Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Bibha Chowdhuri

par Charactorium · Bibha Chowdhuri (1913 — 1991) · Sciences · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Bibha Chowdhuri
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Calcutta, un matin de mousson. Dans une pièce claire du Bose Institute, une femme en sari de coton relève les yeux d'un microscope où reposent des plaques noircies par le ciel. Bibha Chowdhuri accepte de raconter une vie passée à traquer, grain par grain, des particules venues de l'espace.

À quoi ressemblait une journée de travail dans votre laboratoire ?

Elle commençait avant la chaleur. Je quittais la maison familiale et je gagnais le Bose Institute, où m'attendaient les plaques exposées la veille. On croit que la physique tonne ; la mienne chuchotait. Je me penchais sur le microscope de mesure et je comptais. Une trace, c'est une file de grains noircis dans l'émulsion nucléaire, longue parfois d'un cheveu, et il fallait en suivre chaque point pour deviner la masse de ce qui était passé là. Une seule plaque pouvait m'occuper l'après-midi entier, le dos courbé, l'œil brûlant. Les gens imaginent des éclairs ; nous, nous avions la patience des copistes. C'était un travail d'artisan autant que de savante.

On croit que la physique tonne ; la mienne chuchotait.

Pourquoi cette technique des plaques photographiques plutôt qu'un autre instrument ?

Parce qu'elle garde la mémoire. Une chambre à brouillard vous montre une trajectoire, puis la traînée s'efface comme un souffle sur une vitre ; un compteur Geiger vous donne un clic, un chiffre, mais rien à contempler. La plaque, elle, conserve la trace pour toujours dans sa gélatine. On peut y revenir, la remesurer, la montrer à un collègue des mois plus tard. Avec Debendra Mohan Bose, nous avons compris que cette émulsion était une archive du ciel, un carnet où les particules écrivaient elles-mêmes leur passage. J'ai passé ma vie à lire cette écriture minuscule, et à la reporter, ligne après ligne, dans mon carnet de laboratoire.

On raconte que vous grimpiez en montagne pour vos expériences. Comment cela se passait-il ?

Il fallait aller chercher les particules là où elles sont plus nombreuses. Près du sol, les rayons cosmiques se raréfient ; en altitude, le ciel en déverse davantage. Alors nous portions nos plaques vers les crêtes de l'Himalaya, jusqu'au Sandakphu, à plus de trois mille six cents mètres. Imaginez : on hisse des boîtes fragiles sur des sentiers de brume, on les expose au froid pendant des jours, on redescend prier pour que la gélatine n'ait pas souffert. Cette altitude d'exposition faisait partie de nos calculs autant que la géométrie des traces. Le laboratoire, pour nous, ce n'était pas seulement une salle de Calcutta : c'était aussi la montagne, ouverte à tous les vents venus de l'espace.

Le laboratoire, pour nous, c'était aussi la montagne, ouverte à tous les vents venus de l'espace.

Vos articles de 1941 dans Nature portaient sur la masse du mésotron. Que cherchiez-vous exactement ?

Nous cherchions à peser l'invisible. Dans les rayons cosmiques, on devinait une particule intermédiaire, ni aussi légère que l'électron ni aussi lourde que le proton — ce qu'on appelait alors le mésotron. Avec Bose, nous avons montré, dans deux notes parues dans Nature en 1941 et 1942, qu'à partir de la seule densité des grains d'une trace on pouvait estimer cette masse. C'était neuf : lire une masse dans une photographie. Yukawa avait prédit qu'une telle particule liait le noyau ; nous, nous tenions peut-être sa signature sur nos plaques. Je me souviens de l'excitation contenue de ces mois-là, cette impression d'être tout près d'un seuil.

Nous cherchions à peser l'invisible.

On dit que la guerre vous a privée d'une grande découverte. Que s'est-il passé ?

La Seconde Guerre mondiale a coupé nos lignes d'approvisionnement. Les plaques les plus sensibles venaient d'Angleterre, et elles ont cessé d'arriver. Or c'est justement la sensibilité de l'émulsion qui décide de tout : trop grossière, elle ne distingue pas les fines désintégrations. Nous étions au bord ; il nous manquait le grain. Quelques années plus tard, à Bristol, Cecil Powell disposa des émulsions perfectionnées, découvrit le pion en 1947, et reçut le prix Nobel en 1950. Je ne l'ai jamais vécu comme un vol — la science avance ainsi, par relais — mais je sais dans quelle direction nous regardions, et je sais que la mer entre Calcutta et l'Angleterre a pesé sur cette histoire.

Nous étions au bord ; il nous manquait le grain.
Bibha Chowdhuri at the International Conference in Pisa, Italy 1955
Bibha Chowdhuri at the International Conference in Pisa, Italy 1955Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Vous souvenez-vous de votre master de physique, en 1936 ?

Comment l'oublier ? En 1936, à l'université de Calcutta, j'étais la seule femme de ma promotion. On entrait dans l'amphithéâtre et les regards se posaient sur vous comme sur une anomalie polie. Dans une famille bengalie instruite, on m'avait laissée étudier — c'était déjà beaucoup pour l'époque —, mais au-delà de la porte, le monde scientifique était presque entièrement masculin. Le matin, je nouais mon sari de coton et je partais vers les salles ; le soir, je retrouvais la vie domestique, la lecture, le thé. J'ai appris très tôt qu'il ne suffisait pas d'être aussi capable : il fallait l'être avec assez de calme pour qu'on n'ait rien à en dire.

Il ne suffisait pas d'être aussi capable : il fallait l'être avec assez de calme pour qu'on n'ait rien à en dire.

Comment conciliiez-vous cette vie de laboratoire et le foyer bengali ?

Sans drame, mais sans facilité non plus. Le jour appartenait aux plaques et au microscope ; le soir appartenait à la maison de Calcutta, aux repas de riz, de dal et de poisson de rivière, aux échanges avec les miens. Je n'ai jamais opposé les deux mondes. Les longues heures de mesure demandaient la même patience que la vie domestique bengalie, cette régularité tranquille des choses répétées. Et le soir, quand je préparais une publication, je sentais que mon maître Bose m'avait transmis une exigence qui ne s'arrêtait pas à la porte du laboratoire. On peut porter un sari et compter des particules ; l'un n'a jamais empêché l'autre.

Statue of Bibha Chowdhuri
Statue of Bibha ChowdhuriWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Salil Kumar Mukherjee

Après la guerre, vous êtes partie à Manchester. Qu'y avez-vous trouvé ?

J'y ai trouvé le ciel démultiplié. Sous la direction de Patrick Blackett — qui recevrait le Nobel en 1948 —, j'ai consacré ma thèse aux gerbes atmosphériques, ces cascades de particules qu'un seul rayon cosmique très énergétique engendre en percutant l'air. Une particule frappe, et voilà qu'il en pleut des milliers, comme une étincelle qui embrase une gerbe de blé. À Manchester, on disposait d'instruments, de compteurs disposés en réseaux, d'une école entière. Après les années de pénurie à Calcutta, c'était une respiration. J'y ai mûri, et j'en suis revenue avec une méthode et une confiance que l'Inde nouvellement indépendante allait pouvoir employer.

Que représentaient pour vous le TIFR de Bombay et le laboratoire d'Ahmedabad ?

Le retour, et la construction. Au Tata Institute of Fundamental Research fondé par Homi Bhabha, à Bombay, j'ai repris mes recherches sur les particules de haute énergie, dans un pays qui voulait sa propre physique. Puis, au Physical Research Laboratory d'Ahmedabad, celui de Vikram Sarabhai, j'ai poursuivi le même fil — les rayons cosmiques, la physique des hautes énergies — au sein d'une génération qui bâtissait des institutions à partir de presque rien. Ce n'était plus l'aventure solitaire des plaques de Calcutta : c'était un effort collectif, national. J'avais le sentiment d'ajouter ma pierre, discrète, à un édifice qui me survivrait.

Si l'on vous disait qu'une étoile porterait un jour votre prénom, qu'en penseriez-vous ?

Vous m'invitez à rêver au-delà de ma propre vie, alors je me le permets un instant. Passer mes journées penchée sur des plaques pour capter ce qui tombe du ciel, et imaginer qu'un jour ce ciel me rende la politesse en accrochant mon prénom à une étoile lointaine… l'idée a une douceur ironique. J'ai toujours travaillé dans l'ombre du microscope, à compter des traces que personne ne voyait. Si mon nom devait un jour briller là-haut, j'espère qu'on se souviendra surtout de la méthode et de la patience, et de tous ceux, comme Bose, avec qui j'ai partagé ces heures. L'étoile serait belle ; le travail, lui, était déjà la récompense.

J'ai toujours travaillé dans l'ombre du microscope, à compter des traces que personne ne voyait.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bibha Chowdhuri. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.