Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Charlotte Brontë

par Charactorium · Charlotte Brontë (1816 — 1855) · Lettres · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de douze ans poussent la porte d'un vieux presbytère de pierre, en haut des landes du Yorkshire. Une petite femme discrète, vêtue de sombre, les accueille près du feu. Elle s'appelle Charlotte Brontë, et elle a accepté de tout leur raconter.

C'est vrai que vous avez signé vos livres avec un nom de garçon ?

Oui, mon enfant, et je vais te dire pourquoi. En 1846, avec mes sœurs Emily et Anne, nous avons publié un recueil de poèmes. Mais nous l'avons signé Currer, Ellis et Acton Bell — trois prénoms de garçons. Un pseudonyme, c'est un faux nom qu'on prend pour se cacher. Imagine : à mon époque, dès qu'on lisait le livre d'une femme, on souriait avec mépris avant même la première page. Nous voulions être jugées sur nos mots, pas sur nos jupes. Alors Charlotte est devenue Currer. Et tu sais quoi ? Ça a marché.

Nous voulions être jugées sur nos mots, pas sur nos jupes.

Et personne n'a jamais découvert que c'était vous ?

Si, un jour. En 1849, je suis allée à Londres voir mon éditeur, George Smith. Il croyait recevoir un grand monsieur mystérieux nommé Currer Bell. Et là, devant lui, une petite femme timide du fond du Yorkshire ! Tu aurais vu sa tête. J'ai même écrit à un critique, monsieur Lewes, pour lui dire une chose : tant qu'on me prendrait pour un homme, on serait plus juste envers mon travail. C'est triste, n'est-ce pas ? Mais c'était la vérité de mon temps. Cacher mon nom, c'était la seule façon d'exister vraiment.

Cacher mon nom, c'était la seule façon d'exister vraiment.

C'était quoi votre métier avant d'écrire des romans ?

J'étais gouvernante, mon enfant. Une gouvernante, c'est une femme qu'une famille riche engage pour instruire ses enfants à la maison. Ça semble joli dit comme ça… mais c'était humiliant. Entre 1839 et 1841, je vivais chez des gens fortunés, ni servante ni invitée — juste une ombre qu'on payait. On me parlait à peine. Imagine que tu manges à une table où personne ne te regarde dans les yeux. Cette tristesse-là, je ne l'ai pas jetée : je l'ai mise dans un livre. Mon héroïne Jane serait, elle aussi, une petite gouvernante pauvre. Mais fière.

Cette tristesse-là, je ne l'ai pas jetée : je l'ai mise dans un livre.

Votre livre Jane Eyre, il parle de quoi exactement ?

Jane Eyre, publié en 1847, c'est l'histoire d'une orpheline pauvre qui refuse qu'on la commande. Dans ma préface, elle dit une phrase que j'aime tant : « I am no bird; and no net ensnares me » — je ne suis pas un oiseau, aucun filet ne m'attrape. Tu comprends ? Elle veut rester libre, même sans argent, même seule. Mon éditeur a lu mon manuscrit d'une seule traite, en un jour, sans pouvoir s'arrêter ! Six semaines plus tard, le livre était partout. Pour une fois, une fille pauvre prenait la parole. Et le monde écoutait.

Je ne suis pas un oiseau, aucun filet ne m'attrape.

Ça sentait quoi, ça faisait quoi, votre maison où vous écriviez ?

Notre presbytère de Haworth était une maison de pierre, toujours froide, malgré les cheminées. Et tu sais ce qu'il y avait juste derrière le mur ? Le cimetière. Oui, mon enfant, nous vivions face aux tombes. Le matin, je descendais allumer le feu avant tout le monde. Le soir, c'était le plus beau moment : mes sœurs et moi nous lisions à voix haute ce que chacune avait écrit dans la journée. On se critiquait, on riait, on recommençait. Imagine trois filles autour d'une bougie, chacune avec son histoire. C'était notre petit atelier secret.

Nous vivions face aux tombes, et pourtant nous écrivions la vie.
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The Brontë Sisters (Anne Brontë; Emily Brontë; Charlotte Brontë) title QS:P1476,en:"The Brontë Sisters (Anne Brontë; Emily Brontë; Charlotte Brontë) "label QS:Len,"The Brontë Sisters (Anne Brontë; EmWikimedia Commons, Public domain — Branwell Brontë

Vous étiez triste de perdre vos frère et sœurs si vite ?

Triste n'est pas assez fort, mon enfant. En moins d'un an, j'ai perdu mon frère Branwell, puis Emily, puis Anne. 1848, 1849 — coup après coup. À mon éditeur, j'ai écrit que les détails de la maladie d'Emily étaient gravés au fer dans ma mémoire, mais que je ne pouvais pas en parler. Sur six enfants, je suis restée seule. Alors j'ai fait la seule chose qui me tenait debout : j'ai continué d'écrire. Mon roman Shirley, je l'ai dédié à mes sœurs disparues. Écrire, c'était ma façon de ne pas tomber.

J'ai fait la seule chose qui me tenait debout : continuer d'écrire.

Vous êtes allée loin de chez vous une fois, non ? C'était où ?

Oui ! En 1842, je suis partie à Bruxelles avec Emily, étudier le français dans une pension — la pension Héger. Une pension, c'est une école où l'on dort et où l'on mange sur place. Pour une fille du Yorkshire qui n'avait presque rien vu, c'était immense. J'y ai appris le français, l'allemand… et autre chose aussi. Je me suis attachée à mon professeur, monsieur Héger. Un attachement impossible, car il était marié. Cette douleur silencieuse, je l'ai gardée des années. Voyager, ce n'est pas seulement voir des villes : c'est revenir changé.

Voyager, ce n'est pas seulement voir des villes : c'est revenir changé.
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The Brontë Sisters (Anne Brontë; Emily Brontë; Charlotte Brontë) title QS:P1476,en:"The Brontë Sisters (Anne Brontë; Emily Brontë; Charlotte Brontë) "label QS:Len,"The Brontë Sisters (Anne Brontë; EmWikimedia Commons, Public domain — Branwell Brontë

Et cet amour caché, qu'est-ce que vous en avez fait ?

Je l'ai transformé en livres, mon enfant. Quand un chagrin ne peut pas sortir par la bouche, il sort par la plume. De ce séjour à Bruxelles sont nés deux romans : Le Professeur et surtout Villette, en 1853. Dans Villette, j'ai écrit sur la solitude — cette folie douce qui te gagne quand tu es enfermé seul avec toi-même. Beaucoup disent que c'est mon plus beau livre. C'est parce qu'il est le plus vrai. Tu vois, les écrivains ne mentent jamais autant que quand ils inventent : au fond, ils racontent toujours ce qu'ils ont vécu.

Quand un chagrin ne peut pas sortir par la bouche, il sort par la plume.

C'est quoi le luddisme dont vous parlez dans Shirley ?

Ah, bonne question ! Dans Shirley, publié en 1849, je raconte une vraie révolte. Le luddisme, c'était la colère des ouvriers du textile au début du siècle. Les patrons installaient des machines qui faisaient leur travail plus vite — et eux perdaient leur pain. Alors, par désespoir, ils cassaient ces machines. Imagine des hommes affamés qui voient une grosse mécanique remplacer leurs deux mains. Ça, c'était la révolution industrielle, ce grand bouleversement où les usines changeaient tout. Moi, je vivais dans le Yorkshire, en plein dedans. Je n'ai pas inventé cette misère : je l'ai regardée.

Je n'ai pas inventé cette misère : je l'ai regardée.

Pourquoi parler des femmes pauvres dans un livre sur les usines ?

Parce que tout est lié, mon enfant. Dans Shirley, à côté des ouvriers en colère, j'ai mis des femmes sans argent. À mon époque, une fille sans mari et sans fortune n'avait presque aucun droit : elle ne pouvait pas voter, à peine travailler dignement. La condition féminine victorienne, on appelait ça. Imagine qu'on te dise que ton seul avenir, c'est de te marier ou de disparaître. Les machines broyaient les ouvriers ; les lois broyaient les femmes. Moi, j'ai voulu montrer les deux dans le même livre. Car une injustice ne marche jamais toute seule.

Une injustice ne marche jamais toute seule.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Charlotte Brontë. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.