale.
Recueil dont le titre paradoxal illustre son goût de la logique absurde.
Recueil de nouvelles humoristiques marquant sa production de la période Chat noir.
Suite de tableaux monochromes légendés, œuvre pionnière annonçant l'art abstrait par la parodie.
Partition entièrement silencieuse, geste conceptuel avant l'heure justifié par l'idée que « les grandes douleurs sont muettes ».
Roman comique, l'une de ses œuvres les plus longues, adapté par la suite au théâtre et au cinéma.
Anecdotes
Alphonse Allais est considéré comme un précurseur de l'art abstrait et monochrome : en 1883, il expose un rectangle de papier entièrement noir intitulé « Combat de nègres dans une cave pendant la nuit », suivi d'un carré blanc (« Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige ») et d'un rectangle rouge. Ces « monochromes » humoristiques précèdent de plusieurs décennies les recherches picturales du XXe siècle.
En 1897, Allais compose une « Marche funèbre pour les obsèques d'un grand homme sourd » : une partition musicale composée uniquement de mesures vides et de silences. Il justifie ce vide par le fait que « les grandes douleurs sont muettes » — un geste que l'on rapprochera plus tard des expériences musicales du XXe siècle.
Fils de pharmacien à Honfleur, Allais était destiné à reprendre l'officine familiale et fit des études de pharmacie à Paris. Il délaissa ce métier pour le journalisme et la littérature, mais garda toute sa vie un goût pour les expériences et les inventions farfelues.
Habitué du cabaret « Le Chat noir » à Montmartre, Allais fut rédacteur en chef du journal du même nom. C'est dans ce milieu de « fumistes » — artistes qui cultivaient la mystification et l'absurde — qu'il forgea son style d'humour paradoxal.
Allais est l'inventeur d'un célèbre procédé de plaisanterie, l'holorime : deux vers entiers qui se prononcent de manière identique mais s'écrivent différemment, comme « Par les bois du djinn, où s'entasse de l'effroi, / Parle et bois du gin, ou cent tasses de lait froid ».
Sources primaires
Recueil de contes brefs et humoristiques publié par Allais, où s'exprime son goût du récit à chute et de l'absurde quotidien.
« Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Ils n'ont pas beaucoup d'argent, c'est vrai, mais ils sont beaucoup à en avoir un peu. »
Recueil de tableaux monochromes accompagnés de légendes humoristiques, dont le rectangle noir « Combat de nègres dans une cave pendant la nuit ».
Recueil de contes dont le titre paradoxal résume l'esprit de logique absurde cher à l'auteur.
Lieux clés
Port de Normandie où naît Alphonse Allais en 1854, dans la pharmacie familiale.
Célèbre cabaret parisien fondé en 1881, cœur de la bohème artistique où Allais devint une figure du fumisme.
Capitale où Allais mène sa carrière de journaliste et d'écrivain et où il meurt en 1905.
Butte parisienne des artistes et des cabarets à la fin du XIXe siècle, milieu de vie d'Allais.
Objets typiques

Instruments d'écriture du journaliste et de l'écrivain, avec lesquels Allais rédigeait ses contes brefs et ses chroniques quotidiennes.

Hebdomadaire satirique et littéraire du cabaret montmartrois, dont Allais fut rédacteur en chef et où il publia nombre de ses textes.

Rectangles de couleur unie exposés par Allais avec des légendes absurdes, parodie de la peinture et préfiguration de l'art abstrait.

Instrument servant à broyer les substances pour préparer les remèdes ; rappel de la formation de pharmacien qu'Allais suivit avant de se tourner vers les lettres.

Boisson emblématique des cafés et cabarets parisiens de la Belle Époque, consommée dans les milieux artistiques que fréquentait Allais.

Couvre-chef masculin élégant de la fin du XIXe siècle, porté par les hommes de lettres et les habitués des cabarets parisiens.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Allais, noctambule invétéré, se levait tard après ses soirées de cabaret. La matinée servait souvent à récupérer et à noircir quelques feuillets, car il devait fournir régulièrement des chroniques aux journaux.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre l'écriture de contes brefs et les visites aux rédactions parisiennes pour remettre ses textes. Il aimait aussi flâner dans Paris et fréquenter cafés et amis artistes.
Soir
Le soir, il rejoignait les cabarets de Montmartre, en particulier Le Chat noir, où se retrouvaient poètes, chansonniers et fumistes. On y improvisait des jeux de mots, des canulars et des lectures dans une ambiance joyeuse et bohème.
Alimentation
Comme les habitués des cafés de la Belle Époque, Allais appréciait les boissons de bistrot, dont l'absinthe alors très en vogue. Les repas se prenaient volontiers au restaurant ou à la brasserie, au gré de la vie nocturne.
Vêtements
Il portait la tenue de l'homme de lettres de la fin du XIXe siècle : costume sombre, chemise à col dur, cravate ou lavallière et parfois chapeau haut-de-forme ou melon.
Habitat
Allais logeait à Paris, dans le quartier de Montmartre et ses environs, en appartements et hôtels au gré d'une existence bohème peu soucieuse de confort bourgeois.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
À se tordre — Histoires chatnoiresques
1891
Vive la vie !
1892
Deux et deux font cinq
1895
Le Parapluie de l'escouade
1893
Album primo-avrilesque
1897
Marche funèbre pour les obsèques d'un grand homme sourd
1897






