Kids interview Âu Cơ
by Charactorium · Âu Cơ (2825 — 2520) · Mythology · 5 min read
Deux élèves de douze ans, en classe découverte, entrent dans un temple des montagnes du Nord vietnamien. Devant eux se tient une femme vêtue de blanc, calme et souriante. C'est Âu Cơ, la fée des montagnes, la mère des Viet. Elle les invite à s'asseoir près d'elle pour écouter son histoire.
—C'était comment, votre vie avant de rencontrer le seigneur-dragon ?
Tu sais, mon enfant, je vivais seule, retirée dans une grotte des montagnes du Nord. Imagine un endroit très haut, entouré de brume, où l'on n'entend que le vent et l'eau qui coule. J'étais une fée, une Tiên, un être immortel lié aux sommets. Un jour, un homme est apparu, entouré de musiciens. Il était beau, il jouait de la musique douce. C'était Lạc Long Quân, le seigneur-dragon, qui s'était métamorphosé pour venir jusqu'à moi. Et là, sous mes yeux, un palais merveilleux a surgi du sol, comme par magie. Je n'avais jamais rien vu de tel. Ce palais, on l'appelle Long Đài.
Un palais a surgi du sol, comme par magie.
—Vous aviez peur quand il s'est transformé en jeune homme ?
Peur ? Un peu, oui. Comprends bien : lui venait des eaux, du peuple des dragons. Moi je venais des montagnes, du peuple des fées. Nous étions très différents. Quand un être des eaux se change en homme sous tes yeux, ton cœur bat vite. Mais il était doux avec moi. Il m'a menée au palais de Long Đài, et nous y avons vécu ensemble, dans une atmosphère hors du temps. Tu sais, quand deux mondes aussi éloignés se rencontrent, c'est toujours un peu effrayant et un peu merveilleux à la fois. La musique, elle, m'a rassurée. Elle disait qu'il ne me voulait aucun mal.
Quand deux mondes très différents se rencontrent, c'est effrayant et merveilleux à la fois.
—C'est vrai que vous avez eu cent enfants ? Comment c'est possible ?
Écoute bien, car c'est le cœur de mon histoire. Je n'ai pas mis au monde cent bébés l'un après l'autre. J'ai donné naissance à un unique sac, un bọc trăm trứng, un sac contenant cent œufs. Imagine une grande poche, comme un nid enveloppé. Au début, j'ai eu peur. J'ai cru que c'était un mauvais présage, un signe de malheur. Alors, le cœur serré, je l'ai abandonné dans un champ. Mais sept jours plus tard, le sac s'est ouvert tout seul. Et cent petits garçons en sont sortis, bien vivants. Ce jour-là, j'ai compris que ma peur avait eu tort.
J'ai cru à un malheur ; c'était le début d'un peuple.
—Vos cent fils, il fallait leur donner à manger tout le temps ?
C'est une belle question, mon enfant. Et la réponse va t'étonner. Non, je n'avais pas besoin de les nourrir. Mes cent fils grandissaient tout seuls, sans lait, sans repas. C'était le signe de leur nature extraordinaire, presque divine. Imagine des enfants qui deviennent grands et forts sans que personne ne leur prépare à manger : voilà ce que raconte mon histoire. Ce détail merveilleux n'est pas là pour parler de nourriture. Il est là pour te dire une chose : ces enfants n'étaient pas des enfants ordinaires. Ils étaient les premiers ancêtres du peuple viet, nés pour fonder un monde nouveau.
Mes fils grandissaient seuls : ils n'étaient pas des enfants ordinaires.
—On dit que vous soigniez les gens. Vous faisiez ça comment ?
Oui, mon enfant, dans les récits que les villages se transmettent, je parcourais les monts et les vallées pour soigner les malades. Le matin, je partais avec mes plantes, mes herbes cueillies sur les pentes des montagnes. J'allais vers les plus humbles, ceux qui souffraient et que personne n'aidait. Imagine une longue marche à travers les forêts, en cherchant les bonnes feuilles pour calmer une douleur. J'étais une Tiên, une fée guérisseuse. On raconte aussi que je pouvais me couvrir d'une robe de plumes et me changer en phénix pour échapper au danger. Mais surtout, on se souvient de moi comme d'une mère qui prend soin.
J'allais vers les plus humbles, ceux que personne n'aidait.
—Pourquoi vous vous êtes séparée du seigneur-dragon si vous vous aimiez ?
Ah, c'est la partie la plus triste, tu sais. Lạc Long Quân et moi, nous nous aimions. Mais nos natures étaient opposées, comme l'eau et le feu. Lui appartenait à la mer, aux eaux profondes. Moi, aux montagnes, à l'air des sommets. Il repartait souvent longtemps vers le Royaume des Eaux, et mes fils et moi restions seuls, le cœur lourd. Un jour, nous nous sommes retrouvés en terre de Tương, et nous avons compris : nous ne pouvions pas vivre ensemble pour toujours. Ce n'était la faute de personne. Parfois, deux êtres s'aiment mais ne sont pas faits pour le même monde.
Parfois deux êtres s'aiment, mais ne sont pas faits pour le même monde.
—Et vos cent fils, vous avez fait comment pour les partager ?
Nous avons pris une décision difficile mais juste. Nous avons partagé nos cent fils en deux groupes égaux. Cinquante sont partis avec leur père, vers la mer, vers les eaux. Et cinquante m'ont suivie, moi, vers les montagnes. Imagine une grande famille qui se sépare en deux, chacun prenant sa route, mais sans se déchirer. Avec mes cinquante fils, je suis allée m'installer à Phong Châu, une région des collines du Nord. C'est là que nous avons construit notre nouvelle vie. Ainsi, aucun des deux mondes, ni l'eau ni la montagne, n'était laissé sans enfants. Le peuple pouvait naître des deux côtés.
Chacun a pris sa route, mais sans jamais se déchirer.
—C'est vrai qu'un de vos fils est devenu roi ?
Oui ! Et j'en suis très fière. Mon fils aîné, celui qui est resté avec moi à Phong Châu, est devenu le premier roi. On l'a appelé Hùng Vương. Imagine un tout premier royaume, le tout début d'un peuple, avec ses champs, ses villages, ses fêtes. Ce royaume, il l'a nommé Văn Lang. C'était le premier royaume des Viet. Tu comprends, mon enfant : mes cent fils ne sont pas restés de simples enfants. De l'un d'eux est né un royaume entier. Voilà pourquoi on dit que je suis la mère du peuple viet. Tout un peuple qui commence par une seule famille.
De l'un de mes fils est né un royaume entier.
—Aujourd'hui encore les Vietnamiens parlent de vous ?
Oui, et cela me touche beaucoup. Les Vietnamiens disent d'eux-mêmes qu'ils sont Con Rồng cháu Tiên. Cela veut dire « enfants du Dragon et de la Fée ». Le Dragon, c'est Lạc Long Quân. La Fée, c'est moi. Alors quand un enfant vietnamien prononce ces mots, il dit qu'il descend de nous deux. Imagine : tous ces gens, si nombreux, qui se sentent d'une même grande famille grâce à une histoire. On a même bâti un temple pour moi, le Đền Mẫu Âu Cơ, où l'on vient encore aujourd'hui. Une histoire, tu vois, ça peut relier des millions de cœurs à travers le temps.
Une histoire peut relier des millions de cœurs à travers le temps.
—Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?
Si tu ne dois retenir qu'une chose, mon enfant, retiens ceci. J'ai eu peur, un jour, devant ce sac d'œufs, et j'ai failli tout abandonner. Mais la vie était plus forte que ma peur. Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'une mère qui prend soin : de ses fils, mais aussi des malades dans les vallées. Et qu'on se souvienne que même quand on se sépare, comme Lạc Long Quân et moi, on peut le faire avec douceur et laisser de belles choses derrière soi. La montagne et la mer, réunies dans un même peuple. C'est ça, mon héritage.
La vie était plus forte que ma peur.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Âu Cơ's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.


