Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Shōshi

par Charactorium · Shōshi (988 — 1074) · Politique · Lettres · Culture · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Shōshi
Wikimedia Commons, Public domain — Empress_Shoshi_and_son.jpg: Unknown. Original upload on English Wikipedia by User:Truthkeeper88 derivative work: Cr

Kyoto, la nuit tombe sur le Dairi et les lampes à huile tremblent derrière les rideaux de soie. Sous un paravent peint où court une branche de cerisier, une vieille dame en robe monastique nous reçoit — Jōtōmon'in, autrefois l'impératrice Shōshi, fille du plus puissant des Fujiwara. Sa voix est basse, ses mots pesés comme des grains d'encens.

Vous souvenez-vous du jour où vous êtes entrée au palais impérial ?

J'avais onze ans. On m'a vêtue du jūnihitoe, ces douze couches de soie dont les lisières devaient former, aux poignets, des dégradés dignes de la saison — et le poids en était tel qu'une enfant peine à marcher. Mon père, le régent Fujiwara no Michinaga, m'envoyait auprès de l'empereur Ichijō comme on place une pierre sur un damier. Je ne savais rien du monde, sinon qu'il fallait obéir et se tenir droite derrière le kichō. La cour comptait déjà une autre dame, l'impératrice Teishi, aimée du souverain. Je ne compris que plus tard combien cette rivalité de deux maisons enfanterait de beauté : car pour l'emporter, il fallait briller, et pour briller, il fallait des lettrées.

Mon père m'envoyait auprès de l'empereur comme on place une pierre sur un damier.

Comment cette rivalité avec la cour de Teishi a-t-elle façonné la vôtre ?

On ne se bat pas, entre impératrices, à coups d'armées : on se bat par le waka, par la grâce d'une calligraphie, par l'assemblage des couleurs d'une manche. La cour de Teishi rayonnait, spirituelle et brillante ; il me fallait donc réunir autour de moi des esprits plus vifs encore. C'est ainsi que mon père et moi cherchâmes les meilleures nyokan du temps. Quand Teishi mourut en couches, l'an de mes douze ans, je fus élevée au rang de chūgū, impératrice principale. Mais je n'oubliai jamais que ma splendeur devait quelque chose à celle qui n'était plus — car sans adversaire à égaler, mes dames n'auraient jamais écrit avec ce feu.

On ne se bat pas, entre impératrices, à coups d'armées : on se bat par le waka.

Parlez-nous de Murasaki Shikibu, qui écrivit dans vos appartements.

Je la fis venir parmi mes dames de compagnie, vers ma dix-septième année. Elle était veuve, silencieuse, d'une science que les hommes eux-mêmes lui enviaient — et qu'elle prenait soin de cacher, car une femme trop savante en caractères chinois passait pour insolente. Dans mes appartements du Dairi, à la lueur des lampes, elle noircissait feuille après feuille l'histoire du prince Genji. Je lui demandai de poursuivre, encore, toujours ; il fallait nourrir ma cour d'un ouvrage que nulle autre ne posséderait. Elle tenait aussi son journal, où elle décrivit mes robes de couleur cerise et mes cheveux étalés de part et d'autre du visage. C'est étrange de se savoir ainsi regardée par sa propre servante.

Je lui demandai de poursuivre, encore, toujours : il fallait nourrir ma cour d'un ouvrage que nulle autre ne posséderait.

Mesuriez-vous, à l'époque, la portée du Genji Monogatari ?

Comment l'aurais-je pu ? Un monogatari, pour nous, était un divertissement de dames, un récit qu'on se lisait à mi-voix entre deux offices. Nul ne songeait qu'il traverserait les siècles. Mais je sentais bien qu'il y avait là autre chose : Murasaki ne racontait pas seulement des amours de palais, elle disait le mono no aware, cette tristesse douce devant les choses qui passent — la fleur qui tombe, l'amant qui vieillit. J'aimais qu'on m'en fît la lecture les nuits de pleine lune, depuis les galeries ouvertes. On dit que les derniers chapitres se déroulent à Uji, où ma famille possédait une villa au bord de l'eau. Si l'on devait me lire encore dans un siècle, ce serait par sa main, non par la mienne.

Nul ne songeait qu'il traverserait les siècles : un monogatari était un divertissement de dames.

À quoi ressemblaient les après-midi dans votre salon ?

Ils appartenaient à la poésie. On imposait une strophe, et chaque dame devait, en quelques souffles, y répondre par un waka de trente et une syllabes — cinq, sept, cinq, sept, sept. C'était un jeu, mais un jeu où l'on jugeait votre âme entière : votre culture, votre esprit, votre maîtrise des vieux poèmes du Man'yōshū. J'avais toujours à portée ma pierre à encre, le suzuri, et mon pinceau, car une réponse mal calligraphiée valait une réponse sotte. Parfois le koto aux treize cordes accompagnait nos veillées, joué derrière un rideau de soie. Écrire vite et bien, à Heian, ce n'était pas un ornement : c'était la preuve qu'on méritait d'être aimée.

Écrire vite et bien, ce n'était pas un ornement : c'était la preuve qu'on méritait d'être aimée.
三国志. 1-65 / 陳寿 [撰] ; 裴松之 注

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三国志. 1-65 / 陳寿 [撰] ; 裴松之 注 sangokushiWikimedia Commons, Public domain — 陳 寿, 233-297 chin, ju 裴 松之, 372-451 hai, shōshi

On dit que l'art de vous vêtir était aussi codifié que celui d'écrire. Pourquoi tant d'importance donnée aux couleurs ?

Parce qu'une manche parle avant la bouche. Le kasane no irome, l'art de superposer les soies, obéissait à des lois aussi strictes que les rites : telle nuance de rouge pour le début du printemps, tel dégradé de vert quand montent les jeunes pousses. Mal assortir ses couleurs, c'était trahir qu'on ignorait la saison, donc l'ordre du monde — une faute grave, dont on riait tout bas. Le jūnihitoe pesait parfois plus qu'un enfant, mais nous le portions comme une seconde peau. Le raffinement, ce miyabi que l'on attendait d'une dame, se lisait dans ce détail infime : la lisière d'une doublure entrevue au poignet. On me tenait, dit-on, pour un modèle en ces matières.

Une manche parle avant la bouche.

En 1008 naquit votre premier fils. Que représenta cette naissance pour votre père ?

Un triomphe. Depuis des années, mon père attendait qu'un petit-fils portant le sang Fujiwara montât un jour sur le trône. Quand je mis au monde le prince Atsuhira, le futur empereur Go-Ichijō, la joie au palais fut, dit-on, indescriptible ; on récita des prières dans tous les grands temples de la capitale. C'est alors que mon père composa ces vers restés célèbres, où il comparait ce monde, qu'il tenait tout entier, à la pleine lune où rien ne manque. L'année suivante je donnai un second fils, Go-Suzaku. Deux empereurs sortis de mon corps : voilà ce qui fit de ma maison la maîtresse absolue de l'empire. Je fus la porte par où passa leur puissance.

Deux empereurs sortis de mon corps : je fus la porte par où passa leur puissance.
三国志. 1-65 / 陳寿 [撰] ; 裴松之 註

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三国志. 1-65 / 陳寿 [撰] ; 裴松之 註 sangokushiWikimedia Commons, Public domain — 陳 寿, 233-297 chin, ju 裴 松之, 372-451 hai, shōshi

Après la mort de l'empereur Ichijō, quel fut votre rôle dans les affaires de la cour ?

Mon époux abdiqua, malade, puis s'éteignit alors que j'avais vingt-trois ans, et je devins impératrice douairière. Le pouvoir formel appartenait aux hommes — à mon père, puis à mes frères, régents au nom de mes fils encore enfants. Mais une mère d'empereur n'est pas rien. On me consultait, on cherchait mon appui dans les querelles de la cour ; mon autorité était morale plutôt que proclamée, et souvent j'apaisais ce que l'ambition des hommes échauffait. Je vis mon père devenir sesshō, régent au nom de mon fils Go-Ichijō, en l'apogée de notre maison. J'étais le point fixe autour duquel tournaient ces ambitions — présente à tout, nommée dans rien.

Mon autorité était morale plutôt que proclamée : présente à tout, nommée dans rien.

Vous avez pris les ordres bouddhistes. Qu'est-ce qui vous a menée vers cette vie ?

La lassitude du monde, et le nombre de mes deuils. Après la mort de mon père, en ma quarantième année, plus rien ne me retenait aux vanités de la cour ; je pris les ordres et reçus le titre de Jōtōmon'in. Toute grande dame de Heian sait qu'après avoir goûté ce monde-ci, il faut se tourner vers l'au-delà — c'est le chemin que la sagesse trace. Je serrais désormais le juzu, le chapelet de cristal, entre mes doigts, et je finançais les cérémonies, soutenais les temples. Mon père avait fait bâtir le Hōjōji, qu'on nommait la demeure sans égale, aux fastes indescriptibles. Se retirer ainsi n'était pas fuir : c'était accomplir l'ultime devoir d'une vie noble.

Après avoir goûté ce monde-ci, il faut se tourner vers l'au-delà : c'est le chemin que la sagesse trace.

Vous avez vécu quatre-vingt-six ans. Quel poids porte une si longue vie ?

Celui de survivre à tout ce qu'on aime. J'ai enterré mon époux, puis mon père tout-puissant, puis mes deux fils devenus empereurs — l'ordre naturel s'est renversé, et une mère a pleuré ses enfants souverains. J'ai vu l'éclat de ma maison monter jusqu'à la pleine lune de mon père, puis j'ai vu poindre son déclin : un empereur, Go-Sanjō, s'est assis sur le trône sans avoir de mère Fujiwara, chose qu'on croyait impossible. Je demeurai, vieille femme en robe grise, témoin de ce qui s'effaçait. La splendeur, comme la fleur de cerisier, ne dure que le temps de la contempler. Peut-être fus-je gardée si longtemps pour l'apprendre jusqu'au bout.

La splendeur, comme la fleur de cerisier, ne dure que le temps de la contempler.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Shōshi. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.