Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Charles de Gaulle

par Charactorium · Charles de Gaulle (1890 — 1970) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Automne 1969. À La Boisserie, dans le silence des prairies de Haute-Marne, un homme de soixante-dix-neuf ans vient de quitter le pouvoir pour la dernière fois. Le général Charles de Gaulle reçoit dans son bureau qui donne sur la campagne champenoise, le pas lent, le regard encore tranchant. Il accepte, ce jour-là, de revenir sur une vie où il aura constamment confondu sa destinée avec celle de la France.

Vous souvenez-vous de ce moment précis, devant le micro de Londres, le 18 juin 1940 ?

Londres, 18 juin 1940. On m'a conduit dans un studio étroit de la BBC, un micro de métal devant moi, et de l'autre côté de la Manche une armée en déroute. Je n'avais ni gouvernement, ni troupe, ni mandat — rien qu'une voix et une certaine idée de ce que la France devait demeurer. J'ai dit ce que je croyais vrai : « La France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. » Très peu de Français m'ont entendu ce soir-là, je le savais déjà. Mais une parole juste n'a pas besoin d'auditoire immédiat : elle attend son heure. Dès le lendemain, les journaux la reprenaient. Et ce micro, ce pauvre objet, devint le premier sol libre de la patrie.

Une parole juste n'a pas besoin d'auditoire immédiat : elle attend son heure.

Pourquoi avoir choisi la croix de Lorraine comme emblème de la France libre ?

Quand on lève une armée sans pays, il faut un signe sous lequel les hommes se reconnaissent. L'ennemi avait sa croix gammée, cette croix tordue, retournée contre l'esprit. J'ai voulu lui opposer la croix de Lorraine, celle de Jeanne, droite et claire. C'était affirmer en une image que la vraie France n'était pas à Vichy, courbée sous l'armistice, mais partout où des Français refusaient la défaite. Mon képi sur la tête, cette croix sur nos drapeaux : voilà tout ce que la France libre possédait au départ, et c'était déjà beaucoup. Un peuple vaincu n'a parfois plus que des symboles ; encore faut-il qu'ils soient assez nobles pour qu'on accepte de mourir pour eux. La grandeur commence toujours par un emblème qu'on refuse d'abaisser.

Comment avez-vous vécu le fait que vos idées sur les blindés aient été ignorées en France et étudiées en Allemagne ?

Dès 1934, dans Vers l'armée de métier, j'ai écrit qu'une guerre moderne se gagnerait par le mouvement : des divisions blindées, autonomes, frappant en profondeur, et non cette ligne de béton où l'on attendait l'ennemi comme on attend l'orage. L'état-major m'a écouté poliment, puis a rangé l'ouvrage dans un tiroir. À Berlin, on l'a lu tout autrement — Guderian et les siens y ont trouvé ce que nos propres généraux dédaignaient. En mai 1940, j'ai vu mes idées revenir contre nous, sous le casque allemand, à travers nos campagnes éventrées. Avoir raison trop tôt est une forme de solitude. On vous traite de théoricien aussi longtemps que les faits ne vous ont pas donné raison dans le sang.

Avoir raison trop tôt est une forme de solitude.

Que diriez-vous de ce qui forge un véritable chef, ce thème qui traverse Le Fil de l'épée ?

Avant d'écrire sur la guerre, j'avais appris ce qu'est un chef dans la pire des écoles : la captivité. Blessé à Verdun, laissé pour mort, fait prisonnier, j'ai tenté de m'évader cinq fois, jusqu'à cette forteresse d'Ingolstadt où l'on enfermait les irréductibles. Là, j'ai compris qu'un homme se définit moins par ce qu'il subit que par ce qu'il refuse. Le Fil de l'épée, en 1932, est né de cette conviction : le chef se reconnaît au caractère, au sang-froid, à cette part de mystère qu'il garde pour lui seul. On ne commande pas en expliquant tout ; on commande en décidant quand les autres hésitent. Le prestige est une distance, et cette distance se cultive comme un jardin secret.

À Bayeux, en 1946, vous avez prononcé un discours resté fondateur. Que cherchiez-vous à dire ?

16 juin 1946, à Bayeux, première ville libérée que j'avais retrouvée deux ans plus tôt. J'y suis revenu non pour célébrer, mais pour avertir. J'ai rappelé que sur le sol des ancêtres « réapparut l'État ; l'État légitime, parce qu'il reposait sur l'intérêt et le sentiment de la nation ». La IVe République s'apprêtait à reconstituer le régime des partis, cette effervescence perpétuelle où les gouvernements tombent comme feuilles d'automne. J'ai prévenu qu'il fallait un arbitre au-dessus des factions, un chef de l'État garant de la continuité. On ne m'a guère suivi. Il a fallu douze ans et une crise pour qu'on relise enfin ce discours et qu'on y découvre, déjà tracé, le plan de ce que je bâtirais.

Sculpture Charles de Gaulle in Dinant
Sculpture Charles de Gaulle in DinantWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Zeitblick

En 1958, vous fondez la Ve République. Pourquoi tenir tant à ce président élu par le peuple ?

En 1958, rappelé par la crise algérienne, j'ai enfin pu donner à la France les institutions qu'elle attendait depuis Bayeux. Avec Michel Debré, nous avons rédigé une constitution où l'exécutif cesse d'être l'otage des assemblées : un président garant des institutions, capable de trancher. Mais je voulais davantage — que ce président tînt sa légitimité du peuple lui-même. En 1962, par référendum, j'ai fait instaurer son élection au suffrage universel direct. On a crié à la violation, au pouvoir personnel. Je répondais qu'un chef d'État doit pouvoir regarder la nation dans les yeux sans passer par l'écran des partis. Le référendum fut toujours mon recours : interroger directement le peuple, et m'incliner s'il disait non. Ce qu'il fit, un jour.

« Je vous ai compris » : cette phrase d'Alger vous a été beaucoup reprochée. Que vouliez-vous vraiment dire ?

4 juin 1958, à Alger, sur le forum noir de monde. J'ai levé les bras et lancé : « Je vous ai compris ! » La foule a cru que je lui promettais l'Algérie française pour l'éternité. Or je n'avais rien promis de tel — comprendre n'est pas approuver. Je voyais une guerre qui s'enlisait, une France épuisée, un monde où les empires s'effaçaient un à un. Il fallait sortir de l'impasse par l'autodétermination, laisser les peuples décider de leur sort. Cette phrase, qu'on m'a tant reprochée, n'était pas un mensonge : c'était l'art nécessaire du chef, qui doit conduire sans tout dévoiler. La fraternité que j'évoquais ce jour-là, l'Histoire l'a traduite, quatre ans plus tard, en séparation.

31 - Toulouse - Square Charles-de-Gaulle - Statue de Claude Nougaro - Sébastien Langloÿs
31 - Toulouse - Square Charles-de-Gaulle - Statue de Claude Nougaro - Sébastien LangloÿsWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Didier Descouens

Vous avez échappé à l'attentat du Petit-Clamart en 1962. Comment avez-vous traversé ce danger ?

22 août 1962, au Petit-Clamart. Ma Citroën DS roulait dans le crépuscule quand les balles de l'OAS l'ont criblée — pare-brise étoilé, pneus crevés, et nous filant malgré tout. Yvonne, ma femme, était à mes côtés. On rapporte que j'ai lâché, en époussetant mon costume : « Ces gens-là tirent comme des cochons. » De la bravade, peut-être ; mais je n'allais pas offrir à ces fanatiques le spectacle de ma peur. Ils m'en voulaient d'avoir consenti à l'indépendance algérienne ; ils s'imaginaient qu'en m'abattant ils arrêteraient le cours des choses. On n'arrête pas l'Histoire avec un fusil dans un fourré. J'avais traversé deux guerres et cinq évasions : ce n'est pas une embuscade de banlieue qui m'aurait fait reculer.

On n'arrête pas l'Histoire avec un fusil dans un fourré.

Pourquoi avoir doté la France de l'arme nucléaire, malgré le coût et les critiques ?

1960, dans le désert de Reggane, la France fit exploser sa première bombe atomique, devenant la quatrième puissance nucléaire du monde. Beaucoup ont jugé cela ruineux, orgueilleux. Mais comprenez : dans un monde partagé entre Washington et Moscou, un pays sans force de dissuasion n'est qu'un protégé, et un protégé n'est jamais tout à fait libre. Je ne voulais pas que la survie de la France dépendît du bon vouloir d'un président étranger, si ami fût-il. Notre bombe était modeste à côté des leurs, mais elle suffisait à prévenir : qui nous frappera paiera un prix qu'il ne voudra pas payer. L'indépendance ne se mendie pas, elle se fonde — fût-ce dans le sable et le feu.

En vous retirant à Colombey, quelle idée de la France emportez-vous ?

En 1966, j'ai retiré la France du commandement intégré de l'OTAN. Non par hostilité envers nos alliés, mais parce qu'une grande nation ne place pas son épée sous une main étrangère. C'était ma troisième voie : ni vassale de l'Amérique, ni soumise à l'URSS, la France parlant en son propre nom. On a baptisé cela gaullisme, comme s'il s'agissait d'une doctrine ; ce n'était qu'une fidélité. Car « toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ». Je l'imagine telle la princesse des contes, vouée à un destin éminent. Une France qui se contenterait d'être moyenne trahirait son génie. À Colombey, le soir venu, je relis l'Histoire et me dis qu'un pays n'existe vraiment que par l'idée qu'il se fait de lui-même.

Une France qui se contenterait d'être moyenne trahirait son génie.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Charles de Gaulle. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.