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La table de bohème (au comptoir du marchand de vin)
Dans le Paris littéraire du Second Empire et de la IIIe République, le poète sans le sou ne dîne pas en trois services bourgeois. Sa journée s'organise autour du café et du marchand de vin : l'heure verte de fin d'après-midi (l'apéritif d'absinthe), le casse-croûte avalé debout au zinc, la soupe chaude prise au comptoir pour quelques sous, et, les soirs de chance ou d'exil en Belgique, un vrai plat de brasserie. On mange peu, on boit beaucoup, on parle vers et musique.
Signature : L'absinthe, la « fée verte »
L'absinthe, macération d'armoise, d'anis et de fenouil servie sur sucre fondu goutte à goutte par la fontaine, est l'ingrédient-emblème de toute la bohème symboliste. Chez Verlaine elle est à la fois muse et poison : son amertume anisée traverse ses cafés du Quartier latin et marque ses recueils autant que ses ravages physiques.

Paul Verlaine at the table

1844 — 1896

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