Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Junko Tabei

par Charactorium · Junko Tabei (1939 — 2016) · Exploration · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'une petite maison de banlieue tokyoïte. Une dame souriante les attend, un vieux carnet de montagne posé sur la table. Elle leur fait signe de s'asseoir et commence à raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à grimper des montagnes ?

Tu sais, mon enfant, ça a commencé tout petit. J'avais dix ans, et un maître d'école nous a emmenés sur le mont Nasu, près de chez moi, à Miharu. Imagine une gamine timide, pas très forte à la course, qui découvre soudain qu'en montagne, ce n'est pas la vitesse qui compte, mais la patience. On monte un pas, puis un autre, et le monde s'ouvre. Je n'ai plus jamais oublié cette sensation. Plus tard, à l'université, j'ai rejoint un club d'escalade. Et là, j'ai compris : la montagne ne me demandait pas d'être une fille ou un garçon. Elle me demandait juste de continuer.

En montagne, ce n'est pas la vitesse qui compte, c'est la patience.

C'est vrai qu'on vous a dit que les filles ne pouvaient pas faire d'escalade ?

Oui, et ça m'a fait mal, je ne te cache pas. Dans un club de jeunesse, un instructeur m'a déclaré tout net que les femmes n'étaient pas faites pour l'escalade. Imagine qu'on te dise : ce que tu aimes le plus, ce n'est pas pour toi. Beaucoup de filles baissaient la tête. Moi, j'ai serré les dents. En 1969, j'ai fondé le Ladies Climbing Club Japan, le tout premier club d'alpinisme entièrement féminin du Japon. Notre devise ? « Allons dans les montagnes étrangères. » On n'attendait plus la permission de personne. On partait, ensemble, et on grimpait pour de vrai.

On n'attendait plus la permission de personne.

C'est quoi le moment le plus dangereux que vous avez vécu sur l'Everest ?

Ah, celui-là, je m'en souviens dans mon corps. Le 6 avril 1975, on dormait dans nos tentes à 6 300 mètres. La tente de haute altitude, c'est un tout petit abri en toile, posé dans la neige, accroché avec des cordes. Et là, en pleine nuit, une avalanche nous a ensevelies. Le noir, le froid, plus d'air. Je suis restée inconsciente six minutes. Ce sont les sherpas, les guides de la montagne, qui m'ont dégagée de la neige à mains nues. J'étais blessée, secouée. Mais douze jours plus tard, je suis repartie vers le sommet. La peur ne décide pas à ta place.

La peur ne décide pas à ta place.

Vous avez eu envie de tout arrêter et de rentrer chez vous ?

Bien sûr que oui ! Qui n'aurait pas eu envie ? Après l'avalanche, j'avais mal partout, et la montagne me faisait peur. Mais tu sais, une chose m'a tenue : je n'étais pas seule. On était une équipe de femmes, et les sherpas étaient avec nous. Imagine une cordée : chacune est reliée aux autres par une corde. Si tu abandonnes, ce n'est pas que toi qui t'arrêtes. Plus tard j'ai dit que sans mes sherpas, il n'y aurait pas eu de sommet. C'est vrai. Une seule personne touche le point le plus haut, mais on y monte toujours à plusieurs.

Une seule personne touche le sommet, mais on y monte à plusieurs.

Ça faisait quoi d'être la première femme tout en haut du monde ?

Le 16 mai 1975, à midi passé, j'ai posé le pied au sommet de l'Everest, à 8 848 mètres. La première femme de toute l'histoire. Mais tu veux savoir un secret ? Je n'avais pas grimpé pour ça. Je ne voulais pas être la première femme au sommet. Je voulais simplement gravir l'Everest. Être une femme, c'était une circonstance, pas un but. En haut, je n'ai pas pensé « je suis une héroïne ». J'ai pensé à mon prochain pas, pour redescendre vivante. La montagne ne te félicite pas. Elle te demande juste de faire attention.

Je voulais simplement gravir l'Everest. Être une femme, c'était une circonstance, pas un but.
Junko Tabei (cropped)
Junko Tabei (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Jaan Künnap

Quand vous êtes rentrée au Japon, tout le monde criait votre nom, non ?

Oh oui, on m'a accueillie comme une héroïne nationale ! Imagine des foules, des journalistes, des honneurs. Au Népal, on m'a même reçue chez le roi. C'était impressionnant pour la fille modeste de Miharu que j'étais. Mais au fond, ça me gênait un peu. J'ai dit franchement que j'avais grimpé pour mon propre plaisir, pas pour représenter mon pays ou mon genre. Tu sais, les montagnes ne font pas de discrimination. Elles posent les mêmes défis à chacun. Ce sont les sociétés humaines qui tracent des frontières entre ce que les filles et les garçons auraient le droit de faire.

Les montagnes ne font pas de discrimination. Ce sont les humains qui tracent des frontières.

Comment vous faisiez pour payer des voyages dans des montagnes aussi loin ?

Ah, voilà une vraie question ! Les expéditions coûtent très cher : les billets, le matériel, les sherpas, les autorisations. Et je n'étais pas riche, mon enfant. Alors, à la maison, dans ma banlieue de Tokyo, je donnais des leçons de piano aux enfants du quartier. Chaque cours mettait quelques pièces de côté pour la prochaine montagne. Imagine : le matin, une partition de musique ; quelques mois plus tard, un piolet dans la glace. Je n'ai jamais cru qu'il fallait choisir entre une vie ordinaire et un grand rêve. On peut tenir les deux, à condition d'être patiente.

Le matin une partition de piano, quelques mois plus tard un piolet dans la glace.

Vous avez vraiment grimpé la plus haute montagne de chaque continent ?

Oui ! Sept continents, sept sommets, le point le plus haut de chacun. On appelle ça les Sept Sommets. J'ai mis dix-sept ans pour tous les gravir, et j'ai terminé en 1992, en Indonésie, sur le Puncak Jaya. La première femme à réussir ça. Mais pendant ces dix-sept ans, je ne faisais pas que grimper : j'élevais mes enfants, je travaillais. Imagine une maman qui prépare le repas, surveille les devoirs, puis range dans un sac ses crampons, ces griffes de métal qu'on fixe sous les chaussures pour marcher sur la glace. Une vie ordinaire et une vie extraordinaire, dans le même cœur.

Une vie ordinaire et une vie extraordinaire, dans le même cœur.
Junko Tabei, Jaapani alpinist 85
Junko Tabei, Jaapani alpinist 85Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Jaan Künnap

Pourquoi vous êtes allée nettoyer des montagnes au lieu d'en grimper ?

Parce qu'un jour, en montant, j'ai vu une chose qui m'a brisé le cœur : des déchets. Des sacs, des emballages, abandonnés sur les sentiers les plus célèbres du monde. La montagne qui m'avait tout donné, on la salissait. Alors, dans les années 2000, j'ai lancé des opérations de nettoyage sur le mont Fuji, notre volcan sacré. J'ai associé des écoles, des enfants comme toi. Imagine une longue file de gens qui montent, non pas pour battre un record, mais pour ramasser et redescendre la montagne propre. Grimper, c'est beau. Mais respecter ce qu'on traverse, c'est encore plus important.

Grimper, c'est beau. Respecter ce qu'on traverse, c'est encore plus important.

Vous êtes retournée à l'école pour apprendre, à votre âge ?

Eh oui ! Et je n'en ai pas honte, au contraire. En 2000, j'ai obtenu un master en sciences de l'environnement, un grand diplôme d'université. Tu te demandes pourquoi ? Parce qu'avoir un beau discours ne suffit pas. Je voulais vraiment comprendre comment protéger les montagnes : les sols, l'eau, les plantes fragiles de l'altitude. Imagine que tu aimes un jardin : pour bien t'en occuper, tu dois apprendre comment il vit. On peut commencer une chose nouvelle à n'importe quel âge. J'avais escaladé les plus hauts sommets, et pourtant je redevenais une élève, le carnet à la main.

On peut commencer une chose nouvelle à n'importe quel âge.

Si on vous écoutait aujourd'hui, qu'est-ce que vous voudriez qu'on retienne ?

Que tu n'as pas besoin d'être la plus forte pour avancer. J'étais une enfant timide de Miharu, pas spécialement douée. Mais j'ai mis un pas devant l'autre, encore et encore. Imagine un très long escalier dans le brouillard : tu ne vois pas le sommet, alors tu ne regardes que la marche suivante. C'est tout mon secret. On m'a dit que les filles ne pouvaient pas, et j'ai grimpé le toit du monde. On m'a crue ordinaire, et j'ai gravi les sept continents. Toi aussi, tu as ta montagne. Ne la regarde pas en entier. Regarde ton prochain pas.

Ne regarde pas la montagne en entier. Regarde ton prochain pas.
Voir la fiche complète de Junko Tabei

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Junko Tabei. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.