Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Sei Shōnagon

par Charactorium · Sei Shōnagon (966 — 1025) · Lettres · Philosophie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Sei Shōnagon
Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

Un soir d'hiver à Heian-kyō, derrière les stores de bambou des appartements impériaux, un brasier rougeoie et l'encens flotte encore dans la pièce. Sei Shōnagon, éventail à demi ouvert et rouleau de papier posé près d'elle, accepte de parler de son pinceau et de son siècle. Dehors la neige tombe sur le jardin ; elle demande qu'on relève le store pour la regarder blanchir.

Comment ces fameuses Notes de chevet ont-elles commencé à naître sous votre pinceau ?

On m'avait remis une liasse de papier — un beau papier épais dont l'impératrice Teishi ne savait que faire. Je me suis dit : j'en ferai un oreiller de notes. Depuis, dès qu'une chose me frappe, je saisis mon fude et je la couche sur le rouleau, sans ordre, au fil du pinceau. Comme je l'ai écrit moi-même, « en ce moment, ce qui me plaît, c'est d'observer les choses avec attention. Quand je vois quelque chose de beau ou d'intéressant, je ne peux m'empêcher de le noter. C'est ainsi que j'ai commencé à écrire ces notes sans ordre particulier. » Ce n'est pas une doctrine, entendez-le bien. C'est un geste : celui de la main qui ne veut pas laisser filer un matin de neige ni le froissement d'une soie.

Pourquoi cette manie de dresser des listes de choses aimées ou détestées ?

Vous voulez parler de mes énumérations. J'aime ranger le monde par affinités, non par logique. « Les choses agréables : trouver des notes que l'on avait écrites autrefois ; lire un essai ou un poème qu'on avait oublié ; une belle calligraphie sur du papier teint. » Voilà comment je pense. Il y a aussi les choses qui font battre le cœur, les choses déplaisantes, celles qui perdent à être peintes. Nommer, c'est déjà chérir ou congédier. Sur mon washi je dresse ces inventaires comme d'autres alignent des perles, et je crois que cette manière — ce zuihitsu, ce fil du pinceau — n'existait pas avant que je m'y essaie.

Qu'est-ce qui, à vos yeux, rend une chose véritablement belle ?

La beauté ne dure pas, et c'est pour cela qu'elle serre le cœur. Un kōro, ce brûle-parfum, laisse monter un encens qui déjà se défait dans l'air : voilà ce que j'aime. J'ai mes heures de prédilection — l'aube en été, quand la lune pâlit ; le soir d'automne, quand les corbeaux rentrent par trois, par quatre, sur le ciel rougi. On appelle mono no aware cette pointe de mélancolie devant les choses qui passent. Je n'en fais pas une leçon ; je la note. Un sensu ouvert d'un coup sec, une manche de soie qui dépasse d'un store, un flocon sur une clôture noire : ces riens sont ma matière. Le raffinement, le miyabi, n'est pas la richesse — c'est l'œil qui sait s'arrêter au bon moment.

La beauté ne dure pas, et c'est pour cela qu'elle serre le cœur.

Vous souvenez-vous de vos premiers jours au service de l'impératrice ?

C'était vers ma vingt-cinquième année, à la cour de Heian-kyō. J'entrai comme nyōbō auprès de l'impératrice Teishi, et je me rappelle ma gêne des premiers jours : je cachais mon visage derrière mon éventail, je n'osais lever les yeux sur les peintures des paravents. Teishi était jeune, vive ; elle riait de ma timidité et me tendait des pièges d'esprit pour me faire parler. Servir dans ces appartements du Palais impérial, c'était vivre dans un écrin : stores de bambou, brûle-parfums, le froissement des juni-hitoe aux douze couches. On m'y donna d'observer ce que peu voyaient. Tout ce que j'ai écrit ensuite est né derrière ces stores, dans la lumière tamisée de son service.

Que reste-t-il de l'impératrice Teishi dans vos pages ?

On ne parle pas volontiers de ces choses. L'impératrice Teishi s'en est allée alors qu'elle était encore dans la fleur de l'âge, et la cour a changé de visage. J'avais connu ses années lumineuses ; je n'ai pas voulu peindre ses années d'ombre. Vous remarquerez que mes notes gardent d'elle le rire, les joutes de poèmes, les nuits de neige où elle nous demandait de relever le store pour voir le jardin blanchi — jamais le déclin. C'est ma façon de la servir encore. Après elle, la faveur passa vers d'autres maisons, d'autres appartements. On dit que je me suis retirée du côté d'Ishiyama-dera, dans le calme des temples. Peut-être. Une dame de cour sans sa dame n'est plus qu'un éventail refermé.

Une dame de cour sans sa dame n'est plus qu'un éventail refermé.
Lady Sei Shōnagon (image 1 of 3)
Lady Sei Shōnagon (image 1 of 3)Wikimedia Commons, Public domain — Kobayashi Kiyochika (Japan, 1847-1915)

On vous dit d'un esprit mordant, parfois impertinent. Comment le prenez-vous ?

On me dit impertinente. Je le suis, sans doute. À la cour, l'esprit est une arme aussi sûre qu'un beau visage, et je n'ai jamais consenti à sembler sotte pour plaire. Quand un galant citait de travers un vers chinois, je le reprenais ; quand une dame se parait sans goût, mon pinceau s'en souvenait. Cela m'a valu des admirateurs et des jaloux en nombre égal. J'assume : mieux vaut une langue vive qu'un cœur tiède. Mon père, Kiyohara no Motosuke, m'avait donné le goût des textes et des joutes ; j'y ai gagné de tenir tête aux lettrés. Certains ont vu là de la vanité. J'y vois la seule fierté permise à une femme qui n'a, pour tout royaume, qu'un rouleau de washi et la vivacité de son regard.

Que diriez-vous des autres plumes de femmes qui écrivent au même moment que vous ?

La cour n'a jamais manqué de plumes de femmes, et chaque maison impériale a son salon. Dans les appartements d'une maison rivale, on murmure qu'une dame compose un long récit, le Genji monogatari, tout en délicatesse et en soupirs — un art bien différent du mien. Je ne dresse pas d'inventaires du cœur des princes, moi ; je note ce que je vois, sans broder de longues intrigues. Chacune sa manière. On nous oppose, on nous opposera peut-être encore. Je crois qu'un lecteur avisé nous lira ensemble : l'une pour la mélancolie tissée, l'autre — moi — pour l'éclat vif de l'instant saisi. La rivalité fait jaser les stores ; elle n'ôte rien à ce que chacune aura vu de vrai.

Comment une femme a-t-elle pu recevoir un savoir d'ordinaire réservé aux hommes ?

Par mon père, Kiyohara no Motosuke, poète de renom, et par les livres qu'il ne m'a pas cachés. On apprend aux filles le kana, cette écriture souple faite pour nous, et on leur laisse la poésie waka, les trente et une syllabes. Mais les caractères chinois, la haute littérature du continent, on les réserve d'ordinaire aux hommes. Mon père me les a ouverts. Aussi, quand un dignitaire lâchait une allusion à un vers de Chine, croyant m'égarer, je répondais — et l'on s'étonnait qu'une nyōbō eût lu ces textes. J'ai appris tôt qu'un savoir tu vaut mieux qu'un savoir étalé : je le laissais paraître au bon instant, comme une manche qu'on montre juste assez. C'est là, je crois, ma plus rare parure.

Lady Sei Shōnagon (image 2 of 3)
Lady Sei Shōnagon (image 2 of 3)Wikimedia Commons, Public domain — Kobayashi Kiyochika (Japan, 1847-1915)

Pourquoi écrire dans la langue de tous les jours plutôt que dans le chinois des lettrés ?

Parce que le kana est notre voix. Le chinois est la langue des édits, des traités, des hommes de conseil ; il a sa gravité. Mais pour dire un frisson, la couleur d'un store à l'aube, le dépit d'attendre une lettre qui ne vient pas, il faut une écriture qui épouse le souffle japonais. Nous, les femmes des appartements, nous avons fait de ce syllabaire une soie où tout se peut broder. Sur mon washi, avec le sumi et le fude, j'écris comme je parle, vive et sans latin de cour. On jugera peut-être cela léger. Je réponds que ce prétendu léger a retenu ce que les graves annales ont laissé filer : le grain d'une journée, le tremblé d'une saison.

Le kana est notre voix.

Que racontent les objets qui vous entourent au quotidien ?

Regardez autour de moi. Ce kōro d'où monte l'encens — j'en connais chaque parfum, et je sais lequel convient à la pluie, lequel à la lune. Ce sensu peint, que j'ouvre pour cacher un rire ou souligner un mot. Le rouleau, le makimono, où court mon pinceau. Les douze couches du juni-hitoe, dont l'art n'est pas la richesse mais l'accord des teintes : un mauve sous un vert pâle, comme une glycine sur la mousse. Ces objets ne sont pas des ornements vides ; ils sont ma langue avant la langue. Une dame se juge à la façon dont ses manches se superposent au bord d'un store, à l'encens qu'elle laisse dans une pièce qu'elle vient de quitter. J'ai passé ma vie à lire les êtres à ces signes-là.

Si vous pouviez imaginer qu'on vous lise dans un siècle, qu'espéreriez-vous qu'on retienne ?

Voilà une pensée qui me trouble et me flatte. J'ai écrit ces notes pour moi, sur cet oreiller de papier, sans songer qu'un regard s'y poserait — j'en aurais rougi. Si, par impossible, on me lit dans cent ans, je ne veux pas qu'on retienne des dates ni des règnes ; les annales s'en chargent. Qu'on retienne plutôt qu'un matin de neige valait une joute de poèmes, qu'un chaton maladroit méritait sa ligne, que le froissement d'une soie disait plus long qu'un discours. Que ce fut une femme, derrière ses stores de Heian-kyō, qui osa juger le monde à la mesure de son goût. Si cela survit au washi et au sumi, alors mon pinceau n'aura pas couru pour rien.

Qu'un matin de neige valait une joute de poèmes.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Sei Shōnagon. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.