Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Mao Zedong

par Charactorium · Mao Zedong (1893 — 1976) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Pékin, hiver 1975. Dans une pièce surchauffée de Zhongnanhai, encombrée de livres empilés à même le sol, un vieil homme reçoit à la nuit tombée, comme à son habitude. La cigarette ne quitte pas ses doigts ; derrière lui, le lac gelé reflète les lumières de la Cité interdite. Il parle lentement, l'accent du Hunan intact.

Comment êtes-vous passé du jeune homme studieux au révolutionnaire convaincu que tout commençait dans les campagnes ?

On m'imaginait derrière un pupitre, à commenter des textes. Mais en 1925, puis surtout au début de 1927, j'ai pris mes jambes et j'ai marché. Des centaines de li à travers les villages du Hunan, à dormir chez les paysans, à écouter ceux qui n'avaient jamais eu le droit de parler. J'en ai tiré mon Rapport sur l'enquête dans le Hunan. Les théoriciens des villes me répétaient que la révolution se ferait avec les ouvriers ; moi, j'avais vu de mes yeux ces hommes maigres renverser des propriétaires en quelques semaines. Ce que les démocrates n'avaient pas obtenu en trente ans, ils l'accomplissaient en quelques mois. Magnifique, oui. Pas terrible du tout.

J'ai pris mes jambes et j'ai marché : des centaines de li à écouter ceux qui n'avaient jamais eu le droit de parler.

Pourquoi tenir tant à cette paysannerie que les marxistes orthodoxes méprisaient un peu ?

Parce qu'en Chine, le prolétaire des usines se comptait par poignées, tandis que le paysan, lui, portait le pays sur son dos courbé. J'ai écrit que le pouvoir est au bout du fusil ; mais ce fusil, qui le tient ? L'homme des rizières, pas l'intellectuel de Shanghai. À Yan'an, plus tard, j'ai formulé ce que j'appelle la ligne de masse : le Parti consulte le peuple, recueille ses idées éparses, les met en ordre, puis les lui rend sous forme de directives. Ce n'est pas du romantisme champêtre. C'est une conviction née de mes pieds nus dans la boue du Hunan, là où j'ai compris que la connaissance commence toujours par la pratique avant de retourner à elle.

Que reste-t-il en vous de la Longue Marche, cette retraite de 1934 ?

La faim, le froid, et le bruit des hommes qui tombent. Nous étions près de cent mille à partir, fuyant les armées de Chiang Kai-shek ; nous avons franchi des fleuves, des cols glacés, douze mille li de fuite. À l'arrivée, dans les grottes de Yan'an, au Shaanxi, nous n'étions plus que quelques milliers. On appelle cela une défaite. Moi je dis que c'est là que tout s'est joué. Ceux qui restaient étaient l'acier passé au feu. C'est sur ces routes que le Parti a cessé de regarder vers Moscou pour ses ordres et a commencé à me suivre. La Longue Marche n'a pas été une retraite : ce fut une semence jetée dans toute la Chine.

On appelle cela une défaite ; moi je dis que ceux qui restaient étaient l'acier passé au feu.

Vous souvenez-vous de ce qu'étaient ces années passées dans les grottes de Yan'an ?

On vivait dans des cavités creusées à flanc de coteau, le loess jaune sous les ongles, une lampe à huile pour seule clarté. Et pourtant c'est là, entre 1937 et la guerre contre le Japon, que j'ai le plus écrit. De la pratique, De la contradiction : ces essais, je les ai dictés dans ce froid-là. La loi de l'unité des contraires, voyez-vous, n'est pas une abstraction de cabinet ; je la voyais à l'œuvre dans le front uni précaire que nous formions avec le Kuomintang contre l'envahisseur. Deux ennemis forcés de marcher ensemble : voilà la contradiction faite chair. Yan'an fut mon université, une université sans murs ni diplômes, seulement la nécessité.

Comment une armée de paysans mal équipés a-t-elle pu vaincre des forces bien supérieures ?

En refusant de jouer le jeu de l'ennemi. Une armée régulière veut la grande bataille rangée, le choc frontal ; nous, nous étions des poissons dans l'eau du peuple. Dans mon traité Sur la guerre de guérilla, écrit en 1937, j'ai posé ce principe : quand l'ennemi avance, nous reculons ; quand il s'épuise, nous le harcelons ; quand il recule, nous le poursuivons. J'avais toujours sous les yeux une carte d'état-major, à lire le terrain comme un paysan lit son champ. Les anciens stratèges chinois savaient déjà que la ruse vaut mieux que la force. Le territoire immense de la Chine était notre meilleur allié : on n'encercle pas un océan.

Nous étions des poissons dans l'eau du peuple : on n'encercle pas un océan.
Karl Marx art detail, from- Long Live Mao Zedong Thought, People's Republic of China, undated, lithograph - Jordan Schnitzer Museum of Art, University of Oregon - Eugene, Oregon - DSC09526 (cropped)
Karl Marx art detail, from- Long Live Mao Zedong Thought, People's Republic of China, undated, lithograph - Jordan Schnitzer Museum of Art, University of Oregon - Eugene, Oregon - DSC09526 (cropped)Wikimedia Commons, Public domain — Daderot

Que vouliez-vous dire vraiment par cette formule, le pouvoir au bout du fusil ?

Qu'on ne change pas le monde avec des pétitions polies. En 1927, à Shanghai, j'ai vu nos camarades massacrés par les nationalistes qui hier encore se disaient nos alliés. Cette trahison m'a guéri de toute illusion. Toutes les questions politiques, en dernière analyse, se ramènent à la question du pouvoir — et le pouvoir ne se ramasse pas dans une urne, il se conquiert. Mais attention : le Parti doit commander au fusil, jamais le fusil au Parti. C'est toute la différence entre une révolution et un coup de force de caserne. L'arme sert l'idée ; si elle prétend la remplacer, elle devient un seigneur de guerre de plus, et la Chine en a trop connu.

On a beaucoup parlé de votre baignade dans le Yangtsé en 1966. Que cherchiez-vous à montrer ce jour-là ?

Que le vieux fleuve ne m'avait pas encore emporté. J'avais soixante-douze ans, on chuchotait dans les couloirs de Zhongnanhai que le Timonier était fatigué, dépassé. Alors je suis entré dans le Yangtsé, à Wuhan, et j'ai nagé devant les caméras, porté par le courant. Toute la Chine l'a su le soir même. Ce n'était pas une partie de plaisir : c'était un signal. Quelques semaines plus tard, je lançais la Révolution culturelle. Nager dans ce fleuve, c'était dire à ceux qui me croyaient au rebut que j'allais remuer le pays une dernière fois, du fond jusqu'à la surface.

À soixante-douze ans, nager dans le Yangtsé, c'était dire à ceux qui me croyaient au rebut que j'allais remuer le pays.
076 Painting of Mao Zedong, Repro
076 Painting of Mao Zedong, ReproWikimedia Commons, CC0 — Gary Lee Todd, Ph.D.

Pourquoi avoir confié à la jeunesse, aux Gardes rouges, le soin de bouleverser le pays ?

Parce que la jeunesse n'a pas encore appris la prudence des vieux mandarins. Je craignais que la révolution ne s'embourgeoise, que mes propres camarades ne deviennent une nouvelle caste assise sur ses privilèges, à la manière du révisionnisme que je reprochais à Khrouchtchev. Alors j'ai appelé les Hongweibing, les Gardes rouges, à détruire les quatre vieilleries — vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes, vieilles habitudes. On m'a donné ce titre de Grand Timonier, et j'ai voulu que le navire ne s'endorme jamais au port. Je savais que le feu, une fois allumé chez les jeunes, est difficile à éteindre. Une révolution n'est pas un dîner de gala.

On vous connaît stratège et chef d'État, mais vous écriviez aussi des poèmes. Quelle place tenaient-ils ?

Une place secrète, et pourtant la plus ancienne. Avant d'être un homme de fusil, j'ai été un homme de pinceau. Toute ma vie, jusque dans les pires bivouacs de la guerre, j'ai composé dans les formes classiques, le ci et le shi, ces moules vieux de mille ans que les modernes trouvent dépassés. Mon poème La neige, écrit en 1936 au sortir de la Longue Marche, on le récite encore dans les écoles. La nuit, à Zhongnanhai, quand les rapports étaient signés, je reprenais mon pinceau de calligraphe. Le marxiste et le lettré du Hunan n'ont jamais cessé de cohabiter en moi, parfois en se querellant.

Avant d'être un homme de fusil, j'ai été un homme de pinceau.

Comment se déroulaient ces nuits dont on dit que vous les passiez éveillé jusqu'à l'aube ?

Le jour est fait pour les autres ; la nuit m'appartient. Je me levais tard, souvent vers midi, et c'est quand le palais s'endormait que mon esprit s'allumait. Je lisais au lit, entouré de milliers de volumes — l'histoire des dynasties surtout, ces empereurs dont j'étudiais les fautes pour ne pas les répéter. Parfois je me faisais projeter un film, même un western américain, curieux de ce galop de cow-boys. Puis, la cigarette aux lèvres, je dictais une directive ou je reprenais un vers jusqu'à ce que le Yangtsé de l'aube blanchisse les fenêtres de Zhongnanhai. Dormir m'a toujours paru une concession faite à la mort.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Mao Zedong. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.