Ounas est le dernier pharaon de la Ve dynastie égyptienne, ayant régné vers 2375-2345 av. J.-C. Sa pyramide de Saqqara est mondialement célèbre pour contenir les Textes des Pyramides, les plus anciens textes religieux écrits connus de l'humanité.
Ounas(2374 av. J.-C. — 2349 av. J.-C.)
Ounas
Égypte antique, Ancien Empire de l'Égypte
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Dernier pharaon de la Ve dynastie, règne vers 2375-2345 av. J.-C.
- Sa pyramide à Saqqara est la première à contenir des Textes des Pyramides gravés sur ses parois
- Les Textes des Pyramides constituent les plus anciens écrits religieux connus de l'humanité
- Sa pyramide, bien que de dimensions modestes, est exceptionnellement riche en inscriptions hiéroglyphiques
- Son règne marque la transition vers la VIe dynastie et la fin de l'Ancien Empire
Œuvres & réalisations
Premier corpus religieux écrit de l'humanité, gravé sur les parois de la pyramide d'Ounas. Ces formules magiques ont influencé tous les textes funéraires égyptiens ultérieurs jusqu'au Livre des Morts du Nouvel Empire.
Le texte religieux le plus saisissant de l'Ancien Empire, décrivant le pharaon dévorant les dieux pour s'approprier leurs puissances cosmiques. Ce poème est l'un des passages les plus commentés de toute l'égyptologie moderne.
Ensemble monumental comprenant la pyramide, un temple funéraire, une chaussée décorée de 750 mètres et un temple de la vallée. Malgré ses dimensions modestes, la richesse de son programme décoratif intérieur est sans équivalent pour l'époque.
La chaussée processionnelle d'Ounas est ornée de scènes rares : personnages squelettiques victimes de la famine, artisans au travail, transport maritime de colonnes de granit. Ces reliefs constituent un témoignage exceptionnel de la vie sous l'Ancien Empire.
Anecdotes
Les Textes des Pyramides gravés dans la chambre funéraire d'Ounas à Saqqara sont les plus anciens textes religieux écrits connus de l'humanité. Ces formules magiques, tracées en hiéroglyphes surlignés de pigment bleu-vert, devaient assurer au pharaon une résurrection et une vie éternelle parmi les étoiles impérissables du ciel nocturne.
L'une des formules les plus stupéfiantes des Textes des Pyramides est l'Hymne cannibale (formules 273-274) : il décrit Ounas dévorant les dieux eux-mêmes pour absorber leurs pouvoirs cosmiques. « Ounas est le taureau céleste qui vit de l'être de chaque dieu. » Ce texte envoûtant est en réalité une métaphore de l'assimilation magique de la puissance divine.
La pyramide d'Ounas est étonnamment petite comparée à celles de ses prédécesseurs — environ 57 mètres de côté à la base — mais son intérieur est d'une richesse inégalée. Le couloir d'accès, long de 37 mètres, est recouvert de milliers de hiéroglyphes soigneusement incisés, faisant de cette pyramide une véritable demeure des mots divins.
La chaussée processionnelle menant à la pyramide d'Ounas, longue de 750 mètres, était décorée de bas-reliefs exceptionnels. On y voit des scènes de famine avec des personnages émaciés, témoins d'une probable sécheresse, et le transport maritime de colonnes en granit depuis Assouan — document rare sur la logistique monumentale de l'Ancien Empire.
Ounas est associé dans les Textes des Pyramides à la constellation d'Orion (Sah en égyptien), demeure céleste du dieu Osiris. Selon ces formules, le pharaon défunt monte vers le ciel comme une étoile impérissable et prend place parmi les dieux, immortalisé pour l'éternité dans le firmament nocturne.
Sources primaires
« Ounas est apparu couronné comme seigneur de l'horizon... Ounas dévore les hommes, se nourrit des dieux... Il mange leur magie, avale leur esprit. Les grands lui appartiennent pour son repas du matin, les moyens pour son repas du soir. »
« Ô Ounas, tu n'es pas parti mort, tu es parti vivant. Assieds-toi sur le trône d'Osiris, ton sceptre en main, pour commander les vivants et les morts. »
Fragment de stèle enregistrant les règnes des pharaons de l'Ancien Empire, avec des notations annuelles des crues du Nil, des constructions royales et des fondations de temples.
Scènes de famine représentant des personnages squelettiques allongés, et transport de colonnes en granit par bateau depuis Assouan — témoignage visuel direct des activités du règne d'Ounas.
Lieux clés
Monument funéraire d'Ounas à Saqqara, nécropole royale de Memphis. Sa modeste pyramide renferme les premières Textes des Pyramides de l'humanité, inscrits sur ses parois intérieures de calcaire blanc.
Capitale de l'Ancien Empire et siège du palais royal d'Ounas. Memphis était également la cité du dieu Ptah, créateur du monde par la parole, en écho aux formules magiques gravées dans la pyramide.
Grand centre du culte solaire de Rê, auquel la Ve dynastie était profondément dévouée. Les prêtres d'Héliopolis ont vraisemblablement composé une large partie des formules des Textes des Pyramides.
Espace cosmique mythologique traversé par le pharaon après sa mort, peuplé de divinités, de gardiens et d'épreuves. Les Textes des Pyramides cartographient ce voyage céleste pour guider Ounas vers les étoiles impérissables.
Nécropole de la Ve dynastie où reposent les prédécesseurs d'Ounas (Sahourê, Néferirkarê, Niouserrê). Les Papyrus d'Abousir découverts ici documentent l'organisation des temples funéraires royaux de cette époque.
Objets typiques

Le sarcophage d'Ounas est taillé dans la grauwacke, roche volcanique sombre. À l'intérieur du couvercle, des étoiles dorées peintes sur fond bleu nuit symbolisent le ciel cosmique que le pharaon habitera après sa mort.

Les formules hiéroglyphiques incisées dans le calcaire blanc des couloirs et chambres funéraires, surlignées de pigment bleu-vert (couleur de la régénération), constituent l'œuvre spirituelle centrale du règne d'Ounas.

Attribut du pharaon-berger gouvernant son peuple comme un troupeau. Les Textes des Pyramides décrivent Ounas tenant ce sceptre sur le trône d'Osiris dans la Douat.

Associé à la crosse royale, ce fléau symbolise la puissance souveraine et la fertilité. Ounas est représenté en position osirienne, bras croisés, tenant ces deux insignes éternels.

Quatre vases destinés à conserver les organes du pharaon embaumé, protégés par les fils d'Horus. Leur présence garantissait l'intégrité du corps pour la résurrection décrite dans les Textes des Pyramides.

Amulette protectrice en forme d'œil stylisé, symbole de guérison et de protection divine. Les Textes des Pyramides invoquent l'Oudjat pour préserver le pharaon lors de son voyage dans la Douat.

Coiffe royale associant la couronne blanche de Haute-Égypte et deux plumes d'autruche, attribut d'Osiris lui-même. Dans les Textes des Pyramides, Ounas est identifié à Osiris et porte symboliquement cette couronne dans l'éternité.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du soleil, Ounas accomplissait les rites d'éveil divin dans le temple de son complexe, assisté de prêtres qui purifiaient son ka avec de l'eau sacrée venue des bassins rituels. Des offrandes de pain conique, de bière d'épeautre et d'encens kyphi étaient présentées aux statues royales pour nourrir son double spirituel.
Après-midi
Ounas recevait les rapports de son vizir et des administrateurs des nomes, arbitrant les litiges fonciers et supervisant les chantiers du royaume. Il présidait aux cérémonies solaires du temple d'Héliopolis où les prêtres de Rê intercédaient en son nom auprès du dieu créateur.
Soir
Le coucher du soleil déclenchait les rites de protection nocturne : les prêtres-lecteurs récitaient des formules contre les forces du chaos. Les astronomes royaux observaient la position d'Orion (Sah), résidence céleste d'Osiris et destination promise au pharaon selon les Textes des Pyramides.
Alimentation
La table royale comprenait pains de formes rituelles, bœuf et volailles des troupeaux sacrés, poissons du Nil, lentilles et pois chiches, figues, dattes et raisins des vignobles du Delta. La bière d'épeautre et le vin de palme accompagnaient les banquets ; les meilleures pièces étaient d'abord offertes aux dieux avant d'être consommées par la cour.
Vêtements
Ounas portait le schenti de lin blanc très fin, symbole de pureté rituelle, avec une ceinture dorée incrustée de faïence bleue. Le némès rayé or et blanc couvrait sa tête, surmonté de l'uraeus en cobra dressé. De larges colliers usekh en perles de lapis-lazuli, cornaline et électrum complétaient sa parure solennelle.
Habitat
Ounas résidait dans le Palais Blanc de Memphis, complexe de bâtiments en briques crues blanchis à la chaux entouré de jardins irrigués. Mais sa véritable demeure, sa « maison d'éternité » (per-djet), était sa pyramide de Saqqara, orientée vers les étoiles circumpolaires qui ne se couchent jamais — image parfaite de l'immortalité royale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Intérieur de pyramide baigné de bleu lapis-lazuli et d'or, parois couvertes de hiéroglyphes turquoise sur calcaire blanc immaculé — une atmosphère cosmique et solennelle à la frontière du monde des vivants et de l'éternité stellaire.
Ambiance sonore
Chants rituels de prêtres dans des couloirs de calcaire, coups de ciseau sur la pierre sacrée, sistres rythmiques et grand silence du désert nocturne sur le plateau de Saqqara — l'univers sonore d'une éternité gravée dans la roche.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Textes des Pyramides
vers 2345 av. J.-C.
L'Hymne cannibale (formules 273-274)
vers 2345 av. J.-C.
Complexe pyramidal de Saqqara
vers 2375-2345 av. J.-C.
Chaussée aux bas-reliefs de famine
vers 2375-2345 av. J.-C.
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Voir aussi
Personnages liés

Aton

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1289 av. J.-C. — 1254 av. J.-C.

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1340 av. J.-C. — 1323 av. J.-C.

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1400 av. J.-C. — 1335 av. J.-C.

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