Interview imaginaire avec Louis IX (Saint Louis)
par Charactorium · Louis IX (Saint Louis) (1214 — 1270) · Politique · 4 min de lecture

Deux jeunes visiteurs, en classe découverte au cœur de Paris, ont poussé la porte d'une grande chapelle aux vitraux éclatants. Là, un roi vêtu d'un manteau bleu les attend, le sourire doux. Il leur fait signe de s'asseoir près de lui : il a tant de choses à leur raconter.
—C'est vrai que vous rendiez la justice assis sous un arbre ?
Oui, mon enfant, c'est tout à fait vrai ! Quand j'étais à Vincennes, après mon repas, j'allais m'asseoir au pied d'un grand chêne dans la forêt. Imagine : pas de palais, pas de gardes pour éloigner les gens. Juste un roi sous un arbre. N'importe qui pouvait venir me trouver. Un paysan, une veuve, un marchand fâché avec son voisin. Ils me racontaient leur problème, et je tranchais là, en personne. Mon ami Joinville, qui écrivait tout ce que je faisais, en parlait souvent. Pour moi, un roi qui se cache de son peuple n'est pas vraiment un roi.
Un roi qui se cache de son peuple n'est pas vraiment un roi.
—Et les gens, ils avaient pas peur de venir parler à un roi ?
Un peu intimidés, oui ! Mais je voulais qu'ils osent. Tu sais, à mon époque, beaucoup de seigneurs jugeaient eux-mêmes leurs paysans, et souvent très mal. Moi, je voulais une justice égale pour tous. C'est pour ça qu'en 1254 j'ai écrit une grande ordonnance — une loi du roi valable partout. J'interdisais à mes officiers d'accepter le moindre cadeau pour fausser un jugement. Imagine un juge qu'on ne peut pas acheter : c'était nouveau, et ça rassurait les plus humbles. La justice ne doit jamais se vendre, même pour une bourse pleine d'or.
La justice ne doit jamais se vendre.
—Pourquoi vous embêtiez vos propres serviteurs avec ces règles ?
Bonne question ! Mes officiers, on les appelait les baillis : ils administraient mes terres, rendaient la justice et levaient les impôts en mon nom. Le souci, c'est que certains profitaient des gens. Ils réclamaient des cadeaux, fermaient les yeux contre une pièce d'or. Imagine quelqu'un qui parle au nom du roi mais qui ment et vole : c'est tout le royaume qui devient injuste. Alors dans ma Grande Ordonnance de 1254, j'ai écrit noir sur blanc qu'ils ne pouvaient rien accepter, ni pour eux, ni pour leur femme, ni pour leurs enfants. Un roi doit d'abord nettoyer sa propre maison.
Un roi doit d'abord nettoyer sa propre maison.
—On dit que vous avez payé une couronne super cher. C'était quoi ?
Ah, tu touches là à mon plus grand trésor ! En 1239, j'ai acheté une relique — c'est-à-dire un objet sacré très ancien — auprès de l'empereur de Constantinople. On disait que c'était la couronne d'épines portée par le Christ. J'ai payé une fortune : 135 000 livres, une somme à faire tourner la tête. Imagine tout l'or qu'il faut pour bâtir dix châteaux : voilà le prix. Pour moi, posséder un tel objet, c'était relier mon royaume directement au ciel. Une couronne d'épines pour un roi, tu vois l'image ? Mon vrai pouvoir venait de là.
Une couronne d'épines pour un roi : voilà d'où venait mon vrai pouvoir.
—Et la belle chapelle avec les vitraux, c'était pour ranger la couronne ?
Exactement ! Je ne pouvais pas garder une relique aussi sacrée dans un coffre ordinaire. Alors j'ai fait construire la Sainte-Chapelle, sur l'île au milieu de Paris, entre 1242 et 1248. Imagine entrer là un jour de soleil : les murs semblent disparaître, il n'y a presque que du verre coloré, plus de 600 mètres carrés de vitraux. La lumière te tombe dessus comme une pluie de bijoux. On appelle ce style le gothique rayonnant, parce que la pierre devient légère comme de la dentelle. Et le plus drôle ? La chapelle a coûté bien moins cher que la couronne qu'elle abritait !
La pierre devenait légère comme de la dentelle.
—C'est vrai que vous avez été fait prisonnier pendant une guerre ?
Hélas, oui, mon enfant. J'étais parti en croisade — une expédition militaire vers les Lieux saints, voulue par le pape. En 1250, en Égypte, près d'une ville nommée Mansourah, mon armée a été écrasée. J'ai été capturé. Imagine : un roi de France, enchaîné, aux mains de ses ennemis, malade et épuisé. J'ai même écrit une lettre à mes barons pour leur dire de prier pour nous et pour les morts. Ce fut le jour le plus sombre de ma vie. Mais je n'ai pas pleuré devant mes geôliers : un roi tombe parfois, mais il ne s'effondre jamais.
Un roi tombe parfois, mais il ne s'effondre jamais.
—Vous aviez pas trop peur quand ils vous menaçaient ?
La peur était là, bien sûr. Mes gardiens, les Mamelouks, menaçaient de me faire du mal si je ne payais pas plus. Mais j'ai gardé mon calme et je leur ai dit non. Tu sais, quand on tremble à l'intérieur, le plus important est de ne pas le montrer. J'ai négocié moi-même ma libération : 400 000 livres tournois, une rançon énorme. Imagine devoir vider tout un trésor royal pour racheter ta propre liberté. J'ai tenu bon parce que céder à la panique, c'était perdre deux fois. La peur, on la ressent ; mais c'est elle qui doit nous obéir, jamais l'inverse.
La peur, on la ressent ; mais c'est elle qui doit nous obéir.
—Vous mangiez quoi, vous, un roi ? Plein de bonnes choses ?
On pourrait le croire ! Mes invités, eux, avaient droit à des banquets magnifiques. Mais moi, je mangeais simplement. Je jeûnais souvent, c'est-à-dire que je me privais de nourriture certains jours, comme l'Église le demandait. J'évitais les plats trop raffinés. Et tu sais ce que j'aimais par-dessus tout ? Inviter des pauvres et des malades à ma table, et les servir moi-même, de mes propres mains. Imagine un roi qui apporte le pain à un mendiant. Ça surprenait beaucoup de monde. Pour moi, plus on est haut placé, plus on doit se faire petit.
Plus on est haut placé, plus on doit se faire petit.
—Et vous vous habilliez tout le temps avec le beau manteau bleu ?
Seulement pour les grandes cérémonies, mon enfant ! Ce manteau bleu semé de fleurs de lys dorées, c'était l'habit du roi de France. Mais au quotidien, je portais des vêtements gris très simples, en grosse étoffe rêche. Et là, je vais te confier un secret : sous mes habits, je portais en cachette un cilice. C'est un sous-vêtement piquant, fait de crin, qui gratte la peau. On le portait pour se rappeler que la vie n'est pas faite que de plaisirs. Personne ne le voyait. Dehors, le roi brillait ; dessous, l'homme se souvenait d'être humble.
Dehors, le roi brillait ; dessous, l'homme se souvenait d'être humble.
—Vous étiez fier de tout ce que vous aviez changé dans le royaume ?
Fier, c'est un mot dangereux pour un chrétien ! Mais je crois avoir laissé un royaume plus juste. J'avais réformé mes officiers, fait grandir une grande cour de justice à Paris où l'on pouvait faire appel. J'avais aussi fondé un hôpital, les Quinze-Vingts, pour accueillir trois cents aveugles — beaucoup étaient des croisés blessés. Et figure-toi qu'il existe encore aujourd'hui ! Avant de mourir, j'ai écrit des conseils pour mon fils Philippe : aimer Dieu, aimer la justice, protéger les faibles. Le vrai trésor d'un roi, ce ne sont pas ses châteaux. Ce sont les bonnes choses qui lui survivent.
Le vrai trésor d'un roi, ce sont les bonnes choses qui lui survivent.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Louis IX (Saint Louis). Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


