Imaginary interview

Imaginary dialogue between Timbaland and Agnez Mo

by Charactorium · Agnez Mo (1986 — ?) · Performing Arts · Economics · Music · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Agnez Mo
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Rita Sugihardiyah

C'est dans un studio de Los Angeles, un soir de 2013, que Timbaland retrouve Agnez Mo entre deux prises de Coke Bottle. Les basses tournent encore en boucle dans les enceintes, la lumière tamisée du booth découpe les consoles. Le producteur et la chanteuse se connaissent depuis quelques mois seulement, mais assez pour se parler franchement. Timbaland pose son casque et veut comprendre le chemin qui a mené cette gamine de Jakarta jusqu'à sa table de mixage.

Agnez, avant même que je te connaisse, tu chantais déjà en Indonésie depuis des années. On m'a dit : six ans, la télé. C'est vrai ?

C'est vrai, Tim, et parfois moi-même j'ai du mal à y croire. J'avais six ans quand je suis passée à la télévision indonésienne, et mon premier album est sorti à sept ans. Je jonglais entre l'école et les plateaux, entre les devoirs et les répétitions. Tu me vois là, dans ton studio, à discuter production comme une adulte — mais j'ai appris la discipline du métier avant de savoir écrire correctement. Ce n'était pas toujours facile, crois-moi. Ma famille m'a portée, elle a tenu bon quand les journées étaient trop longues. Quand tu me demandes pourquoi je suis si exigeante en session, c'est ça la réponse : je n'ai jamais connu autre chose que le travail.

J'ai appris la discipline du métier avant de savoir écrire correctement.

Et cette enfance sous les projecteurs, tu la regrettes, ou tu la referais ? Je te pose la question de père à fille, presque.

Je ne la regrette pas, mais je ne mens pas non plus : on grandit vite quand on travaille à sept ans. J'ai raté des choses simples que d'autres enfants avaient — des après-midis à ne rien faire, l'anonymat. En Indonésie, dès l'adolescence, on m'appelait déjà une icône nationale. C'est lourd à porter sur de petites épaules. Mais tu sais quoi, Tim ? Cette rigueur qu'on m'a inculquée si tôt, c'est exactement ce qui m'a permis d'atterrir ici, dans ce studio, avec toi. Sans cette école-là, je n'aurais jamais osé traverser un océan. Alors oui, je la referais — mais je veillerais à garder un peu d'enfance quelque part.

On grandit vite quand on travaille à sept ans.

Parlons de nous deux. Quand on a commencé à bosser sur Coke Bottle, tu débarquais tout juste des États-Unis. Tu te souviens de cette première session ?

Comment je pourrais l'oublier ? J'étais tendue comme une corde, Tim. Toi, tu es le producteur avec qui tout le monde rêve de bosser, et moi je venais de Jakarta avec mon accent et mes doutes. Quand tu m'as fait entrer dans le booth pour Coke Bottle, avec T.I. sur le morceau, j'ai compris que je n'étais plus dans le régional — j'étais dans la cour américaine. Ce single, c'est ma porte d'entrée officielle sur le marché des États-Unis. J'avais déménagé à Los Angeles, signé avec Interscope, tout misé là-dessus. Et te voir hocher la tête après ma prise, ce petit signe de toi, ça valait toutes les récompenses que j'avais gagnées chez moi.

Je venais de Jakarta avec mon accent et mes doutes.

Signer chez Interscope, bosser avec Rodney Jerkins puis avec moi — pour une artiste d'Asie du Sud-Est, ça reste rare. Tu mesurais le pari ?

Chaque jour, Tim. Ce contrat avec Interscope, pour moi ce n'est pas un bout de papier, c'est l'aboutissement d'années à me dire que c'était possible. Des artistes de chez nous qui percent ici, tu peux les compter sur une main. Alors travailler avec toi, avec Rodney Jerkins, ce sont des noms que j'écoutais depuis mon adolescence à l'autre bout du monde. Le pari, c'était de tout quitter — ma célébrité déjà installée en Indonésie, mon confort — pour repartir de zéro, redevenir une inconnue à Los Angeles. Beaucoup m'ont dit que j'étais folle de risquer ça. Mais je préférais échouer en essayant plutôt que de régner sur un marché trop petit pour mes rêves.

Je préférais échouer en essayant plutôt que de régner sur un marché trop petit.

Tu répètes souvent que tu ne représentes pas que l'Indonésie. Quand tu chantes dans mon studio, tu penses à quoi, à qui ?

Je pense à tous ceux qui, comme moi, viennent d'un endroit qu'on ne regarde pas quand on parle de pop mondiale. Je ne suis pas ici seulement pour représenter l'Indonésie, Tim — je suis là pour tous les artistes qui ont osé rêver au-delà de leurs frontières. L'Asie du Sud-Est peut rivaliser au plus haut niveau, j'en suis la preuve vivante. Quand je passe sur Billboard, quand on me nomme aux MTV Europe Music Awards, ce n'est pas juste ma victoire. C'est un signal envoyé à une gamine à Manille, à Bangkok, à Jakarta, qui se dit qu'elle aussi a le droit. La musique n'a pas de frontières — et si ma porte s'ouvre, j'espère qu'elle en ouvrira d'autres derrière moi.

Je suis là pour tous ceux qui ont osé rêver au-delà de leurs frontières.
Agnez Mo 2019 by Glenn Francis
Agnez Mo 2019 by Glenn FrancisWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Toglenn

Tu défends aussi la place des Asiatiques dans le divertissement américain. C'est un combat qui te coûte, ou qui te porte ?

Les deux, honnêtement. Ça me porte parce que je sais pourquoi je le fais, mais ça coûte parce qu'on te renvoie sans cesse à ta différence. Ici, dans cette industrie, on m'a parfois regardée comme une curiosité avant de m'écouter comme une artiste. Alors je parle, je prends la parole sur la représentation des Asiatiques dans le divertissement, parce que si je me tais, qui le fera ? Tu vois, Tim, toi tu as ouvert des portes pour tant de sons, tant de voix nouvelles. Moi j'essaie de faire pareil pour une région entière qu'on n'attendait pas dans les charts. Je crois qu'une culture peut voyager plus loin qu'une armée — c'est ma manière à moi de servir mon pays.

On m'a regardée comme une curiosité avant de m'écouter comme une artiste.

Une chose me trotte dans la tête : chez toi tu es Agnes Monica, ici tu deviens Agnez Mo. Pourquoi changer de nom pour ce marché ?

Parce qu'un nom, Tim, c'est une porte ou un mur. Agnes Monica, c'est la petite fille de la télé indonésienne, celle que tout mon pays connaît depuis vingt ans. Mais pour arriver jusqu'à ton studio, pour tenter le grand saut vers le monde entier, j'avais besoin d'une identité qui traverse les frontières sans traîner tout ce passé derrière elle. Agnez Mo, c'est plus court, ça claque, ça se retient dans n'importe quelle langue. Ce n'est pas renier d'où je viens — au contraire, je porte mes racines partout. C'est simplement accepter que pour conquérir un nouveau marché, il faut parfois se réinventer. Le crossover, ce n'est pas trahir : c'est traduire qui tu es pour que d'autres puissent te comprendre.

Un nom, c'est une porte ou un mur.
Agnez Mo (signature)
Agnez Mo (signature)Wikimedia Commons, Public domain — Vectorized by Mars1515323

Et cet album entièrement en anglais que tu prépares — c'est une rupture avec ton indonésien, ou une continuité ?

Une continuité, absolument. Chanter en anglais, ce n'est pas effacer l'indonésien qui m'a construite — c'est ajouter une corde à mon arc. Mon premier album entièrement en anglais, ce sera moi, la même artiste, avec une nouvelle langue pour toucher un public que je n'atteignais pas. Tu sais, en Indonésie, on m'appelle parfois l'« artiste totale » : je chante, je danse, je joue, je compose. Cette polyvalence, je ne l'abandonne pas en changeant de langue. Je la traduis. Ce que je veux, Tim, c'est prouver qu'on peut venir de là-bas et se tenir debout ici, sans renier ses racines. L'anglais, c'est le véhicule ; mon histoire, elle, reste indonésienne jusqu'au bout.

L'anglais, c'est le véhicule ; mon histoire reste indonésienne jusqu'au bout.

Tu vis désormais entre deux villes. Quand tu quittes ce studio le soir, tu rentres où, dans ta tête — L.A. ou Jakarta ?

Dans les deux à la fois, et c'est ça le plus étrange et le plus beau. J'ai un appartement ici, à Los Angeles, au cœur de tout ce qui se joue dans la musique. Et j'ai ma maison familiale à Jakarta, celle qui sent la cuisine de chez moi. Le matin, je m'entraîne, je danse, puis je regarde mon téléphone et il est déjà le soir en Indonésie — mes fans m'attendent, décalage horaire ou pas. Je vis avec un passeport dans chaque poche, littéralement. Certains jours c'est épuisant, cette double vie. Mais quand je rentre à Jakarta et que je retrouve un nasi goreng, un rendang, je me souviens exactement d'où je viens. Los Angeles me fait grandir ; Jakarta me garde entière.

Los Angeles me fait grandir ; Jakarta me garde entière.

Dernière question, plus légère : entre deux prises, tu m'as parlé de la cuisine de chez toi. Qu'est-ce qui te manque le plus, ici ?

La table, Tim, la vraie table de chez moi. Ici, entre les sessions studio et les répétitions avec mes danseurs, on mange vite, on mange sain, parce que la scène demande une endurance de sportive. Mais rien ne remplace un soto fumant ou un rendang mijoté comme ma famille le prépare. Ce n'est pas qu'une question de goût, tu comprends — c'est un morceau de Jakarta que je peux tenir dans mes mains, même à des milliers de kilomètres. Quand je rentre, la première chose que je fais, ce n'est pas dormir, c'est manger. C'est ma façon de me rebrancher à qui je suis vraiment, avant de repartir conquérir ton monde de basses et de studios.

Un morceau de Jakarta que je peux tenir dans mes mains.
See the full profile of Agnez Mo

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Agnez Mo's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.