Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Maya Angelou

par Charactorium · Maya Angelou (1928 — 2014) · Spectacle · Lettres · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Maya Angelou
Wikimedia Commons, Public domain — United States Congress

Winston-Salem, Caroline du Nord, un matin d'automne. Dans une maison où les masques d'Afrique de l'Ouest voisinent avec une bibliothèque débordante, Maya Angelou nous reçoit à sa table de cuisine, un bloc-notes jaune posé près d'un verre de xérès à peine entamé. La voix est grave, lente, et chaque phrase semble d'abord pesée dans la paume de la main avant d'être offerte.

Vous souvenez-vous de ce qui vous a fait taire, enfant, pendant près de cinq ans ?

J'avais huit ans. Ce qu'un homme m'avait fait, puis ce qui lui est arrivé quand la famille l'a su, m'a persuadée qu'un mot sorti de ma bouche pouvait tuer. Alors j'ai décidé de ne plus parler. Presque cinq années de silence. Mais un enfant muet n'est pas un enfant vide — j'écoutais tout, je gardais tout. Chez ma grand-mère, à Stamps, dans l'Arkansas, une femme du nom de Mrs. Flowers m'a mis des livres entre les mains et m'a dit que la langue vivante voulait la voix humaine pour la porter. J'ai dévoré Shakespeare, Dickens, et surtout Paul Laurence Dunbar, qui avait la couleur de ma peau et la musique de mon peuple. Le silence, voyez-vous, fut ma première bibliothèque.

Un enfant muet n'est pas un enfant vide — j'écoutais tout, je gardais tout.

Comment la parole vous est-elle finalement revenue ?

Elle n'est pas revenue comme on ouvre une porte, mais comme on apprend de nouveau à marcher. Mrs. Flowers m'a fait lire à voix haute, dans le noir, les vers de Dunbar et de Shakespeare — car un poème, disait-elle en substance, n'est pas achevé tant qu'une bouche ne l'a pas prononcé. J'ai compris ce jour-là que ma voix ne m'appartenait pas seulement : elle était l'écho de toutes celles qu'on avait réduites au silence avant moi. Ces cinq années m'ont donné une mémoire monstrueuse et une oreille. Quand j'ai enfin écrit Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, bien plus tard, c'est cette enfant muette de Stamps qui tenait le stylo. L'oiseau en cage chante, non parce qu'il est heureux, mais parce qu'il a une chanson.

Ma voix ne m'appartenait pas seulement : elle était l'écho de toutes celles qu'on avait réduites au silence avant moi.

On dit que vous n'écriviez jamais chez vous. Pourquoi cette étrange discipline ?

La maison est pleine de tendresses qui distraient : la cuisine appelle, les amis frappent, le téléphone réclame. Alors dès avant l'aube, je louais une petite chambre d'hôtel à l'heure, une chambre nue dont j'avais fait retirer tout ce qui pendait aux murs. J'y arrivais vers six heures avec un bloc-notes jaune, un dictionnaire, une Bible, un jeu de cartes, une bouteille de xérès. Je commençais toujours par relire les pages de la veille, à voix basse, pour retrouver le fil et la tonalité. Cette chambre laide était mon atelier, mon couvent. On croit que l'inspiration descend comme la grâce ; moi je sais qu'elle vient à qui s'assied et attend, jour après jour, dans une pièce sans distraction.

On croit que l'inspiration descend comme la grâce ; moi je sais qu'elle vient à qui s'assied et attend.

Que trouviez-vous dans cette Bible et ce dictionnaire posés à côté de vos pages ?

Deux mines. Le dictionnaire pour la précision : je cherche le mot qui saute de la page, celui qu'on croirait facile alors qu'il m'a coûté des heures — car tout art doit avoir l'air aisé. Et la Bible pour le souffle, le rythme des psaumes, cette rhétorique où une phrase se lève et retombe comme une vague. J'écrivais à la main, sur ces blocs jaunes, jamais sur une machine froide : ma main devait sentir la phrase avant que l'œil ne la juge. Je noircissais des pages entières que je jetais ensuite sans pitié. On m'a souvent demandé si ce labeur ne tuait pas la spontanéité. Je réponds que la liberté d'une phrase, comme celle d'un peuple, s'obtient au prix d'une longue discipline.

Comment une artiste de cabaret est-elle devenue coordinatrice pour Martin Luther King ?

Par la colère et par la foi, dans cet ordre. Au tournant des années 1960, j'avais dansé, chanté, joué dans Porgy and Bess d'un continent à l'autre. Puis j'ai entendu ce jeune pasteur parler à New York, et j'ai su que ma voix devait servir à autre chose qu'à charmer. Je suis devenue coordinatrice du SCLC, la Southern Christian Leadership Conference, à Harlem. Mon travail n'avait rien de glorieux : lever des fonds, organiser des réunions, rassembler les gens autour d'un même refus. Le docteur King savait qu'un mouvement ne tient pas seulement de grands discours, mais de mille petites mains qui plient les chaises et postent les lettres. J'ai plié beaucoup de chaises. Quand il fut assassiné en 1968, un jour tout près de mon anniversaire, une part de moi s'est tue de nouveau.

Un mouvement ne tient pas seulement de grands discours, mais de mille petites mains qui plient les chaises.
Maya Angelou visits YCP Feb 2013 (cropped)
Maya Angelou visits YCP Feb 2013 (cropped)Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — York College ISLGP

Vous parliez plusieurs langues : cela changeait-il votre place dans le combat ?

Six langues, oui — le français, l'espagnol, l'arabe, l'italien, le swahili, et mon anglais du Sud par-dessus tout. Cela m'a rendue utile là où d'autres n'entraient pas : traduire, accueillir des délégués venus d'ailleurs, tendre un pont entre notre lutte et celles des peuples colonisés qui, partout, relevaient la tête au même moment. À Harlem, dans ces cercles où passaient Malcolm X et tant d'autres, j'ai vu que notre ségrégation américaine n'était qu'un visage d'un mal plus vaste. Une langue, ce n'est pas seulement des mots : c'est une porte que l'on ouvre à l'autre. J'ai toujours pensé que qui parle deux langues possède deux âmes, et qu'un peuple qui reconquiert sa parole reconquiert sa liberté.

Qu'êtes-vous allée chercher au Ghana, en 1961 ?

D'abord, rien de si noble : mon fils Guy avait eu un grave accident de voiture, et je suis restée à Accra pour le veiller. Puis le Ghana m'a prise. C'était le pays de Nkrumah, une nation noire enfin libre, et nous étions quelques Afro-Américains expatriés à croire y retrouver une maison perdue. J'ai écrit pour l'African Review, j'ai côtoyé le vieux W.E.B. Du Bois, monument vivant qui achevait là son grand âge. J'ai appris à reconnaître le langage des tambours, ces peaux tendues qui parlaient plus vite qu'aucune lettre. Je croyais rentrer chez moi. J'ai découvert, non sans douleur, que l'Afrique me regardait comme une Américaine. Mon foyer n'était pas un lieu sur la carte, mais une chose que je portais en moi.

Mon foyer n'était pas un lieu sur la carte, mais une chose que je portais en moi.
Portrait photograph of Maya Angelou by Kenneth P. Green from the 1974 first-edition dust jacket of Gather Together in My Name
Portrait photograph of Maya Angelou by Kenneth P. Green from the 1974 first-edition dust jacket of Gather Together in My NameWikimedia Commons, Public domain — Kenneth P. Green

Que vous reste-t-il de ces années africaines ?

Un tambour, que je garde encore, et dont la peau porte la mémoire de mains qui ne sont plus. Le Ghana m'a rendu une fierté que la ségrégation avait tenté de me voler enfant, à Stamps. Là-bas, un policier était noir, un ministre était noir, un professeur était noir — banalité inouïe pour une fille née sous les lois Jim Crow. J'ai compris ce que ceux qu'on appelait pan-africanistes voulaient dire : que les peuples d'ascendance africaine, dispersés par la traite, restaient d'une même souche. Mais j'ai aussi appris à ne pas idéaliser un retour impossible. Je suis repartie non pour renier l'Afrique, mais parce que ma bataille et ma langue étaient américaines. On emporte ses racines ; on ne les replante pas toujours dans le sol d'origine.

Racontez-nous ce matin de janvier 1993, devant le Capitole.

Un froid mordant, un ciel dur, et devant moi une foule qui débordait jusqu'aux marches du Capitole. On m'avait demandé, à moi, d'écrire et de dire un poème pour l'entrée en fonction de Bill Clinton — la première fois qu'une poétesse montait à cette tribune depuis Robert Frost, en 1961. J'ai pensé à l'enfant muette de l'Arkansas et j'ai failli rire de vertige. Puis j'ai lu On the Pulse of Morning, et j'ai voulu que ce pays regarde en face son histoire de rocher, de rivière et d'arbre, ses morts et ses vivants mêlés. J'ai dit : « Lift up your eyes upon / This day breaking for you. » Devant des millions de gens, je n'ai pas récité un triomphe : j'ai lancé une invitation à recommencer.

Je n'ai pas récité un triomphe : j'ai lancé une invitation à recommencer.

Qu'espériez-vous laisser à ceux qui vous écoutaient ce jour-là ?

Le courage. Rien de plus utile, rien de plus rare. J'ai écrit un jour un poème que les gens se sont mis à réciter dans les églises et les cortèges funèbres, And Still I Rise — parce qu'il disait qu'on peut nous jeter dans la poussière et que, malgré tout, comme la poussière, nous nous relevons. Devant le Capitole, en 1993, je n'ai pas parlé aux puissants ; j'ai parlé à la femme de ménage, à l'enfant des taudis, à celui que l'histoire avait oublié, et je leur ai dit de lever les yeux. Si l'on doit se souvenir de moi dans un siècle, que ce ne soit pas comme d'une statue, mais comme d'une voix qui a répété, encore et encore : vous valez mieux que ce qu'on vous a fait croire.

On peut nous jeter dans la poussière et, malgré tout, comme la poussière, nous nous relevons.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Maya Angelou. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.