Bibha Chowdhuri (1913-1991) est une physicienne indienne pionnière de l'étude des rayons cosmiques et de la physique des particules. Avec Debendra Mohan Bose, elle utilisa des plaques photographiques pour détecter des particules subatomiques, frôlant la découverte du méson.
Bibha Chowdhuri(1913 — 1991)
Bibha Chowdhuri
Inde, Raj britannique, Union indienne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1913 à Calcutta, dans l'Inde britannique
- Dans les années 1930-1940, mène avec D. M. Bose des recherches sur les rayons cosmiques à l'aide d'émulsions photographiques, approchant la découverte du méson pi
- Obtient en 1949 un doctorat à l'université de Manchester sous la direction de Patrick Blackett (prix Nobel)
- Travaille ensuite au Tata Institute of Fundamental Research puis au Physical Research Laboratory d'Ahmedabad
- En 2019, l'Union astronomique internationale baptise une étoile « Bibha » en son honneur
Œuvres & réalisations
Série d'articles, cosignés avec D. M. Bose, montrant qu'on peut mesurer la masse de particules cosmiques à partir des traces sur émulsion. Travaux pionniers, précurseurs de la découverte du méson.
Thèse de doctorat menée à Manchester sous Patrick Blackett, consacrée aux gerbes de particules produites par les rayons cosmiques dans l'atmosphère.
Études sur les particules de haute énergie au Tata Institute of Fundamental Research, contribuant à l'essor de la physique des particules en Inde.
Poursuite de ses travaux sur la physique des hautes énergies et les rayons cosmiques au sein du laboratoire de Vikram Sarabhai.
Mise au point, avec Bose, de l'usage des plaques photographiques pour détecter et identifier des particules invisibles — une technique adoptée ensuite dans le monde entier.
Anecdotes
En décembre 2019, l'Union astronomique internationale a donné le nom « Bibha » à une étoile lointaine (HD 86081) pour honorer la physicienne. C'est l'Inde qui a proposé ce nom lors d'une campagne mondiale de baptême d'étoiles, faisant d'elle l'une des rares scientifiques dont le prénom brille désormais dans le ciel.
À la fin des années 1930, Bibha Chowdhuri et son maître Debendra Mohan Bose comptaient au microscope les traces minuscules laissées par les rayons cosmiques sur des plaques photographiques. Ils mesurèrent la masse d'une particule inconnue et frôlèrent une grande découverte — mais, à cause de la Seconde Guerre mondiale, ils ne purent faire venir d'Angleterre les plaques les plus sensibles. Quelques années plus tard, le Britannique Cecil Powell perfectionna la méthode et reçut le prix Nobel.
En 1936, lorsqu'elle obtint son master de physique à l'université de Calcutta, Bibha Chowdhuri était la seule femme de sa promotion. À une époque où très peu de filles indiennes poursuivaient des études scientifiques, elle s'imposa dans un milieu presque exclusivement masculin.
Pour capter davantage de rayons cosmiques, Chowdhuri et Bose exposaient leurs plaques photographiques en haute montagne, sur des sommets himalayens comme le Sandakphu, à plus de 3 600 mètres d'altitude. Plus on monte, plus ces particules venues de l'espace deviennent nombreuses.
Après la guerre, Bibha Chowdhuri partit étudier à Manchester, en Angleterre, sous la direction de Patrick Blackett, lui-même futur prix Nobel de physique. Elle y étudia les « gerbes » de particules déclenchées par les rayons cosmiques quand ils percutent l'atmosphère.
Sources primaires
Les auteurs décrivent comment, à partir des traces enregistrées sur des plaques photographiques exposées aux rayons cosmiques, on peut estimer la masse d'une particule de masse intermédiaire alors appelée « mésotron ».
Poursuivant leurs mesures, les auteurs affinent l'estimation de la masse des mésotrons obtenue par la méthode photographique des traces de rayons cosmiques.
Les auteurs montrent que l'émulsion photographique constitue un outil sensible pour enregistrer le passage et la désintégration des particules cosmiques de haute énergie.
Lieux clés
Ville natale de Bibha Chowdhuri, où elle fit ses études à l'université de Calcutta et travailla au Bose Institute. Elle y mourut en 1991.
Sommet de plus de 3 600 mètres où Chowdhuri et Bose exposaient leurs plaques photographiques pour capter davantage de rayons cosmiques. L'altitude augmente le flux de particules.
Ville où elle prépara son doctorat sous la direction de Patrick Blackett, étudiant les gerbes de rayons cosmiques.
Au Tata Institute of Fundamental Research dirigé par Homi Bhabha, elle poursuivit ses recherches sur les rayons cosmiques après son retour en Inde.
Laboratoire fondé par Vikram Sarabhai où elle travailla sur la physique des particules et les rayons cosmiques.
Objets typiques

Plaque recouverte d'une émulsion sensible où le passage d'une particule chargée laisse une fine trace de grains noircis. C'était l'outil central des recherches de Chowdhuri sur les rayons cosmiques.

Microscope précis utilisé pour examiner et mesurer la longueur et l'épaisseur des traces de particules sur les plaques. L'analyse pouvait durer des heures pour une seule plaque.

Dispositif rempli de vapeur sursaturée où les particules chargées laissent une traînée visible de gouttelettes. Elle servait à visualiser le passage des rayons cosmiques.
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Instrument qui détecte et compte le passage de particules ionisantes en émettant un clic ou une impulsion électrique. Indispensable pour repérer le rayonnement cosmique.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Instrument coulissant permettant de réaliser multiplications, divisions et calculs scientifiques avant l'ère des calculatrices électroniques. Outil quotidien des physiciens de son temps.
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Cahier où la chercheuse consignait ses observations, ses mesures et ses calculs jour après jour. Mémoire écrite de chaque expérience.
📷 CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons ↗Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Le matin, Bibha Chowdhuri quittait son foyer familial de Calcutta pour rejoindre le Bose Institute. Une grande partie de sa journée commençait penchée sur un microscope, à scruter les traces laissées par les rayons cosmiques sur les plaques exposées la veille.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux mesures minutieuses et aux calculs : compter les grains des traces, estimer une masse, noter chaque résultat. Le travail demandait une patience extrême car une seule plaque pouvait occuper des heures.
Soir
Le soir, elle rentrait dans sa famille, retrouvant la vie domestique bengalie, la lecture et la préparation de ses publications scientifiques. Les échanges avec son mentor D. M. Bose nourrissaient ses réflexions.
Alimentation
Son alimentation était celle d'une famille bengalie aisée : riz, lentilles (dal), légumes et poisson de rivière en abondance, souvent accompagnés d'épices douces. Le thé faisait partie du quotidien.
Vêtements
Comme les femmes indiennes de son époque et de son milieu, elle portait le plus souvent le sari de coton, élégant et adapté au climat chaud et humide du Bengale.
Habitat
Elle vivait dans une maison urbaine de Calcutta, au sein d'une famille instruite. L'habitat bengali combinait pièces de vie ouvertes, cour intérieure et protection contre la chaleur de la mousson.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Méthode photographique d'estimation de la masse du mésotron (articles dans Nature)
1941-1942
Recherches sur les gerbes atmosphériques étendues
1945-1949
Travaux au TIFR sur les rayons cosmiques
1949-1957
Recherches au Physical Research Laboratory d'Ahmedabad
1957-1976
Détection précoce de particules subatomiques par émulsion
fin des années 1930






