Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Liliuokalani

par Charactorium · Liliuokalani (1838 — 1917) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves d'une classe de cinquième en voyage découverte poussent la grande porte de l'Iolani Palace, à Honolulu. Une vieille dame en robe sombre les attend, un sourire doux aux lèvres. C'est Liliuokalani, la dernière reine de Hawaï, et elle a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'est vrai que vous avez écrit une chanson connue dans le monde entier ?

Oui, mon enfant, et cela me touche que tu la connaisses. Je l'ai composée en 1878, elle s'appelle Aloha Oe, ce qui veut dire « adieu à toi ». Imagine : je rentrais à cheval, à travers les collines vertes de l'île d'Oahu, et j'ai vu deux amoureux se dire au revoir. La mélodie est venue toute seule, comme portée par le vent. J'ai écrit à ma sœur que ce sentiment d'amour et de séparation était au cœur de notre peuple. Tu sais, une chanson voyage plus loin qu'une reine. Aujourd'hui encore, on la chante pour se dire au revoir.

Une chanson voyage plus loin qu'une reine.

C'était comment, vos soirées ? Vous faisiez quoi le soir ?

Le soir, c'était mon moment préféré. Imagine une grande pièce, les fenêtres ouvertes sur le jardin, l'odeur des fleurs de plumeria qui entre avec la nuit. Je réunissais des musiciens et des poètes autour de moi. Je prenais mon ukulélé, ce petit instrument à quatre cordes, ou je m'asseyais au piano. On chantait, on inventait des mélodies ensemble. J'en ai composé plus de cent cinquante dans toute ma vie ! Je notais chaque inspiration sur du papier. Pour moi, la musique n'était pas un simple jeu : c'était une façon de garder vivante l'âme de mon peuple, ses chants anciens, sa langue.

Pourquoi il y avait autant d'Américains chez vous, à Hawaï ?

Ah, c'est une histoire de sucre, figure-toi. En 1875, mon royaume a signé un accord avec les États-Unis : notre sucre pouvait y être vendu sans taxes. Les planteurs américains sont devenus très, très riches. Chez nous, on les appelait les haole — ça veut dire les étrangers, les hommes blancs venus d'ailleurs. Imagine des gens arrivés comme invités, qui peu à peu achètent la terre, puis veulent commander à ta place. Plus ils avaient d'argent, plus ils voulaient du pouvoir. Et moi, je voyais mon peuple, les Hawaïens, perdre ses terres petit à petit. C'était comme un poison lent.

Ils ont pris vos terres comment ? C'était permis ?

Tout a commencé bien avant mon règne, en 1848. On a fait ce qu'on appelle le Mahele, le grand partage des terres. Avant, la terre appartenait à tous, on ne la vendait pas. Après, on pouvait l'acheter — et les étrangers en ont profité. Puis, en 1887, des hommes armés ont forcé mon frère le roi à signer une nouvelle loi. On l'a surnommée la Constitution de la Baïonnette, parce qu'on la lui a imposée sous la menace des fusils. Elle enlevait presque tout son pouvoir au roi. Imagine qu'on te fasse signer une punition en te tenant fermement par le bras. Voilà ce que c'était.

C'est vrai qu'on vous a renversée ? Ça s'est passé comment ?

Oui, et je m'en souviens chaque jour. En janvier 1893, des hommes d'affaires américains ont voulu me chasser du trône. Des soldats, des Marines, ont débarqué de leurs navires, avec leurs fusils, dans les rues d'Honolulu. J'étais à l'Iolani Palace, mon palais. J'aurais pu appeler mes fidèles à se battre. Mais imagine : du sang dans les rues, des familles, des enfants comme toi en danger. Je n'ai pas pu. Alors j'ai cédé. Mais j'ai bien précisé une chose : je ne cédais pas à ces hommes-là. Je cédais à la force des États-Unis, en espérant qu'un jour, la justice me rende mon royaume.

Liliuokalani, painting by William Cogswell, Iolani Palace
Liliuokalani, painting by William Cogswell, Iolani PalaceWikimedia Commons, Public domain — William F. Cogswell

Vous aviez peur, cette nuit-là ?

Peur ? Oui et non, mon enfant. J'avais surtout le cœur lourd, comme une pierre. J'ai signé un papier, le 17 janvier 1893, où j'écrivais que je cédais « sous la contrainte, à la force supérieure des États-Unis ». Contrainte, ça veut dire qu'on m'y obligeait, que ce n'était pas mon choix. Imagine qu'on te demande de donner ta maison en souriant, alors qu'on tient ta porte avec des armes. Je tremblais à l'intérieur, mais je voulais rester digne. Une reine ne crie pas, elle écrit. Je savais que ces mots, un jour, raconteraient la vérité à ma place.

C'est vrai qu'on vous a enfermée dans votre propre palais ?

Oui, et c'est une chose étrange à vivre. En 1895, certains de mes fidèles ont essayé de me rendre le trône. Ça a échoué. Pour me punir, on m'a enfermée pendant huit mois dans une chambre de mon propre palais, l'Iolani Palace. La prisonnière et la prison étaient à moi ! Imagine ta maison qui devient soudain ta cellule. Pas de visites, ou presque. Mais je ne suis pas restée à pleurer. J'avais ma Bible en hawaïen, du papier et un crayon. J'ai composé des chants religieux. On peut enfermer un corps, mon enfant. On n'enferme pas une voix qui chante.

On peut enfermer un corps, pas une voix qui chante.
Liliuokalani, painting by William Cogswell, Iolani Palace (PP-98-11-007)
Liliuokalani, painting by William Cogswell, Iolani Palace (PP-98-11-007)Wikimedia Commons, Public domain — William F. Cogswell

Vous faisiez quoi, enfermée tout ce temps ?

Je me suis donné une grande mission, pour ne pas mourir d'ennui. J'ai traduit le Kumulipo. C'est notre poème sacré, celui qui raconte comment le monde est né selon les anciens Hawaïens — deux mille vers, tu imagines ! Il n'existait que dans notre langue, transmis de bouche à oreille depuis des siècles. J'avais peur qu'il disparaisse avec nous. Alors, dans ma chambre-prison, je l'ai écrit en anglais, vers après vers, entre 1895 et 1897. Pendant qu'on m'enlevait mon royaume, moi, je sauvais sa mémoire. C'était ma façon de résister, sans armes, juste avec des mots et beaucoup de patience.

Vous vous êtes laissée faire, alors ? Vous n'avez rien tenté ?

Oh non, je n'ai jamais abandonné ! Quand les États-Unis ont voulu vraiment avaler mon pays — on appelle ça l'annexion — je me suis battue, mais avec du papier, pas des fusils. En 1897, mon peuple a signé une immense pétition contre cela. Plus de vingt et un mille Hawaïens l'ont signée, sur quarante mille à peine ! Presque tout le monde. J'ai traversé l'océan jusqu'à Washington pour la déposer devant leurs chefs. Imagine une lettre si lourde de noms qu'elle pèse le poids d'un peuple entier. Grâce à elle, on a bloqué leur traité un moment. Les mots aussi sont une armée.

Les mots aussi sont une armée.

Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?

Mon enfant, j'ai écrit un livre en 1898, Hawaii's Story by Hawaii's Queen, pour que la vérité ne meure jamais. Je voulais qu'on sache comment on m'avait pris mon royaume. Je suis morte en 1917, sans l'avoir revu libre. Ça, c'est ma grande tristesse. Mais j'ai aussi laissé quelque chose de doux : tout ce que je possédais, je l'ai donné aux enfants hawaïens orphelins ou pauvres. Une maison existe encore pour eux aujourd'hui. Alors, si tu ne retiens qu'une chose de moi, retiens ceci : on peut tout te prendre, sauf ta dignité et ton amour des tiens. Le reste, ce ne sont que des fusils.

Voir la fiche complète de Liliuokalani

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Liliuokalani. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.