Imaginary interview

Imaginary interview with Lạc Long Quân

by Charactorium · Lạc Long Quân · Mythology · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Sur une grève de l'estuaire, là où l'eau douce se mêle au sel, la brume s'ouvre et laisse paraître une silhouette drapée de reflets d'écailles. Il vient du Thủy phủ, le Royaume des Eaux, et remonte parmi les hommes comme il l'a toujours fait. Lạc Long Quân, seigneur de la race des dragons, accepte de parler de ses cent fils, de son royaume englouti et du peuple qu'il a fait naître.

Avant d'être le père d'un peuple, vous fûtes un roi. D'où vient votre lignée et quel royaume avez-vous reçu ?

Je descends de Thần Nông, par Đế Minh puis mon père Kinh Dương Vương, celui qu'on nomma Lộc Tục avant qu'il ne prît la couronne du Sud. Ma mère était Thần Long, fille du Seigneur de Động Đình, ce grand lac dont les eaux profondes m'ont donné ma part de dragon. À la mort de mon père, j'ai reçu Xích Quỷ, l'État qu'il avait fondé bien avant que l'on parlât de Văn Lang. On me nommait alors Sùng Lãm, mais c'est sous le nom de Lạc Long Quân que j'ai régné sur ces terres qui portent aujourd'hui le riz. Ce royaume, je ne l'ai pas conquis : je l'ai hérité, comme on hérite d'un fleuve qu'il faut sans cesse endiguer.

Ce royaume, je ne l'ai pas conquis : je l'ai hérité, comme on hérite d'un fleuve qu'il faut sans cesse endiguer.

Comment avez-vous rencontré Âu Cơ, celle qui allait devenir la mère de vos fils ?

Elle était retenue par Đế Lai, venu explorer les contrées du Sud, séduit par leurs paysages et leurs richesses, et il l'avait laissée là, dans sa suite. Quand je suis remonté du Royaume des Eaux, je l'ai vue et je n'ai pas voulu qu'elle demeurât sous cette emprise. Je me suis alors changé en jeune homme au visage avenant, entouré d'un cortège nombreux, tambours et musiques, pour la conquérir sans coup férir. Puis je l'ai cachée dans le palais de Long Đài, une demeure merveilleuse apparue comme par enchantement au milieu des collines. Đế Lai la chercha en vain. Ce n'était pas un rapt : c'était l'appel de nos deux natures, l'immortelle des montagnes et le dragon des eaux, qui devaient s'unir pour que naisse quelque chose de plus grand que nous.

Ce n'était pas un rapt : c'était l'appel de nos deux natures.

On raconte que de cette union naquit un prodige. Que s'est-il passé après vos noces ?

Âu Cơ ne mit pas au monde un enfant, mais un sac, un bọc, comme une poche tissée de mystère. Nous avons attendu, et six ou sept jours plus tard le sac s'ouvrit et il en sortit cent œufs, chacun donnant naissance à un fils. Nul n'eut besoin de les allaiter : ils grandirent seuls, vigoureux, superbes, comme si la terre et l'eau les nourrissaient à même leur sang. Voilà pourquoi, quand un homme de ce pays en croise un autre, fût-il de la plaine ou de la montagne, il peut le nommer đồng bào — issu du même sac. C'est là mon œuvre la plus étrange et la plus durable : non pas une bataille, non pas une loi, mais une fratrie de cent frères d'où descend tout un peuple.

Non pas une bataille, non pas une loi, mais une fratrie de cent frères d'où descend tout un peuple.

Ce récit du sac aux cent œufs, comment voulez-vous qu'on le comprenne, vous qui l'avez vécu ?

Le bọc trăm trứng n'est pas une énigme à résoudre, c'est une promesse à tenir. Cent œufs, cent fils : cela veut dire qu'aucun n'est né plus noble que l'autre, qu'ils sortent tous de la même enveloppe, réchauffés par la même chaleur. Quand plus tard mes fils se sont dispersés, les uns vers les eaux avec moi, les autres vers les hauteurs avec leur mère, ils ne cessèrent pas pour autant d'être frères. Les chroniqueurs des Đại Việt sử ký toàn thư ont fixé ce récit par écrit longtemps après moi, mais l'essentiel y demeure : un peuple qui se souvient d'un unique berceau ne peut se déchirer sans se renier. Je n'ai pas fondé une dynastie. J'ai fondé une parenté.

Je n'ai pas fondé une dynastie. J'ai fondé une parenté.

Vous parlez de dispersion. Pourquoi vous êtes-vous séparé d'Âu Cơ, la mère de vos enfants ?

Parce que nous n'étions pas de la même eau, au sens propre. Je suis nòi rồng, de la race des dragons ; ma demeure véritable est le Thủy phủ, le Royaume des Eaux, où je retourne comme d'autres rentrent chez eux le soir. Elle est giống Tiên, de la lignée des immortelles, faite pour la terre ferme et les cimes. On peut aimer et pourtant ne pouvoir vivre au même endroit : la carpe étouffe sur la berge, l'oiseau se noie dans l'onde. Alors nous avons partagé nos cent fils : cinquante ont suivi leur mère vers les montagnes, cinquante m'ont accompagné vers les profondeurs. Ce ne fut pas une rupture de colère, mais un accord de sagesse. Chacun devait peupler son domaine pour que le pays entier, des sommets aux estuaires, portât notre descendance.

On peut aimer et pourtant ne pouvoir vivre au même endroit : la carpe étouffe sur la berge, l'oiseau se noie dans l'onde.
Lạc Long Quân & Âu Cơ - Tết 2009
Lạc Long Quân & Âu Cơ - Tết 2009Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Prenn

Ce départ vers les eaux, vous le vivez comment ? N'est-ce pas une forme d'abandon ?

Les hommes le prennent souvent pour un adieu, mais un dragon ne quitte jamais tout à fait les siens. J'ai dit à mes fils et à Âu Cơ que si quelque péril les menaçait, ils n'auraient qu'à m'appeler vers le Sud et je surgirais des eaux. Le Royaume des Eaux n'est pas un exil : c'est un poste de guet. De là, je veille sur les fleuves qui irriguent leurs rizières, sur les crues qu'il faut apaiser, sur les monstres qui rôdent au fond des baies. Je remonte parmi eux quand il le faut, puis je redescends. Un père de la race des dragons n'habite pas une maison, il habite un élément. Mon absence apparente est la condition même de ma présence : je suis partout où l'eau porte la vie jusqu'aux racines du riz.

Un père de la race des dragons n'habite pas une maison, il habite un élément.

On vous dit aussi un roi civilisateur. Qu'avez-vous transmis aux hommes de vos terres ?

Quand je remontais des eaux, je ne venais pas les mains vides. J'ai montré à ces populations le nông tang : comment fendre la terre humide pour y coucher le riz, comment nourrir le ver et dévider la soie pour se vêtir. Avant moi, ils vivaient de cueillette et de hasard ; je leur ai laissé des gestes qui reviennent chaque saison, la houe et le fil. Mais un peuple ne tient pas qu'au ventre et au dos. J'ai aussi établi les premiers ordres entre les êtres : ce que se doivent le souverain et son sujet, le père et l'enfant, l'époux et l'épouse. Un royaume, ce n'est pas seulement des greniers pleins, c'est des liens que chacun sait tenir. Le riz nourrit le corps ; ces rapports-là nourrissent la cité.

Le riz nourrit le corps ; ces rapports-là nourrissent la cité.

À quoi ressemblent vos journées, entre le monde des eaux et celui des hommes ?

Ma vie n'a pas les heures régulières des paysans que j'ai instruits. Je monte du Thủy phủ quand le pays a besoin de moi et je veille au bon ordre du royaume, puis je regagne les profondeurs. On me voit aller et venir entre la terre et l'onde, tantôt penché sur une digue, tantôt guidant une main qui apprend à tisser. Je n'ai pas de demeure unique : j'ai deux royaumes, le palais de Xích Quỷ sur la terre ferme et le monde sous les eaux où m'attend ma nature de dragon. C'est une existence de passeur, toujours entre deux mondes. Ce qu'on appelle mon absence n'est que le battement de ce va-et-vient, comme la marée qui découvre et recouvre le rivage sans jamais l'abandonner.

Votre royaume de Xích Quỷ a disparu au profit de Văn Lang. Que reste-t-il de votre règne ?

Xích Quỷ fut le premier nom, celui que mon père Kinh Dương Vương avait donné à ces terres, et que j'ai porté à mon tour. Il ne devait pas durer sous ce nom, et c'est bien ainsi. L'aîné de mes cent fils, resté avec sa mère vers les hauteurs, devint chef de la tribu de Văn Lang, unifia les quinze tribus et prit le titre de premier Hùng Vương. Ce que j'avais reçu, je l'ai transmis grandi. Les Đại Việt sử ký toàn thư rattachent toute cette lignée des Hùng à mon sang et à celui d'Âu Cơ. Un royaume qui change de nom n'est pas un royaume qui meurt : Xích Quỷ ne s'est pas éteint, il est devenu Văn Lang, comme le fleuve garde son eau en changeant de rive.

Un royaume qui change de nom n'est pas un royaume qui meurt.

En regardant tout cela, quelle trace espérez-vous laisser dans la mémoire de ce peuple ?

Je n'ai pas laissé de tombeau, car le Royaume des Eaux ne rend pas ses seigneurs. Mais que l'on se souvienne de ceci : le peuple Lạc Việt est né d'un couple mal assorti et d'un sac d'œufs, non d'une conquête. Je voudrais que les enfants de ce pays, en se nommant con Rồng cháu Tiên — enfants du Dragon et petits-enfants de l'Immortelle —, sentent qu'ils portent en eux les deux moitiés du monde, l'eau et la montagne. Le palais de Long Đài s'est effacé, Xích Quỷ a changé de nom, mais cette fierté-là ne s'efface pas. Tant qu'un homme d'ici se saura issu du même bọc que son voisin, mon règne durera bien plus longtemps qu'aucune muraille.

Ils portent en eux les deux moitiés du monde, l'eau et la montagne.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Lạc Long Quân's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.