Imaginary interview

Imaginary interview with Mekatilili wa Menza

by Charactorium · Mekatilili wa Menza (1840 — 1925) · Politics · Society · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Mekatilili wa Menza

Le soleil décline sur les collines proches de Kilifi, et devant sa case au toit de palmier, Mekatilili wa Menza noue son kanga avant de s'asseoir près du feu où se rassemble déjà la famille. C'est là, entre deux chants appris aux plus jeunes, qu'elle accepte de raconter, dans sa langue franche de femme d'assemblée, les années du serment, de l'exil et du retour.

Comment le peuple giriama vivait-il sous l'administration britannique avant que vous ne preniez la tête de la résistance ?

Avant que le protectorat ne s'abatte sur nos terres, en 1895, nous vivions selon l'ordre reçu de nos pères : cultiver le long du fleuve Sabaki, dans la région de Galana, honorer le kaya, nourrir nos enfants d'ugali et de poisson séché. Puis vinrent les taxes, dès 1900 — de l'argent qu'il fallait trouver, alors que nous ne connaissions que le troc et le mnazi partagé aux fêtes. On nous poussait vers les plantations de la côte pour un salaire qui ne valait pas la sueur versée. Je voyais les anciens baisser la tête devant les collecteurs d'impôts, et je me disais qu'un peuple qui plie ainsi finit par oublier le chemin de son propre kaya.

Que s'est-il passé en 1912 qui a précipité la révolte ?

En 1912, les Britanniques ne demandaient plus seulement notre argent, ils demandaient nos fils. Des milliers de jeunes hommes giriama devaient partir comme porteurs, comme soldats, loin des huttes de torchis et des jardins de leurs mères. J'ai vu des femmes pleurer devant leurs cases en pensant à leurs garçons envoyés on ne savait où, pour une guerre qui n'était pas la nôtre. C'est à ce moment que j'ai compris qu'il ne suffisait plus de courber l'échine : il fallait réunir les clans, du bas Sabaki jusqu'à la forêt sacrée, et leur rappeler que nos ancêtres n'avaient pas cultivé cette terre pour qu'on nous l'arrache avec nos enfants.

Comment avez-vous organisé le rassemblement au kaya Fungo en 1913 ?

J'ai envoyé porter la parole de village en village, jusqu'à ce que les anciens de tous les clans giriama se retrouvent dans l'enclos sacré du kaya Fungo. Là, sous les arbres que nos pères avaient plantés, j'ai fait administrer le kiapo, le serment qui lie les vivants aux morts et les vivants entre eux. Les Britanniques l'avaient interdit, ils craignaient ce que je faisais renaître : le vaya, le conseil que la colonisation avait voulu réduire au silence. Des milliers sont venus, bien plus que je n'osais l'espérer, et j'ai compris ce jour-là que la peur pouvait changer de camp.

J'ai compris ce jour-là que la peur pouvait changer de camp.

Pourquoi était-il si important de restaurer le vaya, le conseil des anciens ?

Le vaya n'était pas un ornement du passé, c'était notre manière de nous gouverner nous-mêmes, bien avant qu'un administrateur de Malindi ne vienne nous dicter nos lois. Le faire revivre, ce n'était pas seulement convoquer des vieillards autour d'un feu : c'était dire aux Britanniques que nous avions déjà une justice, une parole, une autorité — la nôtre. Quand les anciens ont repris leur place dans le kaya, j'ai vu des hommes qui avaient baissé les yeux devant les collecteurs d'impôts relever la tête. Restaurer le vaya, c'était redonner un corps à un peuple qu'on voulait réduire à des numéros sur un registre de taxes.

Que racontez-vous de la danse kifudu que vous pratiquiez pour rassembler votre peuple ?

Le kifudu n'est pas une danse qu'on regarde, c'est une danse qui vous prend. Je faisais résonner la calebasse, le ngoma appelait les villages depuis la forêt, et mon corps disait ce que mes mots n'auraient pas suffi à porter. Quand je dansais devant l'assemblée, au kaya, je sentais que ce n'était plus seulement moi qui parlais — c'étaient les koma, les ancêtres, qui parlaient à travers mes gestes. Les administrateurs britanniques qui m'observaient de loin n'y comprenaient rien ; ils voyaient une vieille femme s'agiter, quand ils auraient dû voir une nation se souvenir d'elle-même.

Comment invoquiez-vous les esprits koma lors de vos cérémonies ?

Chaque matin, avant même de puiser l'eau au puits, je versais quelques gouttes en offrande aux koma, pour qu'ils veillent sur nous. Lors des grandes assemblées, je les appelais à haute voix, je leur demandais d'entrer dans le cercle et de nous dire si notre combat était juste. Ce n'était pas un simple discours que je tenais aux Giriama : c'était un pacte renouvelé avec ceux qui avaient cultivé cette terre avant nous et qui reposaient encore près du kaya. Un peuple qui perd ses koma perd sa mémoire, et un peuple sans mémoire ne sait plus pour quoi se battre.

Que s'est-il passé lorsque vous avez été arrêtée et déportée à Kisii ?

On m'a saisie avec Wanje wa Mwadorikola, et on nous a emmenés loin, jusqu'à Kisii, à plus de six cents kilomètres de mon kaya, de mon fleuve, de mes gens. Les Britanniques croyaient qu'en m'arrachant à ma terre, ils m'arracheraient aussi mon autorité — comme si l'esprit d'une femme giriama pouvait se couper de ses ancêtres simplement en changeant de collines. J'ai passé ces mois de déportation à penser sans cesse au kaya Fungo, à ce que j'y avais commencé, et je savais, avec une certitude que rien ne pouvait ébranler, que je reviendrais.

Comment avez-vous réussi à revenir à pied jusqu'à la côte ?

Je ne dirai pas tout de cette marche — certaines routes appartiennent à celle qui les a parcourues. Nous sommes partis de Kisii, Wanje et moi, à travers des territoires que je ne connaissais pas, sans les repères de mon pays giriama, sans un kaya où me reposer. Je pensais aux femmes de mon village préparant le porridge de mil à l'aube, à la calebasse du kifudu restée silencieuse, et cette pensée me portait plus que mes jambes. Quand j'ai revu la côte, le sel dans l'air, j'ai su que même six cents kilomètres de terre hostile ne suffisent pas à effacer une femme qui a un peuple à retrouver.

Six cents kilomètres de terre hostile ne suffisent pas à effacer une femme qui a un peuple à retrouver.

Que représentait pour vous l'incendie du kaya Fungo par les Britanniques en 1914 ?

Quand on m'a dit que le kaya Fungo avait brûlé, en 1914, j'ai d'abord cru que c'était un mensonge de plus des administrateurs — comment brûle-t-on une forêt où reposent les koma ? Puis j'ai compris que c'était vrai, et qu'ils y avaient ajouté une amende que tout le peuple giriama devait payer pour avoir osé se rassembler. Ils pensaient qu'en brûlant le bois, ils brûlaient aussi le serment que j'y avais fait prêter. Mais un kiapo ne vit pas dans les arbres seuls : il vit dans la bouche de ceux qui l'ont prononcé, et tant qu'un seul Giriama s'en souvenait, le kaya restait debout, quelque part ailleurs qu'en bois et en feuilles.

Que souhaitez-vous transmettre aux jeunes Giriama qui viendront après vous ?

Je suis vieille maintenant, et je passe mes soirées, assise près du feu, à enseigner aux plus jeunes les chants que je chantais devant le kaya, les pas du kifudu, la manière d'appeler les koma sans crainte. Je ne sais pas ce que deviendra ce pays quand je ne serai plus là pour porter la calebasse, mais je sais que tant qu'une fille giriama dansera ces pas et se souviendra du nom de Wanje wa Mwadorikola et du kaya Fungo, les Britanniques n'auront pas gagné entièrement. On peut brûler une forêt ; on ne brûle pas ce qu'un peuple se raconte le soir, autour du feu, pour ne pas oublier qui il est.

On peut brûler une forêt ; on ne brûle pas ce qu'un peuple se raconte le soir pour ne pas oublier qui il est.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Mekatilili wa Menza's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.