Grande épouse royale de Ramsès II, Néfertari est l'une des reines les plus célèbres de l'Égypte ancienne. Son tombeau de la Vallée des Reines, aux peintures exceptionnellement préservées, témoigne de son rang exceptionnel. Ramsès II lui dédia le petit temple d'Abou Simbel, où elle fut représentée à égale hauteur que le pharaon.
Néfertari(1289 av. J.-C. — 1254 av. J.-C.)
Néfertari
Égypte antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1279 av. J.-C. : elle devient Grande épouse royale de Ramsès II au début de son règne
- Ramsès II lui dédie le petit temple d'Abou Simbel, consacré à Hathor, fait rarissime pour une reine
- Son tombeau QV66 dans la Vallée des Reines est considéré comme le plus beau de l'Égypte ancienne
- Elle fut associée à la déesse Hathor et à Isis, témoignant d'un statut quasi-divin de son vivant
- Elle joua probablement un rôle dans la diplomatie, notamment lors du traité de paix égypto-hittite (vers 1259 av. J.-C.)
Œuvres & réalisations
Tombeau de 520 m² aux peintures exceptionnellement préservées illustrant les chapitres du Livre des Morts et le voyage de Néfertari vers l'éternité. Considérée comme le chef-d'œuvre absolu de l'art funéraire égyptien du Nouvel Empire.
Sanctuaire rupestre dédié conjointement à la déesse Hathor et à la reine Néfertari, unique en son genre dans l'histoire égyptienne. Les six colosses de la façade représentent alternativement Ramsès II et Néfertari à même hauteur, bris d'une convention réservant ce privilège aux seuls dieux.
Lettre royale scellant l'alliance égypto-hittite après le grand traité de paix, témoignant du rôle diplomatique actif des reines égyptiennes sur la scène internationale. Document d'une valeur historique exceptionnelle, conservé dans les archives de Boghazköy en Anatolie.
Nombreuses scènes sculptées et peintes montrant Néfertari participant aux grandes cérémonies religieuses aux côtés de Ramsès II. Ces reliefs attestent de sa présence active et de son rôle central dans la vie publique, religieuse et diplomatique du royaume.
Anecdotes
La tombe de Néfertari (QV66), découverte en 1904 par l'égyptologue Ernesto Schiaparelli dans la Vallée des Reines, est considérée comme la plus belle tombe jamais creusée en Égypte. Ses peintures aux couleurs éclatantes représentent des scènes du Livre des Morts et témoignent d'un soin exceptionnel, réservé à une reine particulièrement chérie de son époux.
Ramsès II dédia le petit temple d'Abou Simbel à Néfertari et à la déesse Hathor — un honneur unique dans toute l'histoire égyptienne. Sur la façade, ses colosses sont représentés à la même hauteur que ceux du pharaon, brisant une convention millénaire qui réservait aux dieux seuls ce privilège.
Vers 1258 av. J.-C., après la signature du traité de paix égypto-hittite, Néfertari écrivit une lettre personnelle à Puduhepa, reine des Hittites, pour consolider l'alliance diplomatique entre les deux empires. Ce document, retrouvé dans les archives de Boghazköy en Anatolie, est l'une des plus anciennes correspondances connues entre deux souveraines.
Le nom complet de Néfertari était Néfertari-Méryenmout, signifiant « La belle compagne, aimée de Mout ». Ramsès II la désignait dans ses textes comme « la bien-aimée de Mout », la grande déesse mère de Thèbes, soulignant son rôle religieux autant que conjugal.
Une scène de la tombe QV66 montre Néfertari jouant au senet, jeu de plateau égyptien symbolisant le voyage de l'âme vers l'éternité. Cette image n'est pas anodine : elle signifie que la reine affronte et triomphe du destin, confirmant ainsi sa place parmi les bienheureux de l'au-delà.
Sources primaires
« Pour la grande épouse royale Néfertari, aimée de Mout, Ramsès II a fait construire ce temple taillé dans la montagne de Nubie, pour l'éternité. »
« Moi, ta sœur, je me réjouis que tu sois en bonne santé. Que les dieux d'Égypte et les dieux du Hatti t'accordent la paix et la prospérité. »
« Ô Néfertari, justifiée, tu entres dans l'au-delà en paix ; tu es accueillie par Osiris, maître de l'Occident éternel. Ton ka demeure vivant pour toujours. »
« La grande épouse royale Néfertari-Méryenmout, aimée du roi, vive, saine et sauve pour toujours et à jamais, accompagne le puissant taureau. »
Lieux clés
Tombeau de Néfertari orné des plus belles peintures funéraires du Nouvel Empire, représentant son voyage initiatique vers l'éternité guidée par les dieux. Restaurée par le Getty Conservation Institute entre 1986 et 1992, elle n'est accessible qu'à un très petit nombre de visiteurs pour la préserver.
Sanctuaire rupestre dédié conjointement à Néfertari et à la déesse Hathor, dont la façade porte les colosses de la reine à égale hauteur que ceux de Ramsès II, honneur sans précédent dans l'art royal égyptien. Déplacé en 1968 lors de la construction du barrage d'Assouan pour le soustraire aux eaux du lac Nasser.
Vaste complexe de temples où Néfertari est représentée aux côtés de Ramsès II dans de nombreuses scènes religieuses et cérémonielles. C'est à Karnak que furent gravées les stèles commémorant le traité de paix avec les Hittites, auxquelles la reine fut associée.
Capitale fastueuse édifiée par Ramsès II dans le delta oriental du Nil, où résidait la cour royale et où Néfertari vécut la majeure partie de sa vie de reine. Le site correspond à l'actuelle Qantir, fouillée par des archéologues depuis les années 1980.
Objets typiques

Coiffe composée d'un disque solaire encadré de cornes de vache et de hautes plumes d'autruche, portée par Néfertari dans toutes ses représentations officielles. Elle symbolise son assimilation à Hathor, déesse de l'amour, de la beauté et de la maternité.
📷 CC0 · Wikimedia Commons ↗
Instrument de percussion sacré consacré à Hathor, que les reines agitaient lors des cérémonies religieuses pour éloigner les forces du mal. Néfertari est souvent représentée tenant un sistre, marquant son rôle de grande prêtresse de la déesse.
📷 CC0 · Wikimedia Commons ↗
Large collier semi-circulaire à rangées de perles en or, lapis-lazuli, cornaline et turquoise, emblème du rang royal et divin. Néfertari en porte de spectaculaires exemplaires dans les peintures de sa tombe, associés à sa protection divine.

Sceptre de pouvoir à tête de faucon tenu lors des rituels officiels, symbolisant l'autorité sacrée de la reine. Il lui conférait la capacité d'intercéder auprès des dieux pour la prospérité de l'Égypte.

Croix ansée, symbole universel de la vie éternelle en Égypte ancienne. Dans les peintures de QV66, les dieux offrent régulièrement un ankh à Néfertari, signifiant qu'elle est accueillie et vivifiée dans l'au-delà.
📷 CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Jeu de plateau à cases et pions représentant le voyage de l'âme vers l'éternité, pratiqué à la fois comme divertissement et comme rituel funéraire. Une scène célèbre de la tombe QV66 montre Néfertari jouant au senet, affrontant le destin et triomphant de la mort.
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Vie quotidienne
Matin
Néfertari se levait à l'aube pour assister aux rituels du lever du soleil dans les chapelles du palais, où des prêtresses agitaient les sistres et récitaient des hymnes à Rê et à Hathor. Elle participait activement à ces cérémonies en tant que grande prêtresse royale, avant d'être parée par ses servantes selon un protocole codifié.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux devoirs de représentation : audiences avec les dignitaires, supervision des ateliers royaux qui travaillaient sous sa tutelle, et gestion du vaste domaine de la Grande Épouse Royale comprenant terres agricoles, greniers et artisans attitrés. Néfertari intervenait également dans la correspondance diplomatique avec les cours étrangères.
Soir
Les soirées à la cour se déroulaient en banquets où musiciens, acrobates et danseurs se produisaient devant l'assemblée. Néfertari y présidait aux côtés de Ramsès II, ornée de ses plus beaux joyaux, participant aux libations et aux offrandes aux ancêtres royaux qui clôturaient la journée.
Alimentation
La table royale comprenait du pain fin façonné en cônes ou en animaux, des viandes rôties (bœuf, canard, oie), du poisson du Nil, des légumes (laitue, oignons, poireaux), des dattes, des figues et du raisin. La bière de haute qualité et le vin importé du Levant et de Nubie figuraient parmi les boissons servies lors des repas officiels.
Vêtements
Néfertari portait de fines robes en lin blanc plissé quasi transparent, parfois rehaussées de broderies rouges ou bleues, nouées sous la poitrine selon la mode du Nouvel Empire. Ses tenues de cérémonie étaient complétées par un grand collier ousekh, des bracelets en or massif et des sandales en cuir doré. La couronne hathorique distinguait ses apparitions officielles.
Habitat
Le palais royal de Pi-Ramsès dans le delta du Nil constituait sa résidence principale, avec des appartements ornés de fresques représentant des jardins et des scènes nilotiques. À Thèbes lors des grandes fêtes religieuses comme Opet, la cour séjournait dans des palais annexes proches des temples de Karnak et de Louxor, au bord du fleuve.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style des peintures de la tombe QV66 : canon égyptien classique en vue de profil, aplats de lapis-lazuli, ocre rouge, malachite et or sur fond crème caractéristique du Nouvel Empire thébain.
Ambiance sonore
Ambiance sonore de la cour royale égyptienne du XIIIe siècle av. J.-C. : sistres sacrés d'Hathor, chants sacerdotaux, flûtes de roseaux et souffle du vent chaud sur les falaises de Thèbes.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Tombe QV66, Vallée des Reines
vers 1260–1254 av. J.-C.
Temple d'Hathor et Néfertari à Abou Simbel
vers 1264–1244 av. J.-C.
Correspondance diplomatique avec la reine hittite Puduhepa
vers 1258 av. J.-C.
Représentations à Louxor et Karnak
vers 1279–1254 av. J.-C.
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Voir aussi
Personnages liés

Aton

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