Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Fanny Mendelssohn

par Charactorium · Fanny Mendelssohn (1805 — 1847) · Musique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un grand salon berlinois. Au fond, devant un piano, une dame les accueille en souriant. Elle s'appelle Fanny Mendelssohn, et elle a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'est vrai que votre papa vous trouvait plus douée que votre frère ?

Oui, mon enfant, c'est vrai, et c'est là toute ma tristesse. Mon père Abraham disait que j'étais la plus douée de nous deux. Et pourtant, en 1820, il m'a écrit une lettre. Il m'expliquait que la musique resterait pour moi un ornement, un joli bijou pour décorer ma vie. Tu comprends ? Un bijou, on le porte, mais on ne vit pas avec. Pour mon frère Felix, ce serait un métier, un vrai. Imagine qu'on te dise : tu joues mieux que ton frère, mais c'est lui qui ira à l'école. Voilà ce que c'était, naître fille à mon époque.

Pour moi un ornement, pour mon frère un métier.

Et ça vous faisait quoi, dans le cœur, d'entendre ça ?

Cela me serrait le cœur, je ne te mentirai pas. Mais je n'ai jamais cessé de composer. Le matin, très tôt, avant que la maison ne se réveille, je m'asseyais à mon piano. Je notais mes idées dans mes carnets, à la plume et à l'encre. Personne ne pouvait m'interdire ça : les notes qui naissaient dans ma tête. Tu vois, on peut t'empêcher de montrer ce que tu fais. Mais on ne peut pas t'empêcher de le faire en secret, pour toi. C'est devenu mon petit jardin caché, et j'y ai écrit plus de quatre cents morceaux.

On peut t'interdire de montrer, jamais de créer.

C'était comment, vos fameux concerts du dimanche dans la maison ?

Ah, les Sonntagsmusiken ! C'était la fête, mon enfant. Chaque dimanche, dans notre grande villa du Leipziger Straße, je recevais parfois deux cents invités. Imagine une immense salle, des chaises partout, des poètes, des musiciens venus de toute l'Europe. Et moi, au centre, debout devant mon pupitre, je dirigeais le chœur et l'orchestre. Une Sonntagsmusik, c'est un concert qu'on donne le dimanche dans son propre salon. À mon époque, une femme qui dirige des musiciens, c'était presque inimaginable. Mais là, chez moi, c'était mon royaume, et personne ne me le contestait.

Dans mon salon, j'étais reine d'un orchestre.

Vous avez vraiment dirigé toute seule, devant tout le monde ?

Oui ! Et je m'en souviens comme si c'était hier. En 1831, j'ai dirigé ma grande Cantate de Pâques — une cantate, c'est une œuvre pour des chanteurs et des instruments ensemble. Devant un public nombreux, j'ai levé les bras et tout l'ensemble m'a suivie. Le soir, j'ai écrit dans mon journal que je n'avais jamais ressenti pareille satisfaction. Imagine que tu réussisses quelque chose que tout le monde réservait aux garçons. Ce jour-là, j'ai su une chose, au plus profond de moi : j'étais compositrice, et personne ne pouvait me l'enlever.

Je suis compositrice, et personne ne peut me l'ôter.

On m'a dit que des chansons de votre frère étaient en fait de vous ?

C'est vrai, et c'est une drôle d'histoire. Quelques-uns de mes lieder — ce sont des mélodies pour une voix et un piano — ont été publiés sous le nom de mon frère Felix. Un jour, la reine Victoria d'Angleterre lui a dit qu'elle adorait l'un d'eux et voulait le chanter pour lui. Pauvre Felix ! Il a dû avouer, tout gêné, que ce morceau-là, ce n'était pas lui : c'était moi qui l'avais écrit. Tu imagines la scène ? La reine chante ma chanson, et tout le monde félicite mon frère. J'étais là, dans l'ombre, même quand on applaudissait mon talent.

La reine chantait ma musique au nom de mon frère.
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German: Mädchenbildnis (Fanny Mendelssohn?)Portrait of a Girl (Fanny Mendelssohn?)title QS:P1476,de:"Mädchenbildnis (Fanny Mendelssohn?)"label QS:Lde,"Mädchenbildnis (Fanny Mendelssohn?)"label QS:LeWikimedia Commons, Public domain — Carl Joseph Begas

Felix, il était méchant avec vous ou il vous aimait quand même ?

Oh, il m'aimait énormément, ne crois pas le contraire. Nous étions très proches, nous nous écrivions sans cesse. En 1842, il a même dit que j'étais une meilleure musicienne que lui, et qu'il apprenait encore de moi. Tu vois, ce n'était pas de la méchanceté. C'était la peur. À mon époque, on pensait qu'une femme qui se montrait en public faisait honte à sa famille. Felix avait peur pour moi. Imagine un grand frère qui t'aime tellement qu'il t'empêche de prendre des risques. Il croyait me protéger. Mais parfois, protéger quelqu'un, c'est aussi l'empêcher de voler.

Parfois protéger quelqu'un, c'est l'empêcher de voler.

Vous avez voyagé loin ? C'était comment, ailleurs ?

Oui, mon plus beau voyage ! De 1839 à 1840, je suis partie à Rome, en Italie, avec mon mari peintre, Wilhelm. Là-bas, tout était lumière et beauté. Le soleil, les vieilles pierres, les saisons qui passaient sous mes yeux. Je tenais un carnet où je mêlais mes notes de musique et mes impressions du voyage. Imagine un cahier où, sur une page, tu dessines un paysage, et sur l'autre, tu écris une mélodie. Ce voyage m'a tellement inspirée que j'en ai tiré un grand cycle pour piano. C'est là que mon cœur d'artiste s'est senti le plus libre.

À Rome, mon cœur d'artiste s'est enfin senti libre.

C'est quoi ce cycle Das Jahr dont tout le monde parle ?

Das Jahr, en allemand, ça veut dire L'Année. C'est mon chef-d'œuvre, douze pièces pour piano, une pour chaque mois de l'année. Chaque morceau raconte une saison, comme un petit tableau en musique. Tu entends presque la neige de janvier, puis les fleurs du printemps. Je l'ai composé après mon séjour à Rome, en 1841, le cœur encore plein de soleil italien. Mais sais-tu le plus triste ? Ce trésor est resté caché dans des tiroirs très longtemps. Ce n'est que vers les années 1980 qu'on l'a redécouvert et enfin joué pour le monde.

Douze morceaux pour douze mois : une année en musique.
Fanny Mendelssohn-Mendelssohnhaus-Leipzig
Fanny Mendelssohn-Mendelssohnhaus-LeipzigWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Yair Haklai

Vous aviez quel âge quand vous avez enfin publié sous votre nom ?

J'avais quarante ans, mon enfant. Quarante ans ! C'était en 1846. Toute ma vie, j'avais attendu ce moment. J'ai publié un recueil de lieder, mon Opus 1, signé de mon nom de femme mariée : Fanny Hensel. Mon frère Felix n'était pas d'accord au début, il avait peur pour moi. Mais cette fois, j'ai osé. J'ai écrit à Felix que j'étais heureuse d'avoir enfin osé. Imagine que tu gardes un secret merveilleux pendant des années, et qu'un matin, tu décides de le montrer à tous. Ce jour-là, j'ai cessé d'être dans l'ombre.

À quarante ans, j'ai enfin osé signer mon nom.

Et après, ça s'est bien passé ? Les gens ont aimé ?

Oui ! Les critiques ont été bienveillants, et cela m'a réchauffé le cœur. J'ai senti que j'avais fait quelque chose de juste pour moi-même. Mais le destin a été cruel, mon enfant. Moins d'un an plus tard, en 1847, alors que je répétais de la musique, j'ai été foudroyée par une attaque. Je suis partie d'un coup. Mon frère Felix, brisé de chagrin, m'a suivie six mois après. Tu vois, je n'ai goûté à ma liberté qu'une seule année. Mais je n'ai aucun regret : cette année-là, j'ai vécu pleinement qui j'étais.

Une seule année de liberté, mais vécue pleinement.

Si on pense à vous aujourd'hui, qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne ?

J'aimerais que tu retiennes ceci, mon enfant. Pendant longtemps, mes partitions ont dormi dans les archives familiales, oubliées de tous. Puis, vers les années 1980, des musiciens les ont rouvertes, jouées, enregistrées. Mes plus de quatre cents œuvres ont enfin trouvé des oreilles pour les écouter. Alors si tu as un talent, un rêve, ne le cache pas par peur. Ne laisse personne te dire que c'est seulement un ornement. Travaille-le, défends-le. Car un jour, peut-être bien après toi, quelqu'un ouvrira un tiroir et découvrira la beauté que tu auras laissée derrière toi.

Ne laisse jamais personne réduire ton talent à un ornement.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Fanny Mendelssohn. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.