Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ounas

par Charactorium · Ounas (2374 av. J.-C. — 2349 av. J.-C.) · Politique · Spiritualité · Culture · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Ounas
Wikimedia Commons, Public domain — Mariette, Auguste, 1821-1881 Mariette, Alphonse Dickerman, Lysander

Le vent chaud balaie la nécropole de Saqqara lorsque nous descendons le couloir aux parois couvertes de hiéroglyphes bleu-vert, une torche à la main. Au bout du corridor, dans la chambre étoilée du sarcophage de grauwacke, une présence semble nous attendre — celle d'Ounas, dernier souverain de la Ve dynastie, qui accepte de répondre, comme si les millénaires n'avaient pas encore commencé à s'écouler.

Décrivez-nous une journée ordinaire dans la vie du seigneur des Deux Terres.

Dès que Rê perce l'horizon, je suis déjà debout dans le temple de mon complexe, où les prêtres purifient mon ka avec l'eau sacrée des bassins rituels — ainsi commence chaque matin depuis que je porte la couronne. On dépose devant les statues du pain conique, de la bière d'épeautre, de l'encens kyphi, car un ka privé d'offrandes s'affaiblit et se perd. Vient ensuite le temps du vizir : les nomes se querellent pour des terres, les chantiers réclament des ordres, et je tranche comme la Maât l'exige. À Héliopolis, les prêtres de Rê intercèdent en mon nom dans les cérémonies solaires. Le soir, quand le disque descend, les prêtres-lecteurs récitent leurs formules contre les forces du chaos, et je regarde, avec mes astronomes, où se tient Sah dans le ciel — car c'est là, un jour, que je résiderai.

Un ka privé d'offrandes s'affaiblit et se perd.

Comment reconnaît-on un roi comme vous, à le voir passer ?

On me reconnaît d'abord à la lumière que renvoie le lin très fin de mon schenti, blanc comme la pureté qu'exige tout rite, serré d'une ceinture dorée incrustée de faïence bleue. Le némès rayé d'or et de blanc couvre ma tête, et l'uraeus, le cobra dressé sur mon front à l'image de Wadjet, rappelle à quiconque me regarde que je porte une protection qui crache le feu sur mes ennemis. Autour du cou, de larges colliers usekh, tissés de lapis-lazuli, de cornaline et d'électrum, pèsent sur mes épaules comme le poids même de la charge royale. Rien de tout cela n'est vanité : chaque pierre, chaque fil a sa place dans l'ordre que je dois incarner devant les hommes et devant les dieux, moi le maître des Deux Terres.

Que signifient ces scènes de famine gravées sur la chaussée qui mène à votre pyramide ?

Ma chaussée s'étire sur 750 coudées vers ma demeure d'éternité, et tous ceux qui la remontent croisent ces hommes au ventre creux, aux côtes saillantes, taillés dans la pierre comme un avertissement. Ce ne sont pas des figures inventées : le Nil, certaines années du règne de mon prédécesseur Djedkarê Isési, montait mal, et le grain manquait dans les greniers des nomes. On y voit aussi mes bateaux ramener depuis Assouan les colonnes de granit pour mon temple — la faim d'un côté, l'abondance ordonnée de l'autre, gravées côte à côte. Un roi ne nourrit pas seulement son ka : il doit maintenir la Maât contre les morsures de l'Isfet, même quand les nomarques des provinces lèvent la tête et que le pouvoir de Memphis s'effrite entre mes mains. Ma chaussée dit cela à qui la remonte après moi.

Sentez-vous que le pouvoir royal vous échappe, à mesure que les nomarques gagnent en autorité ?

Je vois bien que les gouverneurs de province, dans leurs nomes lointains, gardent pour eux ce qui autrefois remontait tout entier à Memphis. Mes aïeux de la Ve dynastie, Sahourê, Néferirkarê, Niouserrê, ont bâti à Abousir des temples solaires et des archives sur papyrus pour que le royaume compte tout, jusqu'au dernier sac de grain. Moi, je n'ai pas hérité de leur puissance intacte. Mais un roi ne se mesure pas seulement à ce qu'il commande aux hommes : il se mesure à ce qu'il bâtit pour l'éternité. Là où le pouvoir des vivants s'effiloche, ma demeure de pierre à Saqqara, elle, ne cédera pas — et les mots que j'y grave parleront quand les nomarques auront été oubliés.

Votre pyramide est modeste comparée à celle de vos aïeux. Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Il est vrai que ma pyramide ne s'élève qu'à cinquante-sept coudées de côté — rien face aux montagnes de pierre de mes ancêtres. Mais la pierre seule ne fait pas vivre un roi éternellement : ce sont les mots qui font vivre. J'ai fait couvrir le couloir de trente-sept coudées qui mène à ma chambre funéraire de milliers de signes gravés dans le calcaire blanc, rehaussés de pigment bleu-vert, la couleur de ce qui renaît. Ces medu netjer, ces paroles divines, valent plus que tous les blocs empilés d'une pyramide immense, car elles agissent sur le monde des morts comme sur celui des vivants. Ma demeure est petite pour les yeux ; elle est immense pour qui sait lire.

Ma demeure est petite pour les yeux ; elle est immense pour qui sait lire.

D'où viennent ces formules ? Les avez-vous composées vous-même ?

Non, ces mots ne sont pas nés dans ma seule bouche. Les prêtres d'Héliopolis, ceux du grand temple de Rê, en ont composé une bonne part, puisant dans la héka, cette magie qui existait avant même la création du monde. Moi je suis nétjer vivant, incarnation d'Horus tant que je respire, et c'est pour cela que ces formules me sont destinées : elles sont taillées à la mesure d'un roi qui doit franchir la Douat. Je n'ai rien inventé — j'ai rassemblé, ordonné, fait graver ce que les sages avaient façonné avant moi, formule après formule, jusqu'à ce que le couloir entier devienne une seule longue prière pour mon passage.

Parlez-nous de l'Hymne cannibale. Que signifie, pour vous, dévorer les dieux ?

Il est écrit, dans les formules qu'on appelle aujourd'hui l'Hymne cannibale (formules 273-274) : « Ounas dévore les hommes, se nourrit des dieux ». Ne t'y trompe pas — je ne mange pas la chair des nétjerou comme on mange un bœuf du troupeau sacré. Je mange leur héka, j'avale leur esprit, comme le taureau céleste se nourrit de l'être de chaque dieu. Les grands d'entre eux m'appartiennent pour mon repas du matin, les moyens pour mon repas du soir — c'est ainsi que je deviens plus grand que ce que j'étais en montant sur le trône. Un roi qui entre dans la Douat sans cette puissance amassée resterait un mort ordinaire. Moi, je veux entrer transformé, chargé de toute la force que les dieux ont accepté de me céder.

Une fois ces puissances absorbées, que devenez-vous exactement ?

Il est dit aussi, dans une autre formule : « Ô Ounas, tu n'es pas parti mort, tu es parti vivant. Assieds-toi sur le trône d'Osiris, ton sceptre en main, pour commander les vivants et les morts. » Voilà ce que je deviens : je ne cesse pas d'être Ounas, mais je deviens aussi Osiris lui-même, coiffé de la couronne Atef aux deux plumes, le sceptre héqa dans une main et le flagellum nekhekh dans l'autre, bras croisés sur la poitrine comme le dieu des morts. Ce n'est pas une mort qu'on me promet, c'est un commandement plus vaste : sur les vivants que je quitte et sur les morts que je rejoins. Voilà pourquoi j'ai dévoré ce que les dieux avaient de plus fort — pour tenir ce double trône sans faiblir.

Que verrez-vous en ouvrant les yeux dans l'au-delà ?

Mon sarcophage est taillé dans la grauwacke sombre, et à l'intérieur du couvercle, des étoiles dorées ont été peintes sur un fond bleu comme la nuit profonde — c'est ce ciel-là que je verrai en premier lieu. Puis viendra la traversée de la Douat, ce monde souterrain et céleste à la fois, semé de gardiens et d'épreuves que les formules m'apprennent à nommer et à vaincre une à une. Je porte sur moi l'amulette oudjat, l'œil d'Horus, pour me protéger des dangers du chemin. Si tout se passe comme les prêtres l'ont écrit, je ne resterai pas un mort parmi les morts : je deviendrai akh, forme lumineuse, et le corps que les vases canopes ont préservé n'aura plus d'importance, car j'aurai quitté la chair pour la lumière.

On dit que vous rejoindrez la constellation d'Orion. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Les formules le disent sans détour : je deviendrai Sah, ce que vous appelez la constellation d'Orion, demeure céleste d'Osiris. Regarde le ciel nocturne, immobile autour de l'étoile qui ne se couche jamais — voilà où je monterai, parmi les étoiles impérissables, celles qui ne connaissent ni coucher ni mort. Ce n'est pas une image pour consoler les vivants : c'est un lieu véritable, une demeure que mon per-djet de Saqqara, orienté vers ces mêmes étoiles circumpolaires, prépare déjà. Je cesserai d'être un homme enfermé dans un tombeau pour devenir une lumière fixe dans l'ordre du monde, aussi stable que la Maât elle-même. Voilà ce que signifie, pour un roi, ne jamais vraiment mourir.

Je cesserai d'être un homme enfermé dans un tombeau pour devenir une lumière fixe dans l'ordre du monde.

Si un jour ces mots gravés dans votre couloir étaient lus par des hommes bien après vous, que voudriez-vous qu'ils comprennent ?

Si les rois qui viendront après moi entendent encore ces mots, j'aimerais qu'ils comprennent une chose simple : la pierre s'use, les couloirs s'effondrent parfois, mais les medu netjer, une fois prononcés et gravés avec soin, continuent d'agir. Je n'ai pas la vanité de croire que mon seul nom suffira à traverser les âges — mais ces formules, elles, ont leur propre héka, indépendante de moi. Si un roi de la dynastie qui suivra la mienne les reprend sur les parois de sa propre demeure d'éternité, alors elles auront fait leur office : porter un homme, quel qu'il soit, jusqu'au trône d'Osiris et jusqu'aux étoiles de Sah. Ce ne serait pas ma défaite, ce serait la victoire des mots eux-mêmes sur l'oubli.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ounas. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.