Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Victor Schoelcher

par Charactorium · Victor Schoelcher (1804 — 1893) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs d'une classe de cinquième s'installent face à un vieux monsieur aux favoris blancs. Il les regarde, ému qu'on s'intéresse encore à lui. Il leur sourit et commence à raconter sa longue vie de combat.

Vous aviez quel âge quand vous êtes parti voir les esclaves aux Antilles ?

J'avais à peine plus de vingt ans, en 1833. Mon père m'envoyait vendre de la porcelaine de l'autre côté de l'océan. Imagine un voyage de plusieurs semaines en bateau, sans aucun moteur, juste le vent et les voiles. Je croyais voir des îles de soleil. J'ai vu des hommes enchaînés, battus, vendus comme des bêtes. Tu sais, mon enfant, je n'étais pas encore très décidé avant ça. J'étais plutôt tiède. Mais quand tu vois la souffrance de tes propres yeux, tu ne peux plus détourner le regard. Ce jour-là, un jeune homme léger est devenu un homme en colère.

Quand tu vois la souffrance de tes propres yeux, tu ne peux plus détourner le regard.

Ça faisait quoi de voir des gens enchaînés en vrai ?

C'était insupportable. Imagine une plantation de canne à sucre en Martinique, sous un soleil brûlant. Des hommes, des femmes, des enfants travaillent du matin au soir. S'ils s'arrêtent, on les frappe. J'ai vu des chaînes de fer, lourdes, qui blessaient la peau. J'en garde encore le bruit dans la tête, ce cliquetis affreux. À la Guadeloupe, à Bourbon — c'est l'ancien nom de l'île de la Réunion — c'était pareil partout. On me disait : « C'est l'usage, monsieur. » Mais un crime ne devient jamais juste parce qu'il est ancien. C'est ça que j'ai compris, là-bas, le cœur serré.

Un crime ne devient jamais juste parce qu'il est ancien.

Comment on fait pour changer l'avis de tout un pays ?

Avec une plume et un encrier, mon enfant. C'est tout petit, et c'est plus fort qu'une armée. En 1840, j'ai écrit un gros livre : Des colonies françaises - Suppression de l'esclavage. Dedans, je disais une chose simple et terrible : l'esclavage est un crime contre l'humanité. Il faut l'abolir. Imagine que tu écris une lettre, puis mille, puis un livre que des milliers de gens lisent le soir à la lampe. Petit à petit, les esprits changent. Je n'avais ni fusil ni armée. J'avais des mots, des journaux, des pamphlets. Et les mots, vois-tu, ils continuent leur travail même quand on dort.

Une plume est plus forte qu'une armée.

C'était fatigant d'écrire autant pour convaincre les gens ?

Oh oui ! Mais une bonne fatigue, celle qui sert à quelque chose. Tu sais, beaucoup de gens riches voulaient garder leurs esclaves, car ça leur rapportait de l'argent dans les colonies. Pour leur répondre, je devais tout prouver : avec des chiffres, des cartes, des récits. Imagine que tu dois gagner une dispute, mais contre des gens puissants qui ne veulent pas t'écouter. Alors j'écrivais le matin, l'après-midi, le soir. Mon livre de 1840 est devenu une sorte de boîte à outils pour tous ceux qui combattaient l'esclavage. Je n'étais pas seul, et ça, ça donnait du courage.

C'est vrai que vous avez écrit le papier qui a libéré les esclaves ?

C'est vrai, et c'est le plus beau jour de ma vie. En 1848, la France change de régime : on proclame la République. On me nomme secrétaire d'une commission pour abolir l'esclavage. Une commission, c'est un petit groupe chargé d'un travail précis. Et ce travail, c'était de rédiger le décret. J'ai pris ma plume, et j'ai écrit que l'esclavage serait aboli dans toutes les colonies françaises. Imagine un seul papier, signé le 27 avril 1848, qui rend leur liberté à plus de 250 000 personnes. D'un trait de plume, des chaînes tombent. Mes mains tremblaient un peu, je crois.

D'un trait de plume, des chaînes tombent.
Cayenne Victor Schoelcher statue by Louis-Ernest Barrias
Cayenne Victor Schoelcher statue by Louis-Ernest BarriasWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Cayambe

Vous étiez content ou vous aviez peur que ça rate ?

Les deux à la fois ! J'avais peur jusqu'au dernier moment qu'on recule, qu'on dise « plus tard, doucement ». Beaucoup voulaient attendre, abolir petit à petit. Moi, je voulais que ça s'arrête tout de suite. Quand on est esclave, chaque jour de plus est un jour de trop. Alors imagine ma joie quand le décret est passé : la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Guyane, libres ! Les gens dansaient dans les rues là-bas. Moi, je pleurais ici, à Paris. Plus de soixante ans après, je m'en souviens encore comme si c'était hier.

Quand on est esclave, chaque jour de plus est un jour de trop.

Après, c'était fini ? Tout allait bien pour eux ?

Non, mon enfant, et c'est important de le comprendre. Briser les chaînes, c'est le début, pas la fin. Les anciens esclaves étaient libres, mais ils n'avaient rien : ni terre, ni école, ni vraie place dans la société. Alors j'ai continué. Élu pour représenter la Guadeloupe, je me suis battu pour qu'ils aient les mêmes droits que tout le monde. Et surtout, l'école. Imagine quelqu'un qu'on a empêché d'apprendre toute sa vie : comment veux-tu qu'il se défende ? Pour moi, savoir lire et écrire, c'était une seconde libération. La liberté sans l'instruction reste fragile.

Briser les chaînes, c'est le début, pas la fin.
Bust of Victor Schœlcher
Bust of Victor SchœlcherWikimedia Commons, CC0 — Brücke-Osteuropa

Pourquoi vous teniez tellement à ce qu'ils aillent à l'école ?

Parce que l'instruction rend libre pour de bon. Tu vois, on peut dire à quelqu'un « tu es libre », mais s'il ne sait ni lire un contrat, ni compter, ni écrire son nom, les puissants continueront à le tromper. L'émancipation — c'est-à-dire sortir vraiment de toute domination — passe par le savoir. Je le répétais sans cesse aux députés. Imagine un enfant des colonies qui apprend à lire, et qui, un jour, écrit ses propres lois. Voilà mon rêve. On m'a parfois trouvé entêté. Mais une moitié de liberté, ce n'est pas la liberté.

Une moitié de liberté, ce n'est pas la liberté.

Vous admiriez qui, vous, quand vous étiez vieux ?

Un homme que je n'ai jamais rencontré : Toussaint Louverture. C'était un ancien esclave de Saint-Domingue qui s'est dressé pour rendre la liberté à son peuple, bien avant moi. À 85 ans, en 1889, j'ai écrit le livre de sa vie. Imagine : un homme né dans les chaînes qui devient chef et fait trembler les puissants. Comment ne pas l'admirer ? Les Anglais avaient déjà aboli l'esclavage chez eux en 1833, et partout des hommes se levaient. Je n'étais qu'un maillon d'une longue chaîne — mais cette fois, une belle chaîne, celle des gens qui se tiennent la main pour la liberté.

Un homme né dans les chaînes qui fait trembler les puissants.

Vous avez combattu pendant combien de temps en tout ?

Plus de soixante ans, mon enfant ! Toute ma vie d'adulte. J'avais une vingtaine d'années lors de mon premier voyage, et je suis mort à 89 ans, en 1893, à Paris, la plume encore à la main. Imagine : tu commences un combat jeune homme, et tu le portes jusqu'à devenir un vieillard aux cheveux blancs. Ce n'était pas toujours gagné. J'ai connu des défaites, des moments où je doutais. Mais je n'ai jamais lâché. On m'a fait un grand honneur, bien après ma mort : on a porté mes restes au Panthéon, là où la France garde ses grands hommes. Cela, je ne le savais pas. Et c'est très bien ainsi.

Tu commences un combat jeune homme, et tu le portes jusqu'à tes cheveux blancs.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Victor Schoelcher. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.