Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Charles Babbage

par Charactorium · Charles Babbage (1791 — 1871) · Sciences · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte du salon de Dorset Street, à Londres. Un vieux monsieur en redingote sombre les accueille au milieu de roues dentées en laiton. Il s'appelle Charles Babbage, et il semble très ému que des enfants veuillent l'écouter.

C'est quoi qui vous a donné l'idée de construire une machine à calculer ?

Tu sais, mon enfant, tout a commencé par la colère. À mon époque, les marins, les astronomes, les ingénieurs se servaient de gros livres remplis de chiffres, qu'on appelait des tables logarithmiques. Imagine des pages et des pages de nombres, recopiés à la main par des hommes fatigués. Et ces hommes se trompaient ! Un chiffre faux, et un navire pouvait se perdre en mer. Un jour de 1821, je vérifiais ces tables avec un ami, et je trouvais erreur sur erreur. J'ai soupiré : « Ah, si seulement une machine pouvait faire ça à notre place ! » Cette phrase a changé ma vie entière.

Une machine ne se trompe jamais de fatigue, elle.

Et comment une machine peut faire des calculs toute seule, sans se tromper ?

Viens voir de plus près. Tu vois ces roues dentées en laiton ? Chacune porte des chiffres, de zéro à neuf. Quand une roue fait un tour complet, elle pousse sa voisine d'un cran — exactement comme tu retiens un chiffre quand tu poses une addition. J'appelais cela la Machine à différences. Le secret, c'est qu'elle n'a besoin que d'additions, encore et encore, pour fabriquer des tables entières. Entre 1821 et 1832, j'en ai construit un morceau, deux mille pièces emboîtées. Le soir, dans mon salon, je le faisais tourner devant mes invités émerveillés. Une machine qui calcule sans jamais bâiller : à mon époque, c'était de la magie devenue métal.

Vous vous êtes arrêté à cette machine, ou vous en avez rêvé une plus grande ?

Oh, je n'ai jamais su m'arrêter ! Dès 1833, une idée bien plus folle m'a saisi. Et si une seule machine pouvait faire n'importe quel calcul, comme on le lui demande ? Je l'ai appelée la Machine analytique. Imagine deux parties : un endroit où les nombres attendent sagement, que je nommais le store, c'est-à-dire le magasin, la mémoire. Et un autre où ils se rencontrent pour se multiplier ou s'additionner, que j'appelais le mill, le moulin. Le magasin garde, le moulin travaille. J'avais écrit au duc de Wellington que ma machine pourrait calculer n'importe quelle formule. Personne avant moi n'avait osé ce rêve.

Le magasin garde les nombres, le moulin les fait travailler.

Mais comment on dit à la machine quel calcul faire ? Vous lui parliez ?

Ha ! Si seulement elle avait des oreilles. Non, mon idée m'est venue d'un endroit surprenant : les ateliers de tisserands. À mon époque, il existait des métiers à tisser inventés par un Français, Jacquard. Pour dessiner des fleurs dans le tissu, on glissait dans la machine des cartons percés de petits trous. Là où il y a un trou, le fil passe ; là où il n'y en a pas, il s'arrête. J'ai pensé : pourquoi ne pas percer des cartes perforées pour commander mes calculs ? Le tissu fabrique des fleurs ; ma machine, elle, fabriquerait des nombres. C'était la première fois qu'on pouvait programmer une mécanique.

Vous travailliez tout seul, ou quelqu'un vous aidait à imaginer tout ça ?

Une personne m'a compris mieux que tous les savants de Londres, et c'était une jeune femme. Elle s'appelait Ada Lovelace, et son père était un poète très célèbre, Lord Byron. Mais elle, ce qu'elle aimait, c'étaient les nombres. En 1843, elle a rédigé des notes sur ma Machine analytique, si profondes que j'en restais bouche bée. Elle avait compris que la machine ne calculerait pas seulement : elle pourrait peut-être un jour composer de la musique, comme le métier tisse ses fleurs. Je la surnommais tendrement « l'Enchanteresse des nombres ». Elle voyait plus loin que ma propre machine.

Elle voyait dans ma machine bien plus loin que moi.
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Charles Babbage title QS:P1476,en:"Charles Babbage "label QS:Len,"Charles Babbage "Wikimedia Commons, Public domain — Samuel Laurence

Pourquoi vous l'appeliez « l'Enchanteresse des nombres » ? C'est joli comme nom.

Parce que c'était vrai, mon enfant ! Quand Ada écrivait sur ma machine, c'était comme si les chiffres dansaient sous sa plume. Elle a imaginé une suite d'opérations que la machine pourrait suivre toute seule, pas à pas. Aujourd'hui, des gens disent que c'était le tout premier programme de l'histoire — la première recette qu'on aurait donnée à une machine pensante. À mon époque, beaucoup d'hommes ne croyaient pas qu'une femme puisse faire des mathématiques. Quelle sottise ! Ada me prouvait le contraire à chaque lettre. Une enchanteresse, oui, parce qu'elle changeait des colonnes de chiffres ennuyeux en pur émerveillement.

C'est vrai que vous détestiez les musiciens qui jouaient dans la rue ?

Ah, tu as entendu cette histoire ! Oui, je l'avoue, et j'en rougis un peu. À mon époque, des hommes promenaient dans les rues de Londres une boîte à musique qu'on appelait un orgue de Barbarie. On tournait une manivelle, et il en sortait un air toujours pareil, criard, sous mes fenêtres. Moi, j'essayais de réfléchir à mes machines, et ce vacarme me rendait fou ! J'ai compté que ce bruit m'avait volé un quart de ma vie de travail. Alors, en 1864, j'ai bataillé pour faire voter une loi contre eux. Les journaux se sont moqués de moi, on m'a même menacé. Mais le silence, vois-tu, c'est le pain du savant.

Le silence, vois-tu, c'est le pain du savant.
Charles Babbage, FRS (1792-1871) title QS:P1476,en:"Charles Babbage, FRS (1792-1871) "label QS:Len,"Charles Babbage, FRS (1792-1871) "
Charles Babbage, FRS (1792-1871) title QS:P1476,en:"Charles Babbage, FRS (1792-1871) "label QS:Len,"Charles Babbage, FRS (1792-1871) "Wikimedia Commons, Public domain — anonymous

Vous aviez d'autres idées bizarres comme ça, qui faisaient rire les gens ?

Oh, j'avais l'esprit qui ne se reposait jamais ! Un jour, j'ai lu un poème d'un grand poète, Tennyson. Il écrivait qu'à chaque instant un homme meurt et un homme naît. Avec ma tête de calculateur, j'ai pris ma plume et je lui ai écrit. « Mon cher, lui ai-je dit poliment, si c'était exact, la population ne changerait jamais ! » Je lui ai suggéré d'écrire qu'à chaque instant naît un homme « et un seizième ». Bien sûr, je plaisantais à moitié. Mais tu vois, je ne pouvais m'empêcher de chercher l'erreur partout, même dans la poésie. C'était plus fort que moi.

Ça coûtait cher, toutes ces machines ? Qui payait pour vous ?

Très cher, hélas. Le gouvernement britannique m'a donné de l'argent public — près de 17 000 livres, une somme énorme pour l'époque, de quoi acheter plusieurs grandes maisons. Et j'y ai ajouté ma propre fortune. Des artisans travaillaient dans l'atelier de ma maison de Dorset Street, limant chaque roue à la perfection. Mais c'était lent, si lent. En 1842, les ministres ont perdu patience et m'ont coupé les vivres. Ma grande machine n'était toujours pas finie. Imagine donner dix ans de ta vie à un trésor, et qu'on te retire les outils juste avant la fin. J'avais le cœur lourd comme du plomb.

Et à la fin, vous avez réussi à voir une de vos machines marcher pour de vrai ?

Non, mon enfant, et c'est ma grande tristesse. Je suis mort en 1871 sans jamais voir une de mes grandes machines terminée. Pire : en 1862, lors d'une immense exposition à Londres, on a refusé de montrer ma Machine analytique au public, la jugeant trop compliquée. Cela m'a profondément blessé. Mais écoute bien la suite, car elle est belle. Plus de cent ans après ma mort, en 1991, des savants du Science Museum de Londres ont suivi mes plans sur papier vélin. Ils ont construit ma Machine à différences n°2. Et elle a fonctionné, parfaitement ! Mes rêves ont juste eu besoin de patienter.

Mes rêves n'étaient pas faux, ils étaient seulement en avance.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Charles Babbage. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.