Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jason

par Charactorium · Jason · Mythologie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Sur une plage de Thessalie, à l'ombre d'une carcasse de navire que le sel a blanchie, un homme vieillissant accepte de parler. Il fut le plus illustre des capitaines, celui qui ramena la Toison d'or et l'amour fatal de Médée. Rencontre avec Jason, chef des Argonautes, à l'heure où la gloire se fait souvenir.

Comment se sont passées vos premières années, loin du palais de votre père ?

Je n'ai pas connu le berceau douillet d'un fils de roi. Quand mon oncle Pélias s'empara du trône de mon père Aeson, on me confia, nourrisson, aux mains d'une créature mi-homme mi-cheval : le centaure Chiron, dans sa grotte du mont Pélion. C'est là que j'ai grandi, à l'écart des hommes, parmi les chênes et le souffle froid des hauteurs. Chiron m'a enseigné l'art de tendre l'arc, de panser une plaie, de lire dans le vol des oiseaux la volonté des dieux. Un enfant élevé par un être de la forêt apprend autrement : on m'a fait guerrier et l'on m'a fait sage, dans le même geste. Je crois que tout héros doit d'abord être un exilé — car celui qui n'a rien à reconquérir ne part jamais.

Tout héros doit d'abord être un exilé — celui qui n'a rien à reconquérir ne part jamais.

Que s'est-il passé lorsque vous êtes redescendu réclamer ce qui vous revenait ?

Je suis revenu à Iolcos un pied nu — j'avais perdu une sandale en portant une vieille femme à travers un torrent, et cette femme était une déesse déguisée. Pélias me reconnut à cela : un oracle l'avait averti de se méfier de l'homme à la sandale unique. Il ne pouvait me tuer devant le peuple, alors il m'enferma dans un piège plus habile : il m'ordonna de rapporter la Toison d'or de Colchide, et de gagner ainsi le trône. Il croyait m'envoyer à une mort certaine. Mais on ne refuse pas une épreuve quand on a été élevé pour la traverser. J'ai accepté, et j'ai su, ce jour-là, que le chemin du retour serait bien plus long que celui de l'aller.

Comment avez-vous réuni un tel équipage pour une entreprise jugée impossible ?

Aucun homme seul ne ramène la Toison. Il fallait un navire dont nul n'avait vu le pareil, et Argos le bâtit — de là le nom de l'Argo, et le nôtre, Argonautes. Puis j'ai lancé l'appel à travers la Grèce, et ils sont venus : Héraclès aux mains qui brisent, Orphée dont la lyre apaise les flots, les Dioscures jumeaux. Cinquante héros, chacun roi ou fils de dieu dans son coin de terre, et il fallait qu'aucun ne se crût au-dessus des autres. Commander de tels hommes n'est pas leur donner des ordres : c'est leur rappeler, à chaque aube, pourquoi ils ont quitté leur foyer. Je tenais la barre d'une élite que la Grèce ne reverrait jamais rassemblée sur une même coque.

Quels périls de ce voyage hantent encore votre mémoire ?

Les Symplégades — deux roches vivantes qui se refermaient sur tout ce qui passait entre elles. Nous avons lâché une colombe d'abord ; elle franchit l'écueil et n'y perdit qu'une plume de la queue. Alors nous avons ramé comme des damnés, et l'Argo ne laissa derrière lui qu'un éclat de poupe. Avant cela, il y eut les Harpies, ces créatures qui souillaient la table d'un vieux roi aveugle. Et l'escale de Lemnos, cette île où ne régnaient que des femmes — nous y avons oublié la mer plus longtemps qu'il n'était sage. Chaque rivage éprouvait autre chose : la force, la ruse, la patience, et parfois le seul courage de repartir quand on était bien.

En Colchide, le roi Aeetes vous imposa des travaux que l'on dit insurmontables. Lesquels ?

Aeetes ne voulait pas céder la Toison ; il me la promit au prix de l'impossible. Il fallait d'abord atteler deux taureaux aux sabots de bronze et au souffle de feu, puis labourer avec eux un champ entier. Et dans ce sillon, semer non pas du grain, mais des dents de dragon — et de chaque dent jaillissait un homme armé, surgi de la terre pour me tuer. Un mortel seul y aurait laissé la vie dix fois. J'ai dompté les taureaux, j'ai retourné le champ sous leur haleine brûlante, et quand l'armée née de la terre se dressa, je jetai une pierre au milieu d'eux pour qu'ils s'entre-tuent. La Toison d'or m'attendait au bout de ce champ de sang.

Statue at Burghley House
Statue at Burghley HouseWikimedia Commons, CC BY 2.0 — Jason Ballard

Que représentait au juste cette Toison d'or, pour qu'on risque tant de vies pour elle ?

Ce n'était pas qu'une peau de bête. La Toison d'or était la dépouille du bélier Chrysomallos, l'animal ailé qui avait jadis porté des enfants à travers le ciel pour les sauver. On la gardait dans un bois sacré, suspendue à un chêne, et un dragon qui ne dort jamais l'enserrait de ses anneaux. La posséder, ce n'était pas s'enrichir : c'était tenir entre ses mains le signe que les dieux reconnaissent un roi. Voilà pourquoi Pélias me l'avait demandée — il savait qu'aucune couronne ne tient vraiment sans elle. Quand je l'ai enfin décrochée du chêne, lourde et tiède comme un soleil couché, j'ai compris ce que je rapportais.

Quand je l'ai décrochée du chêne, j'ai compris que je ne rapportais pas un trésor, mais un droit.

Comment avez-vous obtenu l'aide de Médée, la fille du roi qui vous voulait mort ?

Je ne l'ai pas obtenue : elle me l'a donnée, et c'est tout autre chose. Médée, fille d'Aeetes, magicienne formée aux herbes et aux paroles qui plient le monde, m'a vu et a aimé — les dieux, dit-on, avaient guidé cette flèche. Sans elle, les taureaux de feu m'auraient réduit en cendres : c'est son onguent qui rendit ma peau insensible à la flamme. Elle a trahi son père, quitté sa Colchide, abandonné tout ce qui faisait d'elle une princesse, pour monter à bord de l'Argo à mes côtés. Je le savais déjà, l'immense dette que je contractais là. On n'achète pas une telle alliance ; on la porte, comme un fardeau qui s'alourdit avec les années.

The new situation of bubbles-fish statue
The new situation of bubbles-fish statueWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Jason M. C., Han

On dit que cette alliance, scellée par le mariage, vira au malheur. Qu'en reste-t-il dans votre bouche ?

Notre mariage devait sceller la victoire ; il scella aussi notre perte. Médée m'avait tout sacrifié, et le jour où le destin nous sépara, ses mots me tombèrent dessus comme une sentence. Elle me les jeta au visage : « moi qui ai tout quitté pour toi, Jason ! J'ai trahi mon père et ma patrie pour t'aider à conquérir la Toison d'or, et voilà comment tu me récompenses ! » Que répondre à cela ? Elle disait vrai. J'avais bâti ma gloire sur sa trahison à elle, et l'on ne fonde pas une maison durable sur un foyer qu'un autre a quitté en flammes. Dans toute cette histoire, c'est elle qui a payé le prix de mes serments.

Une fois la Toison rapportée à Iolcos, avez-vous enfin régné comme vous l'espériez ?

J'ai posé la Toison d'or devant Pélias comme on jette une preuve au visage d'un menteur. J'avais traversé la mer Noire, franchi les roches mouvantes, dompté le feu — et je rapportais le gage que les dieux m'avaient choisi. Mais un trône ne se reprend pas comme on décroche une toison à un chêne. La couronne que je croyais tenir m'a glissé des mains ; les ruses qui suivirent, celles de Médée surtout, firent couler un sang qui nous chassa de Thessalie. Je l'ai appris trop tard : on peut gagner la chose et perdre le droit de la garder. Le héros qui revient n'est jamais reçu comme il l'avait rêvé au départ — car le pays, lui aussi, a changé pendant son absence.

On raconte une fin étrange pour un si grand héros. Comment la tradition la dit-elle ?

L'Argo, mon navire, celui qui m'avait porté au bout du monde et ramené vivant — c'est lui qui m'aurait pris. Vieilli, oublié des héros que j'avais menés, je m'étais assis à son ombre, sur le rivage, là où sa coque pourrissait, tirée au sec. Une poutre se détacha de la poupe et me tomba dessus. Voilà comment la tradition veut que je meure : écrasé par le bois même de ma gloire. Il y a là une vérité que les dieux aiment : l'instrument de ta grandeur devient le poids qui te brise. Le navire qui avait franchi les Symplégades sans se laisser broyer m'a broyé, moi, quand il n'était plus que ruine. Une fin qui sied à un homme qui n'a jamais su s'arrêter à temps.

L'instrument de ta grandeur devient, à la fin, le poids qui te brise.
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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jason. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.