Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Xuanzang

par Charactorium · Xuanzang (602 — 664) · Spiritualité · Exploration · Lettres · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Xuanzang
Wikimedia Commons, CC0 — Creator:Kasuga Motomitsu

La rencontre a lieu dans une cellule de la Pagode de l'Oie Sauvage, à Chang'an, où des piles de manuscrits sanscrits attendent d'être traduits. Le moine, déjà âgé, interrompt son travail de copiste pour répondre, choisissant ses mots avec la lenteur de qui a traversé cent vingt-huit royaumes pour les mériter.

En 629, vous quittez Chang'an sans l'autorisation de l'Empereur Tang Taizong. Qu'est-ce qui vous a donné le courage de franchir cet interdit ?

Le refus de l'Empereur ne changeait rien à la faute que je voyais dans nos textes : trop de copies fautives, trop de traductions approximatives du sanscrit, et les maîtres du Dharma se contredisaient entre eux faute de sources fiables. Partir sans sceau impérial était un délit — mais rester, c'était laisser le Dharma s'effriter sous les malentendus. Je suis sorti de Chang'an de nuit, par une porte que les gardes n'avaient pas encore refermée, avec pour seul viatique ma détermination à atteindre Nalanda. On appelle cela, dans nos monastères, qǔjīng — aller chercher les Sūtras en Occident. Ce mot porte à lui seul tout le poids du voyage : dix-sept ans, cent vingt-huit royaumes, et la certitude, chaque matin, que je pouvais mourir avant d'avoir vu l'Inde.

Rester, c'était laisser le Dharma s'effriter sous les malentendus.

Racontez-nous cette traversée du désert où vous avez failli mourir de soif.

Quatre nuits et cinq jours sans une goutte d'eau, dans ces sables que l'on nomme, plus à l'ouest, le Taklamakan — celui qui entre n'en ressort pas. J'avais renversé mon outre par maladresse dès le premier jour, et la peur m'a fait perdre le nord : j'ai rebroussé chemin avant de me raviser, car retourner, c'était trahir mon vœu. Je n'avais pour guides que les étoiles la nuit et, le jour, les ossements blanchis des caravanes qui m'avaient précédé et n'avaient pas eu ma chance. Mon cheval, épuisé, a fini par flairer une source enfouie que je n'aurais jamais trouvée seul. Les moines de mon monastère y virent plus tard la main d'un protecteur invisible veillant sur ma route. Je ne dirai pas le contraire.

À Nalanda, vous avez étudié sous la direction du maître Shīlabhadra. Que retenez-vous de cet enseignement ?

Nalanda comptait dix mille moines venus de tous les royaumes bouddhistes, et j'y ai passé près de huit ans, de 633 à 641, sous la direction du vénérable Shīlabhadra, le plus savant des maîtres vivants de son temps. Il m'a enseigné les subtilités de l'Abhidharma avec une patience que je n'ai retrouvée chez nul autre. Les débats publics contre les philosophes brahmanes s'y tenaient presque chaque semaine, et il fallait défendre pied à pied chaque proposition sur la vacuité et le nièpán devant une assemblée qui ne pardonnait aucune faiblesse de logique. C'est là, plus qu'en aucun autre lieu de mon voyage, que j'ai compris pourquoi j'avais quitté Chang'an : non pour visiter l'Inde, mais pour m'asseoir aux pieds de ceux qui savaient encore lire le sanscrit sans le trahir.

Sur la route, vous avez croisé bien plus que des bouddhistes. Qu'avez-vous observé de ce monde en mouvement ?

On m'avait dit que je traverserais des déserts vides ; j'ai traversé des carrefours. Sur la Sīchóu Zhīlù — la Route de la Soie —, j'ai partagé le pain avec des marchands sogdiens qui priaient le feu à la manière zoroastrienne, et croisé les premiers échos d'une foi nouvelle venue d'Arabie que les caravaniers appelaient déjà l'Islam. J'ai dormi dans des monastères où l'on récitait encore des sūtras traduits trois siècles plus tôt, dans un chinois si archaïque qu'il fallait un second traducteur pour le comprendre. Cent vingt-huit royaumes, ai-je noté plus tard dans mon récit, chacun avec sa langue, ses monnaies, ses dieux. Rien ne m'a mieux enseigné l'humilité qu'un tel voyage : le Dharma que je croyais universel devait sans cesse se re-traduire pour rester lui-même.

Vous avez traduit le Sūtra du Cœur en à peine 260 caractères. Comment un texte si court peut-il porter tant de poids ?

Deux cent soixante caractères, pas un de plus — c'est peu pour contenir la vacuité de toute chose, et pourtant je n'ai rien voulu y ajouter. Je tenais ce texte d'un vieux moine malade que j'avais soigné au tout début de mon périple ; il me l'a enseigné en échange de mes soins, et je l'ai récité chaque soir du voyage, dans le froid des cols comme dans la chaleur du désert. Je crois qu'il m'a protégé plus sûrement qu'aucune escorte armée. En 649, de retour à Chang'an, je l'ai enfin fixé en caractères chinois, choisissant chaque terme avec la conscience que la moindre approximation trahirait Avalokiteśvara lui-même. On me dira peut-être un jour que ce fut mon travail le plus modeste. Je crois au contraire que ce fut le plus périlleux.

On ne retranche rien à la vérité sans risquer de la briser.
Portrait of Xuanzang (Genjō) with Attendant
Portrait of Xuanzang (Genjō) with AttendantWikimedia Commons, CC0 — Template:In the Style of Kasuga In the Style of Motomitsu

La traduction du Mahāvibhāṣā Śāstra vous a occupé plusieurs années, avec toute une équipe. Comment se déroulaient ces journées de travail ?

Deux cents fascicules, de 656 à 659 — je n'ai jamais autant douté de ma propre patience qu'en traduisant cette encyclopédie de l'école Sarvāstivāda. Nous étions plusieurs dizaines à la Pagode de l'Oie Sauvage : moi qui lisais le sanscrit à voix haute, un scribe qui notait, d'autres qui vérifiaient chaque terme technique contre dix commentaires différents avant de trancher. Les soirées, je les passais à reprendre les passages douteux, comparant entre eux les manuscrits rapportés d'Inde, car deux copies du même sūtra ne s'accordent jamais tout à fait. Ce travail m'a appris que traduire n'est pas transporter un sens d'une langue à l'autre, mais reconstruire, mot après mot, un édifice qui doit tenir debout sans jamais trahir sa fondation.

On raconte que vous n'êtes pas un simple moine, mais la réincarnation d'un disciple céleste banni. Que répondez-vous à cela ?

Ce que l'on raconte dans les provinces dépasse parfois ce que je sais de moi-même. On dit que j'étais autrefois le Criquet d'or, disciple du Bouddha au Paradis de l'Ouest, et que je fus banni pour avoir manqué de respect durant un sermon — condamné à me réincarner dix fois sur cette terre avant de mériter d'y retourner. Je ne peux ni confirmer ni démentir ce que les conteurs tissent autour de mon nom ; je sais seulement que ma chair a été convoitée par bien des périls sur la route de Nalanda, comme si elle portait un prix que j'ignorais moi-même. Peut-être est-ce ainsi que le peuple explique ce qu'il ne comprend pas d'un homme qui traverse cent vingt-huit royaumes pour des rouleaux de papier : il lui invente une origine céleste.

Statue of Xuanzang at Xuanguang Temple
Statue of Xuanzang at Xuanguang TempleWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Bernard Gagnon

Et Sun Wukong, le Roi des Singes ? Comment expliquez-vous ce compagnon si turbulent à vos côtés ?

La Bodhisattva Guanyin, dans sa compassion, avait pour mission de me trouver des protecteurs dignes de la route vers l'Occident. C'est ainsi qu'elle libéra Sun Wukong, emprisonné cinq cents ans sous une montagne pour sa rébellion contre le Ciel, en échange de sa rédemption à mes côtés. Je ne cache pas que son tempérament m'a souvent éprouvé — la sagesse ne se donne pas d'un coup à qui a défié les dieux — mais le diadème d'or que Guanyin posa sur sa tête, et que je pouvais resserrer par l'incantation lorsqu'il s'égarait, n'était pas un instrument de cruauté : c'était la discipline même, rendue visible. Sans ce compagnon d'une force et d'une turbulence égales, ni les démons du désert ni les épreuves de la route n'auraient pu être surmontés par ma seule prière.

Votre bâton et votre bol d'aumône vous accompagnent partout. Que représentent-ils pour vous ?

Mon bâton porte neuf anneaux de métal qui tintent à chaque pas — on le nomme Xīzhàng. Ce tintement n'est pas un ornement : il avertit les insectes du chemin de s'écarter, afin que je ne foule aucune vie par inadvertance. Dans un monde où l'on m'a dit que des démons rôdaient sous forme de marchands ou de princesses, ce bâton reste le rappel le plus simple de mon vœu de compassion. Mon bol à aumônes, lui, ne me sert qu'une fois par jour, avant midi, selon la règle du Vinaya que je n'ai jamais rompue même dans le désert le plus aride. On raconte qu'il aurait le pouvoir d'emprisonner certains démons qui cherchaient à s'en saisir — je dirai seulement qu'aucun voleur, humain ou autre, n'a jamais réussi à me le dérober.

Pour finir, cette robe brodée d'or que l'on dit offerte par Guanyin elle-même — que signifie-t-elle pour vous, au soir de votre vie ?

On dit que la kāṣāya que je porte fut tissée de fils d'or céleste par la Bodhisattva Guanyin elle-même, et qu'elle me protège des forces qui voudraient m'arrêter avant que le Dharma n'atteigne son but. Je ne sais dire ce qui, dans cette robe, vient du ciel et ce qui vient du tissage patient d'un atelier terrestre — mais je sais qu'elle m'a accompagné depuis dix-neuf ans que je vis ici, à la Pagode de l'Oie Sauvage, penché sur les manuscrits rapportés de Nalanda. Si l'on me demandait ce que j'emporterais dans une vie prochaine, ce ne serait ni le bâton ni le bol, mais la certitude que six cent cinquante-sept sūtras traduits valent mieux qu'un empire traversé. Le voyage s'achève ; les mots, eux, continueront de marcher sans moi.

Les mots, eux, continueront de marcher sans moi.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Xuanzang. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.