Interview imaginaire

Les enfants interrogent Jessye Norman

par Charactorium · Jessye Norman (1945 — 2019) · Musique · Spectacle · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Jessye Norman
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Kingkongphoto & www.celebrity-photos.com from Laurel Maryland, USA

Ce matin-là, deux élèves de cinquième poussent la porte d'une grande salle de concert vide. Sur scène, une dame à la voix chaude les attend, assise près d'un piano. Elle sourit : personne ne lui avait posé de questions depuis longtemps.

Vous aviez quel âge quand vous avez chanté pour la première fois ?

Tu sais, mon enfant, j'avais quatre ans. Quatre ans ! Je chantais déjà à l'église baptiste de ma ville, Augusta, en Géorgie. Imagine une petite fille debout sur un banc de bois, entourée de voix d'adultes qui montent jusqu'au plafond. Chez nous, on ne chantait pas seulement le dimanche. On chantait pour se dire bonjour, pour cuisiner, pour se consoler. Toute ma famille chantait, du matin au soir. Ce n'était pas une chose qu'on faisait : c'était une chose qu'on était. Ma voix est née là, dans cette chaleur-là, bien avant les grands théâtres du monde.

Chanter, chez nous, ce n'était pas une chose qu'on faisait : c'était une chose qu'on était.

C'était comment, grandir là-bas, quand on était noir à cette époque ?

C'était dur, je ne vais pas te mentir. Je suis née en 1945 dans le Sud des États-Unis. À mon époque, il existait une chose terrible qu'on appelait la ségrégation. Ça veut dire qu'on séparait les gens selon leur couleur de peau. Les enfants blancs et les enfants noirs n'allaient pas dans les mêmes écoles. On ne pouvait pas s'asseoir ensemble dans le bus. Imagine qu'on te dise : ta place n'est pas ici, seulement là-bas, tout au fond. Mais dans ma famille, on m'a appris une chose : redresse-toi et chante. Ta voix, elle, personne ne pourra jamais la mettre au fond du bus.

Ta voix, personne ne pourra jamais la mettre au fond du bus.

C'est vrai que votre voix était tellement forte qu'elle remplissait toute la salle ?

C'est vrai, oui ! Et sans aucun micro, imagine un peu. À mon époque, une chanteuse d'opéra devait remplir des salles immenses avec son seul corps. Moi, j'avais ce qu'on appelle une voix de soprano dramatique : la voix de femme la plus haute, mais avec une puissance qui pouvait passer par-dessus tout un orchestre. Et j'avais une chance rare : mon médium, le milieu de ma voix, était si riche que je pouvais chanter des rôles plus graves aussi. C'est comme si tu avais deux voix dans une seule gorge. Les gens m'appelaient la Grande Dame. Mais tu sais, une grande voix, ça se travaille chaque jour, sinon elle s'en va.

Vous chantiez seulement l'opéra, ou aussi d'autres musiques ?

Oh, bien plus que l'opéra ! Le grand compositeur allemand Wagner, oui, avec ses héroïnes qui chantent des heures — j'ai été Isolde, un des rôles les plus difficiles du monde. Puis les Lieder de Schubert : ce sont de petites mélodies allemandes, tendres, presque murmurées, très différentes des grands cris de l'opéra. Et puis, tout près de mon cœur, les spirituals. Ce sont les chants nés chez les esclaves noirs d'Amérique, des chants de foi et d'espoir de liberté. Je passais des rôles écrasants aux chansons de mon enfance. Pour moi, tout était la même musique : celle qui dit quelque chose de vrai sur les êtres humains.

Je passais des géants de Wagner aux chants de mon enfance : pour moi, c'était la même musique.

Et vos vrais débuts, ça s'est passé où ?

Loin de chez moi, mon enfant. En 1968, j'ai gagné un grand concours de chant à Munich, en Allemagne. Et l'année d'après, en 1969, j'ai fait mes débuts sur une vraie scène professionnelle, à Berlin. Je chantais un rôle de Wagner qu'on donnait presque toujours à des chanteuses européennes. Imagine la surprise : une jeune Américaine noise, venue d'une petite ville du Sud, qui arrive et chante cette musique-là comme si elle était née dedans. Les critiques ne s'y attendaient pas du tout. Le lendemain, tout le monde parlait de moi. C'est là que ma vie a basculé, très loin de l'église d'Augusta.

Jessye Norman (40362353533)
Jessye Norman (40362353533)Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — John Mathew Smith & www.celebrity-photos.com from Laurel Maryland, USA

Ça commençait comment, une journée normale pour vous ?

Tôt, et en silence d'abord ! Le matin, je réveillais ma voix tout doucement, avec des exercices, comme un sportif qui échauffe ses muscles avant de courir. Une voix, vois-tu, c'est fragile : il faut en prendre soin comme d'un trésor. Ensuite j'étudiais mes partitions — les grandes feuilles couvertes de notes — souvent avec un pianiste, au piano à queue. J'analysais chaque mot, en allemand, en français, en italien. Et attention à ce que je mangeais ! Pas de piment fort, pas d'alcool, rien qui irrite la gorge, surtout avant un concert. Beaucoup d'eau, toujours. Les gens ne voient que la robe et les lumières. Ils oublient le travail caché derrière.

Une voix, ça se soigne comme un trésor fragile.

Vous voyagiez beaucoup ? Vous habitiez où en vrai ?

Partout et nulle part, presque ! Ma vraie maison était à New York, mais je vivais dans mes valises. Berlin, Londres, Paris, et Bayreuth — cette petite ville d'Allemagne entièrement dédiée à la musique de Wagner. Je courais de répétition en représentation, d'un pays à l'autre. Mes carnets de voyage étaient pleins d'horaires et de villes. Alors, pour respirer, j'avais gardé une maison à la campagne, près de New York, entourée d'arbres. Là, loin du bruit et des applaudissements, je pouvais me reposer, recevoir mes amis, redevenir simplement moi-même. Une chanteuse, tu sais, ce n'est pas seulement une gorge : c'est aussi un cœur qui a besoin d'un endroit calme.

On a vu une photo de vous avec un immense drapeau français. C'était quoi ?

Ah, ce jour-là, je ne l'oublierai jamais ! C'était le 14 juillet 1989, à Paris, sur les Champs-Élysées. La France fêtait le bicentenaire de sa Révolution — c'est-à-dire ses deux cents ans, 1789-1989. On m'a demandé de chanter La Marseillaise, l'hymne français. Imagine : plus d'un million de personnes devant moi, dans la rue, et des centaines de millions qui regardaient depuis chez elles, partout dans le monde. Et moi, une chanteuse noire américaine, drapée dans un immense drapeau tricolore, chantant l'hymne d'un autre pays. C'était bien plus qu'une chanson. C'était dire que la musique n'a pas de frontières, ni de couleur.

La musique n'a ni frontières ni couleur.
Jessye Norman (40362353533) (cropped)
Jessye Norman (40362353533) (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — John Mathew Smith & www.celebrity-photos.com from Laurel Maryland, USA

Vous aviez peur, avec autant de monde qui vous regardait ?

Le cœur battait fort, oui, je te l'avoue ! Mais tu sais, quand on chante depuis l'âge de quatre ans, la peur devient une amie. Ce jour-là à Paris, il faisait chaud, il y avait une rumeur immense, comme la mer, monter de la foule. Et ce grand drapeau que je portais était lourd, il fallait tenir droit. Alors j'ai fait ce que ma famille m'avait toujours dit : redresse-toi et chante. J'ai respiré, j'ai regardé loin devant, et j'ai lancé les premières notes. À ce moment-là, la peur s'envole. Il ne reste que le chant, et tous ces gens qui écoutent ensemble, en silence. C'est un cadeau immense.

Après tout ça, qu'est-ce que vous vouliez faire pour les enfants ?

Leur ouvrir la porte que, moi, j'avais dû forcer. En 2003, dans ma ville natale d'Augusta, j'ai fondé une école des arts. Une vraie école de musique, de danse, de théâtre — et surtout, gratuite. Pourquoi gratuite ? Parce que je pensais à tous les enfants qui n'auraient jamais les moyens de payer. Quand j'étais petite, la ségrégation disait à ces enfants-là : ce n'est pas pour vous. Alors moi, j'ai voulu dire le contraire : chaque enfant mérite de découvrir la force des arts. C'était ma façon de renverser l'injustice que ma génération avait subie. Tu comprends ? Ce que la vie m'avait rendu difficile, je voulais le rendre facile pour d'autres.

Chaque enfant mérite de découvrir la force des arts.

Si on retient une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Quelle belle question pour finir. Ne retiens pas seulement les grands théâtres, ni les récompenses, ni même La Marseillaise. Retiens plutôt le chemin : une petite fille qui chantait à l'église d'un Sud injuste, et qui est allée jusqu'aux plus grandes scènes du monde. J'ai écrit un livre sur ma vie ; le titre disait déjà tout : tiens-toi droit et chante. Voilà ce que je vous laisse, à toi et à ton camarade. Peu importe d'où tu viens, peu importe ce qu'on te dit d'être. Trouve ta voix — la vraie, celle qui vient du cœur — et fais-la entendre. Personne ne pourra jamais te la reprendre.

Trouve ta voix, celle qui vient du cœur, et fais-la entendre.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jessye Norman. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.