Imaginary interview

Imaginary interview with Ayumi Hamasaki

by Charactorium · Ayumi Hamasaki (1978 — ?) · Literature · Economics · Performing Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ayumi Hamasaki
Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Ayumi Hamasaki 2007.jpg: Chi-Chuan Chen derivative work: Wildhartlivie

Tokyo, un studio de répétition feutré du côté de Shibuya, quelques heures avant une captation. Sur la table basse, un carnet de paroles écorné et une prothèse auditive posée près d'une bouteille d'eau. Ayumi Hamasaki, la voix douce mais l'œil aiguisé, accepte de revenir sur trente ans d'une carrière qu'elle a menée, dit-elle, « comme une longue confession ».

Vous souvenez-vous du moment où vous avez quitté Fukuoka ?

J'avais dix-sept ans et un sac trop léger pour ce que je croyais aller conquérir. À Fukuoka, je laissais une enfance modeste, dans le sud du Japon, et je montais seule vers Tokyo sans agent, sans argent, sans personne pour me dire que c'était une folie — ce qui, avec le recul, m'a probablement sauvée. J'ai enchaîné les petits emplois, des heures debout à sourire pour des clients qui ne me regardaient pas, et le soir je gardais un peu de fierté au fond de la poche. On me demande souvent si j'ai eu peur. La peur, je l'ai apprivoisée dans le métro, à contempler des visages fatigués qui ressemblaient au mien. Quand Avex Trax m'a repérée en 1997, je n'ai pas ressenti du soulagement. J'ai ressenti que la vraie épreuve commençait enfin.

Personne pour me dire que c'était une folie — ce qui, avec le recul, m'a probablement sauvée.

Que gardez-vous de ces années de survie avant le succès ?

Une certaine dureté envers moi-même, et une tendresse infinie pour ceux qui doutent. Dans les rues de Shibuya, ce quartier où bat le cœur de l'industrie musicale japonaise, j'ai compris que la ville ne vous doit rien : elle prend ceux qui insistent. Je dormais peu, je mangeais mal, mais je notais déjà des bribes de phrases sur des tickets de caisse. Cette faim-là — la vraie, celle du ventre, et l'autre, celle de l'âme — a irrigué mon premier album deux ans plus tard. Les gens croient que la J-pop est faite de paillettes. Pour moi elle est née d'un appartement glacial et d'un carnet à moitié rempli. On ne fabrique pas une voix : on la gagne à force de nuits qu'on préférerait oublier.

La ville ne vous doit rien : elle prend ceux qui insistent.

Comment décririez-vous votre manière d'écrire vos textes ?

Je n'ai jamais su écrire ce que je n'avais pas vécu. En 1999, à un journaliste de Rockin'On Japan, j'expliquais que la musique devait être une confession sincère, pas un produit fabriqué — et je le pense encore, mot pour mot. Chaque parole que je pose doit être véridique, arrachée à ma propre expérience, sinon elle sonne faux à mes oreilles avant même d'atteindre celles des autres. Mon carnet de paroles ne me quitte pas ; il est raturé, taché, parfois trempé de larmes que je n'assume qu'en privé. A Song for ××, mon premier album, était déjà cela : un journal intime déguisé en pop. Les mélodies, on peut les partager, les confier à des arrangeurs. Les mots, non. Les mots, c'est ma peau.

Les mélodies, on peut les confier à d'autres. Les mots, c'est ma peau.

Pourquoi tenir à écrire vous-même chaque parole, dans une industrie qui produit vite ?

Parce que sans cela, je ne serais qu'un visage sur une pochette. Beaucoup de jeunes chanteuses de mon époque étaient des idols, façonnées de A à Z par leur agence, adorables et interchangeables. J'ai refusé d'être un objet qu'on remplit. Le soir, c'est mon heure : les nuits sont mon studio secret, quand le silence permet enfin d'entendre ce qui gronde en soi. J'écris seule, longtemps, jusqu'à ce que la phrase cesse de mentir. Mes producteurs chez Avex le savaient — ils pouvaient tout discuter, sauf mes textes. Cette exigence m'a coûté des amitiés et beaucoup de sommeil. Mais quand une adolescente me dit qu'une de mes chansons l'a empêchée de sombrer, je sais pourquoi je me suis battue pour chaque virgule.

J'ai refusé d'être un objet qu'on remplit.

Que représentait pour vous la domination des classements à la fin des années 1990 ?

Un vertige, honnêtement. En 1999, je devenais la première artiste japonaise à placer cinq singles numéro un la même année à l'Oricon, ce classement qui, chez nous, sacre ou condamne. Puis en 2000, Duty a franchi les trois millions d'exemplaires. Trois millions de personnes qui rapportaient chez elles un petit boîtier cristallin, un CD single avec son livret illustré, comme on rapporte un talisman. C'était l'apogée du disque physique, juste avant que tout bascule dans le numérique. Je mesure aujourd'hui la chance d'avoir régné à ce moment précis, quand tenir une musique dans sa main avait encore un poids, une odeur de plastique neuf. On me surnommait l'impératrice de la pop. Je préférais penser que j'étais surtout une insomniaque qui avait eu de la chance.

Un CD, comme on rapporte un talisman.
Ayumi Hamasaki Asia Tour 2008 Stage
Ayumi Hamasaki Asia Tour 2008 StageWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Martin Yeung from Beijing, China

Comment avez-vous vécu la bascule vers le numérique et le streaming ?

Comme on regarde une marée monter : on peut pester, elle montera quand même. J'ai grandi dans l'ère du CD single de collection, ces tirages limités que les fans venaient s'arracher autour du carrefour de Shibuya. Puis sont venus les téléphones i-mode, les sonneries, et bientôt cette idée étrange qu'on pourrait posséder toute la musique du monde sans rien tenir. J'ai dû réapprendre mon métier plus d'une fois. Ma parade fut la scène : au Tokyo Dome, à guichets fermés, on ne télécharge pas la sueur, ni le vertige d'un décor qui s'effondre en pluie de lumières. Le streaming a dématérialisé la musique. Il n'a jamais réussi à dématérialiser la présence. C'est là, sur les planches, que je restais irremplaçable.

Le streaming a dématérialisé la musique. Jamais la présence.

On dit que vous contrôliez chaque détail de votre image. Pourquoi cette exigence ?

Parce que mon image, c'était encore mes mots, mais en silence. J'ai été l'une des premières artistes japonaises à tenir toute ma direction artistique : les clips, les pochettes, les costumes. Je me suis même mise à la photographie, un vieil appareil argentique en main, à superviser les séances comme on relit un texte. Sur scène, je pouvais changer cinq ou six fois de tenue en un concert — robes gothiques, silhouettes angéliques, armures futuristes cousues par de grands couturiers. Ce n'était pas de la coquetterie. Chaque costume racontait un fragment de la chanson. Confier cela à d'autres, c'était accepter qu'on traduise mal ma langue. J'ai préféré tout porter, quitte à m'épuiser. Une artiste qui délègue son visage finit par ne plus se reconnaître dans le miroir.

Mon image, c'était encore mes mots, mais en silence.
Ayumi Hamasaki in London
Ayumi Hamasaki in LondonWikimedia Commons, CC BY 3.0 — Laura Cervantes Roura

Que diriez-vous à celles qui rêvent de cette autonomie créative aujourd'hui ?

Qu'elle se paie très cher, et qu'elle vaut chaque yen. Quand j'ai commencé, une femme qui exigeait de valider ses visuels passait pour capricieuse ; un homme, pour visionnaire. J'ai encaissé ce déséquilibre en travaillant deux fois plus, à valider les costumes l'après-midi chez Avex puis à écrire mes paroles la nuit venue. La mondialisation culturelle a ouvert des portes immenses — la J-pop et la K-pop circulent désormais partout — mais elle a aussi accéléré la machine à broyer. Mon conseil tient en une phrase : apprenez à dire non avant d'apprendre à sourire. Gardez un territoire, même minuscule, où personne ne décide à votre place. Ce carré de terre, pour moi ce fut mon carnet et mes clips. Il m'a permis de tenir debout trente ans.

Apprenez à dire non avant d'apprendre à sourire.

Vous avez continué à chanter en perdant l'audition. Comment cela a-t-il commencé ?

Dès 2000, cette année même où Duty triomphait, j'ai senti mon oreille gauche s'éteindre lentement. Une maladie rare, m'a-t-on dit, sans retour possible. Imaginez : au sommet des ventes, applaudie par des salles entières, je perdais l'accès au son qui était ma raison de vivre. J'ai révélé cette surdité de l'oreille gauche, puis en 2017 j'ai annoncé, sur mon site officiel, que l'autre oreille m'avait abandonnée à son tour. Sur ma table de chevet, une prothèse auditive — objet que je ne cachais plus. Chanter juste sans s'entendre, c'est se fier à la mémoire du corps, aux vibrations dans la poitrine, à un instinct qu'on apprend dans la douleur. J'ai transformé un deuil en discipline.

Chanter sans s'entendre, c'est se fier à la mémoire du corps.

Où trouvez-vous la force de continuer malgré ce silence qui grandit ?

Dans les visages, dans les lettres, dans ces millions de gens qui m'ont écrit après 2017 pour me dire que ma surdité leur donnait du courage. Je ne voulais pas être un exemple. La vie en a décidé autrement. Quand je monte sur la scène du Yokohama Arena et que je sens le sol trembler sous les cris, je n'entends plus vraiment la foule — je la ressens, ce qui est peut-être plus vrai encore. J'ai compris tard que ma musique n'avait jamais eu besoin de mes oreilles, mais de mon obstination. On m'a offert le succès, la richesse, puis on m'a repris le silence intérieur. Alors j'ai fait de ce silence une matière, comme les autres font du son. C'est là, je crois, que je suis devenue une véritable artiste.

On m'a repris le silence. J'en ai fait une matière, comme d'autres font du son.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ayumi Hamasaki's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.