Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Roxelane

par Charactorium · Roxelane · Politique · Société · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Roxelane
Wikimedia Commons, Public domain — anonymous / Unidentified painter

L'entretien se tient dans les appartements privés de Hürrem Sultan au palais de Topkapi, non loin des jardins clos où elle a coutume de se promener. Entre deux audiences, elle a accepté de revenir, avec une franchise rare pour une femme de son rang, sur le chemin qui l'a menée du servage à la Sublime Porte.

Vous souvenez-vous du jour où tout bascula, quand vous fûtes arrachée à votre terre ?

Je n'avais guère plus de quinze ans lorsque les cavaliers tatars fondirent sur mon village, du côté de Rohatyn, en Ruthénie. On m'enchaîna avec d'autres filles, on me vendit à Constantinople comme une pièce de bétail précieuse. Je pourrais vous dire que j'ai pleuré des nuits entières — c'est vrai — mais je me souviens surtout d'avoir décidé, très tôt, que je ne resterais pas silencieuse. Dans le harem, les femmes gardaient les yeux baissés et la voix éteinte ; moi, je riais. Je riais fort, je riais souvent, et les servantes du palais se mirent à m'appeler Hürrem, « la joyeuse ». Ce rire n'était pas de l'insouciance : c'était mon unique arme, la seule chose que les Tatars ne m'avaient pas volée. Je l'ai gardée comme un talisman jusqu'à la fin de mes jours.

Je riais fort, je riais souvent : ce rire était mon unique arme.

Que ressentîtes-vous le jour où Soliman vous affranchit et vous épousa devant sa cour ?

Ce jour-là, on brisa quelque chose qui tenait depuis des siècles. Aucun sultan, avant Soliman, n'avait pris pour épouse légale une esclave de son propre harem — on prenait des concubines, jamais des femmes. Quand il m'affranchit puis m'épousa solennellement, en 1533 ou 1534 selon les mois qu'on compte, les ambassadeurs présents à Istanbul en restèrent muets, puis se précipitèrent d'écrire à leurs princes : une esclave ruthène assise à la table du Grand Seigneur ! Je n'ai pas ressenti seulement de la fierté, ce jour-là, mais une sorte de vertige : je savais que ce geste me rendrait, aux yeux de beaucoup, plus redoutable qu'aimée. On ne pardonne pas facilement à une femme d'avoir changé les règles du jeu.

Une esclave ruthène assise à la table du Grand Seigneur — les ambassadeurs en restèrent muets.

Pourquoi avez-vous voulu élever le complexe Haseki Sultan à Istanbul ?

Une femme de mon rang ne pouvait pas se contenter de bijoux et de kaftans de soie brodés d'or — il fallait laisser une trace que le temps ne pourrait effacer. J'ai donc fait rédiger un acte de waqf, une fondation pieuse perpétuelle, pour bâtir entre 1539 et 1551 une mosquée, une madrasa, un hôpital et un imaret qui nourrit les pauvres d'Istanbul chaque jour. Ce n'était pas seulement charité : c'était une déclaration. On ne conteste pas l'autorité d'une femme dont le nom orne les murs d'un hôpital où l'on soigne les malades sans distinction de fortune. Mon sceau, mon mühür, figure sur les actes qui garantissent ces revenus pour toujours. Je voulais qu'on dise : Hürrem ne fut pas seulement l'épouse du sultan, elle fut une souveraine à part entière.

On ne conteste pas l'autorité d'une femme dont le nom orne les murs d'un hôpital.

Que représente pour vous l'auberge des pèlerins que vous fîtes bâtir à Jérusalem ?

Jérusalem est loin d'Istanbul, mais aucune terre sainte n'est trop lointaine pour la piété d'une Haseki. Vers 1552, j'ai financé un imaret pour accueillir et nourrir les pèlerins qui affluaient vers la ville sainte, épuisés par la route, souvent sans un sou. Certains à la cour trouvaient étrange qu'une femme du harem étende ainsi sa générosité au-delà des murs de Topkapi ; je répondais que la charité n'a pas de frontières, et que mon nom pouvait voyager là où mon corps ne le ferait jamais. C'est peut-être la fondation dont je suis la plus fière : elle ne portait aucune ambition politique visible, seulement le souci que nul pèlerin ne meure de faim aux portes de Jérusalem sans que la Sublime Porte n'y ait pourvu.

Comment décririez-vous votre correspondance avec le roi de Pologne ?

En 1549, j'ai fait porter au roi Sigismond II Auguste une lettre de ma propre main, accompagnée d'un manteau de fourrure et de chemises brodées — des présents choisis pour dire l'amitié sans dire la faiblesse. Aucune femme de la cour ottomane, avant moi, n'avait ainsi correspondu directement avec un souverain étranger ; c'était le privilège des vizirs et du sultan seul. Mon encrier et mon calame sont devenus, avec le temps, des instruments aussi précieux que mes bijoux. Je pesais chaque formule, sachant que mes mots seraient lus, commentés, peut-être raillés à Cracovie. Mais je préférais qu'on me juge sur mes phrases plutôt que sur les rumeurs qui couraient déjà à mon sujet dans les capitales chrétiennes.

Je préférais qu'on me juge sur mes phrases plutôt que sur les rumeurs.
Porträt der Roxelane
Porträt der RoxelaneWikimedia Commons, Public domain — Venezianischer Meister des 18. Jahrhunderts

Qu'est-ce qui vous a poussée à écrire vous-même, plutôt que de laisser cette tâche aux vizirs du Divan ?

Parce qu'une lettre signée de ma main pèse autrement qu'un message transmis par un vizir. Depuis mes appartements, tout proches de ceux où siège le Divan, j'entendais parfois, à travers une grille, l'écho des délibérations des ministres. J'ai compris très tôt que l'influence se construit par petites touches répétées, non par un seul éclat. Alors j'ai pris mon sceau, mon mühür, et j'ai commencé à écrire — d'abord de courtes lettres de courtoisie, puis des messages qui pesaient sur l'amitié entre mon époux et des royaumes lointains. Certains à la cour trouvaient cela déplacé pour une femme du harem. Je leur répondais, en silence, par un nouveau courrier bien tourné. Les actes valent mieux que les protestations.

Comment répondez-vous à ceux qui disent que vous avez « ensorcelé » le sultan ?

L'ambassadeur vénitien Bernardo Navagero écrivait, en 1553, que j'exerçais sur l'esprit de mon époux une autorité que nulle avant moi n'avait possédée, et que « l'on dit qu'elle l'a ensorcelé ». Je n'ai jamais eu besoin de sortilège : j'avais son oreille, ses repas partagés, ses vers écrits sous le nom de Muhibbi, et cela suffisait à nourrir bien des jalousies. Quand Ibrahim Pacha tomba en disgrâce en 1536, on chuchota que j'y étais pour quelque chose ; quand j'obtins de quitter le Vieux Palais pour m'installer près de Soliman à Topkapi, rupture inouïe avec la coutume, on chuchota encore. Une sorcière est souvent le nom qu'on donne à une femme qu'on ne peut expliquer autrement.

Une sorcière est souvent le nom qu'on donne à une femme qu'on ne peut expliquer autrement.
La Roxelane vue du Pont Roche
La Roxelane vue du Pont RocheWikimedia Commons, Public domain — Edit. Russou, Fort-de-France

Comment avez-vous vécu les années où le prince Mustafa devint le rival déclaré de votre fils Selim ?

Un empire comme celui de mon époux ne connaît qu'une paix fragile tant que la succession n'est pas tranchée. Mustafa, fils d'une autre femme du harem, était aîné et aimé des janissaires ; mes fils, eux, portaient mon sang et donc, aux yeux de bien des courtisans, une ambition qu'on me prêtait plus qu'à eux. Quand le prince fut exécuté en 1553 sur ordre de son propre père, on chercha aussitôt une main derrière ce malheur, et la mienne fut la plus commodément désignée. Je ne dirai pas ce que je pensais dans le secret de mes appartements de Topkapi ; je dirai seulement qu'une mère qui voit son fils menacé de mort ne reste jamais tout à fait innocente aux yeux du monde, même si ses mains sont propres.

Décrivez-nous une journée ordinaire dans vos appartements de Topkapi.

Ma journée commence avant l'aube, avec la prière du fajr : à la cour, nul ne s'en dispense, pas même la Haseki. Puis je m'occupe de mes enfants — cinq fils et une fille — dont je surveille moi-même l'instruction, et de mon personnel, plusieurs dizaines de servantes qu'il faut savoir gouverner sans jamais élever la voix plus qu'il ne faut. L'après-midi se passe en audiences discrètes et en lecture de vers, parfois en dictée de lettres. Le soir venu, si le sultan n'est pas retenu par le conseil, nous soupons ensemble — privilège que peu de sultanes avant moi ont connu — entourés de musique et de poésie récitée à voix basse. Je porte alors mes plus beaux kaftans brodés d'or ; c'est dans ces heures-là, entre deux plats de pilaf au safran, que se décident parfois plus d'affaires que dans tout le Divan réuni.

Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous, après votre mort ?

Qu'on ne me réduise pas à une esclave devenue favorite par chance ou par charme. Je fus cela, certes, mais je fus aussi celle qui fit bâtir un hôpital où l'on soigne encore les pauvres d'Istanbul, celle qui écrivit de sa main à un roi de Pologne, celle que Soliman appela dans ses vers « mon printemps, mon être de joie, mon jour et ma nuit ». Quand je fermerai les yeux, mon époux fera élever pour moi un türbe dans son propre complexe funéraire — honneur qu'aucune femme de harem n'avait reçu avant moi. Mon fils Selim portera peut-être un jour la couronne ; ce sera alors mon dernier ouvrage, invisible celui-là, achevé après ma mort. Qu'on se souvienne que j'ai fait de mon rire une arme et de ma plume un sceptre.

J'ai fait de mon rire une arme et de ma plume un sceptre.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Roxelane. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.