Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Charlemagne

par Charactorium · Charlemagne (742 — 814) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Aix-la-Chapelle, un soir d'hiver. La vapeur des sources chaudes monte encore des bains tandis que l'empereur, manteau de martre sur les épaules, rentre de la chasse. Dans la grande salle du palais, à deux pas de la chapelle octogonale, il consent à parler de son règne, de ses écoles et de ses regrets.

Que diriez-vous de ce jour de Noël à Rome, en l'an 800, où vous avez reçu la couronne impériale ?

Le ciel de Rome s'était à peine ouvert sur la nativité du Seigneur, en l'an 800, que le pontife Léon III posa sur mon front une couronne que je n'avais point demandée. On rapporte que le peuple cria : « À Charles Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire ! » Belle clameur, certes. Mais je vous l'avoue : si j'avais su ce que le pape méditait ce jour-là dans la basilique Saint-Pierre, je n'y serais point entré, fût-ce une fête aussi sainte. Un titre que l'on reçoit des mains d'un autre pèse tout autrement qu'un titre gagné par l'épée et le service de Dieu.

Un titre que l'on reçoit des mains d'un autre pèse tout autrement qu'un titre gagné par l'épée.

Pourquoi ce titre d'empereur vous semblait-il si lourd à porter ?

Comprenez bien : depuis la chute de l'ancienne Rome, l'Occident n'avait plus d'empereur. Relever ce nom, c'était redresser un édifice que trois siècles avaient laissé en ruine. À Constantinople, on me regardait comme un roi barbare coiffé d'un titre volé ; il fallut attendre 812 pour que l'empereur Michel consentît enfin à me nommer son frère en dignité. Un tel fardeau ne se porte pas par vanité. Je me suis toujours tenu pour le serviteur de l'Église et le gardien du peuple chrétien, non pour un nouveau césar enivré de pourpre. La pourpre romaine, d'ailleurs, je ne la revêtais qu'à contrecœur : je préférais ma tunique de lin, mes braies et mes bandes molletières de Franc.

Comment vous, qui ordonniez des écoles dans tout l'Empire, en êtes-vous venu à lutter contre l'écriture ?

En 789, par mon Admonitio generalis, j'ai voulu que dans chaque monastère et chaque évêché on apprît aux enfants à lire, à chanter, à compter — et non point aux seuls fils de nobles, mais aussi à ceux de condition servile. Voyez l'ironie que Dieu m'a réservée : moi qui commandais cela, je n'ai jamais su tracer mes lettres avec aisance. Je gardais des tablettes de cire sous mon oreiller, et la nuit, quand le sommeil me fuyait, je m'exerçais à former les caractères. J'avais commencé trop tard dans la vie. Mais qu'importe ma main maladroite, si mille mains plus jeunes apprenaient ce que la mienne ne saurait jamais.

Qu'importe ma main maladroite, si mille mains plus jeunes apprenaient ce que la mienne ne saurait jamais.

Vous souvenez-vous de l'arrivée d'Alcuin à votre cour ?

Alcuin d'York me rejoignit vers 782, et je crois que nul présent ne valut celui-là. C'était un homme dont la tête était un grenier où dormait tout le savoir des Anciens. Avec lui, nous avons entrepris de nettoyer l'écriture du royaume, devenue un fouillis de pattes de mouche hérité des temps mérovingiens. De cette peine naquit la minuscule caroline, claire et ronde, lisible par tout clerc d'un bout à l'autre de l'Empire. Dans mes scriptoria, les moines recopièrent les textes des Pères et même des sages païens qui, sans eux, se seraient perdus à jamais. Je ne savais guère écrire ; j'ai du moins veillé à ce que d'autres écrivissent mieux que tous nos aïeux.

Comment teniez-vous d'une seule main un empire aussi vaste ?

Un empire ne se gouverne pas du fond d'un palais. J'envoyais donc par les provinces mes missi dominici, mes envoyés, toujours par paires — un homme d'Église et un laïc — afin qu'ils se surveillassent l'un l'autre et ne pussent être achetés. En 802, j'en fis une institution bien réglée : ils inspectaient les comtes, écoutaient les plaintes des pauvres, recevaient le serment de fidélité que tout homme libre me devait depuis 789. Mes capitulaires, ces ordonnances divisées en chapitres, descendaient ainsi jusqu'au dernier comté. Sans ces yeux et ces oreilles parcourant sans cesse les routes, mes paroles prononcées à Aix ne seraient jamais parvenues aux marches les plus lointaines.

Pourquoi vous souciiez-vous jusqu'aux plantes qui poussaient dans les jardins de vos domaines ?

On s'étonne que l'empereur d'Occident ait pris la peine de dicter quelles herbes devaient croître dans ses jardins. Dans mon Capitulare de villis, j'ai voulu qu'on y cultivât les lis, les roses, la sauge, les concombres, les melons, et cent autres plantes encore. Pourquoi ? Parce qu'un royaume bien tenu se reconnaît à ses moindres détails. Un domaine qui nourrit ses gens, qui compte ses œufs et veille sur ses ruches, est un domaine qui ne se soulèvera point par la faim. Le bon ordre des choses humbles est le miroir du bon ordre de l'Empire. Dieu lui-même n'a-t-il pas réglé jusqu'au brin d'herbe des champs ?

Un royaume bien tenu se reconnaît à ses moindres détails.

Qu'est-ce qui vous a décidé à faire d'Aix-la-Chapelle votre capitale ?

L'eau, mon hôte, l'eau brûlante qui jaillit du sol même. À Aix-la-Chapelle, des sources chaudes sortent de la terre comme un présent du Ciel, et j'ai toujours aimé nager plus que tout autre exercice. J'y fis creuser un bassin si vaste que je pouvais y convier mes gardes, mes fils, mes filles et mes familiers — parfois plus de cent corps barbotant ensemble dans la vapeur. C'est là, près de ces eaux, que j'ai bâti mon palais et ma chapelle palatine, octogonale, dont j'avais pris le modèle sur les églises admirées à Ravenne. Un homme qui gouverne doit aussi délasser son corps ; et nulle part je ne me sentais plus chez moi que dans cette chaleur montant de la terre franque.

On raconte qu'un éléphant vécut à votre cour — d'où venait pareille merveille ?

Ah, Aboul-Abbas ! Le calife Haroun al-Rachid, qui régnait au loin sur l'Orient, m'envoya cette bête prodigieuse, et elle parvint à Aix vers 802 au terme d'un voyage que nul n'aurait cru possible. Imaginez la stupeur de ma cour : un animal gros comme une maison, aux oreilles pareilles à des voiles, au nez qui saisissait les choses comme une main d'homme. Les enfants en tremblaient, et mes guerriers aussi. Cet éléphant fut le signe que ma renommée portait jusqu'aux terres du calife, par-delà les mers et les déserts. Il vécut près de huit ans parmi nous, curiosité vivante de tout l'Empire, avant que Dieu ne le rappelât à lui.

Cet éléphant fut le signe que ma renommée portait jusqu'aux terres du calife.

Que reste-t-il en vous du désastre de Roncevaux ?

Roncevaux. Ce nom me serre encore le cœur. En 778, comme mon armée repassait les défilés des Pyrénées, mon arrière-garde fut prise au piège par les montagnards vascons, dans des gorges où la chevalerie ne vaut plus rien. Là périt le comte Roland, et bien des braves avec lui. Ce ne fut pas une bataille rangée que j'aurais pu emporter par le nombre : ce fut une embuscade, le pire fléau d'une armée en marche. Déjà les chants des jongleurs commencent à grandir l'affaire bien au-delà de ce qu'elle fut. Mais pour moi, le souvenir demeure celui d'hommes fidèles tombés dans un piège de roches, loin de tout secours.

Comment teniez-vous des frontières menacées de toutes parts ?

Un empire dont les confins ne sont pas gardés n'est qu'une proie offerte. Là où guettaient les Saxons, les Avars et les Sarrasins, j'ai établi des marches — des territoires de bordure confiés à des hommes durs, des margraves, dont le seul office était de veiller et de frapper. Contre les Avars, en 796, mes troupes enfoncèrent leur grand retranchement de Pannonie et s'emparèrent d'un trésor amassé depuis des siècles de pillages — tant d'or qu'il fallut des chariots pour le ramener jusqu'à moi. Garder une frontière, ce n'est pas seulement dresser des palissades : c'est y poster des hommes qui ne dorment jamais que d'un œil. Les marches furent le bouclier de l'Empire, et la chapelle d'Aix en demeura le cœur.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Charlemagne. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.