Catherine de Sienne(1347 — 1380)
Catherine de Sienne
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Mystique et théologienne italienne du XIVe siècle, Catherine de Sienne joua un rôle politique majeur en convainquant le pape Grégoire XI de quitter Avignon pour rentrer à Rome. Docteur de l'Église, elle laissa une œuvre spirituelle et épistolaire considérable.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Soyez ce que vous devez être, et vous mettrez le feu au monde entier. »
« Si vous êtes ce que vous devriez être, vous embraserez le monde entier. »
Faits marquants
- Née en 1347 à Sienne, vingt-quatrième enfant d'une famille de teinturiers
- Tertiaire dominicaine dès l'adolescence, elle consacre sa vie à la prière et aux soins des malades
- En 1376, elle convainc le pape Grégoire XI de quitter Avignon et de ramener la papauté à Rome
- Auteure du Dialogue de la Divine Providence et de près de 380 lettres adressées à des papes, rois et religieux
- Proclamée docteur de l'Église par Paul VI en 1970, l'une des premières femmes à recevoir ce titre
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre spirituel de Catherine, dicté en extase à ses secrétaires, qui prend la forme d'un dialogue entre l'âme et Dieu. Traduit en latin dès le XVe siècle, il est considéré comme l'un des grands textes mystiques du Moyen Âge.
Corpus de 382 lettres adressées aux papes, rois, condottières, religieux et simples fidèles, rédigées en toscan vulgaire. Ces lettres, d'une franchise et d'une éloquence remarquables, constituent un témoignage unique sur la politique et la spiritualité du XIVe siècle.
Recueil de 26 prières prononcées par Catherine lors de ses extases et transcrites par ses secrétaires. Elles révèlent la profondeur de sa vie intérieure et sa théologie centrée sur le sang du Christ.
Anecdotes
Catherine de Sienne apprit à lire seule, miraculeusement selon ses contemporains, alors qu'elle était adulte. Elle dicta toute sa correspondance et ses œuvres à des secrétaires avant d'acquérir elle-même la capacité d'écrire, ce que ses proches considéraient comme un don divin.
À l'âge de sept ans, Catherine aurait eu sa première vision du Christ en gloire au-dessus de l'église des Dominicains de Sienne. Cette expérience mystique orienta toute sa vie : elle prononça dès lors un vœu de virginité, malgré la volonté de ses parents de la marier.
En 1375, Catherine reçut les stigmates du Christ lors d'une extase à Pise. Elle pria pour qu'ils restent invisibles de son vivant afin d'éviter la vanité, et il est dit que la douleur demeura sans que les marques ne soient visibles aux autres.
Pour convaincre le pape Grégoire XI de quitter Avignon, Catherine lui écrivit des lettres d'une franchise saisissante, le qualifiant de « doux Christ sur terre » tout en le réprimandant pour sa pusillanimité. Cette audace d'une simple artisane s'adressant au souverain pontife est remarquable pour l'époque.
Catherine mourut à Rome à seulement 33 ans, épuisée par ses jeûnes prolongés et ses austérités. Dans ses dernières semaines, elle ne pouvait plus avaler aucune nourriture et passait ses journées en prière pour l'unité de l'Église, au moment même où le Grand Schisme déchirait la chrétienté.
Sources primaires
Ouvre les yeux de ton intelligence et regarde en moi, et tu verras la dignité et la beauté de ma créature raisonnable. Mais plus encore, regarde cette ineffable amour que j'ai eue pour elle.
Je vous supplie, je vous supplie, doux Père, au nom du Christ crucifié, de ne pas craindre ; mais venez, venez combattre les ennemis de Dieu. Soyez courageux, et non pas lâche.
J'ai trouvé tant de consolation et d'odeur de vertus en vous que mon âme s'en est réjouie en Dieu ; et je rends grâces à Sa divine Majesté qui vous a donné une telle grâce.
Elle restait des jours entiers sans prendre aucune nourriture corporelle, soutenue, disait-elle, par la seule communion eucharistique, ce que plusieurs témoins oculaires attestèrent sous serment.
Lieux clés
Ville natale de Catherine, où elle grandit dans le quartier de Fontebranda, près de la teinturerie paternelle. C'est ici qu'elle vécut ses premières expériences mystiques et commença son apostolat auprès des pauvres et des malades.
Église des Dominicains où Catherine fut affiliée aux Mantellate et où elle vécut de nombreuses extases. Sa tête y est conservée comme relique, objet de pèlerinage depuis le XIVe siècle.
Siège de la papauté depuis 1309, ville où Catherine se rendit en 1376 pour convaincre Grégoire XI de rentrer à Rome. Son séjour avignonnais, marqué par de multiples audiences pontificales, fut décisif pour l'histoire de l'Église.
Ville où Catherine s'installa en 1378 pour soutenir le pape Urbain VI lors du Grand Schisme. Elle y mourut le 29 avril 1380 ; ses reliques sont conservées à la basilique Santa Maria sopra Minerva.
C'est dans l'église Santa Cristina de Pise qu'en 1375, lors d'une extase, Catherine reçut les stigmates invisibles du Christ. Cette ville fut une étape importante de son apostolat en Toscane.






