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La table bourgeoise et le carré du yacht
Au XIXe siècle, le repas d'une famille bourgeoise française s'ordonne en une succession réglée : un potage pour ouvrir, un poisson de rivière ou de mer comme « relevé », un rôti de viande, un entremets puis le dessert sucré — le « service à la russe » (les plats apportés l'un après l'autre, déjà tranchés) supplantant peu à peu le « service à la française » où tout était posé sur la table à la fois. Face à cette table cossue d'Amiens ou de Nantes répond une seconde structure, bien plus rude : le carré et le mess du yacht Saint-Michel, où l'on mange marin, à heures fixes sonnées par la cloche, des vivres simples et des conserves de bord. Cet ensemble fait dialoguer les deux faims de Verne : celle du notable installé et celle du voyageur appareillé.
Signature : La conserve appertisée
Boîte de fer-blanc sertie et stérilisée à la chaleur, inventée par le confiseur français Nicolas Appert au début du siècle : c'est LA technique vernienne par excellence, celle qui nourrit les explorateurs de ses romans et garnit la cambuse de son propre yacht. Nantes, ville natale de Verne, en deviendra l'une des capitales avec ses conserveries de sardines. La science qui dompte le temps et permet de partir loin : tout Verne tient dans cette boîte.

Jules Verne at the table

1828 — 1905

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