Imaginary interview

Imaginary interview with Ranavalona I

by Charactorium · Ranavalona I (1788 — 1861) · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ranavalona I
Wikimedia Commons, Public domain — Philippe-Auguste Ramanankirahina (1860-1915)

Nous sommes reçus au sommet de la colline d'Antananarivo, dans l'enceinte de bois du Manjakamiadana, où la reine consent — fait rare — à recevoir un visiteur porteur de questions. Les gardes se tiennent en retrait ; seul le crépitement du bois dans l'âtre accompagne sa voix, posée et sans hâte.

On raconte que votre accession au trône, en 1828, fut un moment de grand péril. Comment avez-vous déjoué les prétendants qui convoitaient la couronne ?

Mon époux Radama Ier s'est éteint dans la nuit, et j'ai su qu'il fallait agir avant que le soleil ne se lève sur Antananarivo. Les prétendants s'agitaient déjà, chacun brandissant un lien de sang plus ou moins certain avec la lignée. Mais j'avais pour moi les grandes familles andriana fidèles à mon rang, et les gardes du palais qui n'attendaient qu'un signe. Avant que les rivaux n'aient fini de compter leurs appuis, j'étais déjà proclamée depuis le Manjakamiadana, entourée des miens, la voix des mpikabary portant mon nom jusqu'aux collines voisines. On ne gouverne pas les Hautes Terres en hésitant, je l'ai appris cette nuit-là de 1828, et je ne l'ai plus jamais oublié.

Comment avez-vous assuré votre autorité face à ceux qui contestaient votre légitimité ?

J'ai rappelé à la cour ce que nul ne pouvait nier : le sang qui coule dans mes veines et l'alliance que j'avais scellée avec mon époux devant les razana, nos ancêtres. Les hova qui administraient le royaume et les grandes familles andriana ont vu où se trouvait la force véritable, et se sont rangés derrière moi plutôt que de parier sur des prétendants sans appui. Je n'ai pas eu besoin de longs discours : un souverain qui hésite invite la trahison, un souverain qui tranche l'étouffe dans l'œuf. Ceux qui doutaient encore ont appris, dans les mois qui ont suivi, que la reine des Hautes Terres ne partage pas son trône par faiblesse, seulement par choix, et que je n'avais fait ce choix pour personne.

Pourquoi avez-vous voulu reconstruire votre palais sans recourir à un seul matériau étranger ?

En 1839, j'ai fait relever le Manjakamiadana avec le bois de rovoala de nos forêts et les mains de nos charpentiers, et de personne d'autre. On m'avait proposé des ingénieurs venus d'ailleurs, des charpentes importées — j'ai refusé, non par orgueil vain, mais parce qu'un toit bâti par des mains étrangères ne protège pas un peuple, il l'endort. Depuis le sommet de la colline, ce palais domine Antananarivo à quatorze cents mètres, et chacun qui lève les yeux voit ce que nos propres artisans savent accomplir sans tuteur. J'ai pris ce qui m'était utile chez les étrangers, leurs canons, leurs machines, jamais leur autorité sur ce que mes mains pouvaient bâtir seules.

Un toit bâti par des mains étrangères ne protège pas un peuple, il l'endort.

Quel rôle joue la colline sacrée d'Ambohimanga dans votre façon de gouverner ?

Ambohimanga garde le sommeil de nos rois, et c'est là que je vais chercher la force que les vivants seuls ne peuvent me donner. On m'a demandé souvent d'abandonner le culte des razana pour une foi venue d'Europe. J'ai répondu par ces mots, que mes mpikabary répètent encore dans les villages : « Cette île m'appartient, héritée de mes ancêtres ; je ne la partagerai pas avec des étrangers. » Ce n'était pas une figure de style, c'était un serment prononcé en kabary devant toute la cour. Un royaume qui oublie ses ancêtres pour plaire à des visiteurs de passage n'est déjà plus un royaume. Voilà pourquoi je monte encore à cette colline sacrée, même à mon âge, même quand la route est longue.

Cette île m'appartient, héritée de mes ancêtres ; je ne la partagerai pas avec des étrangers.

En 1835, vous avez interdit le christianisme et ordonné l'expulsion des missionnaires. Qu'est-ce qui vous a décidée ?

Les missionnaires de la London Missionary Society sont arrivés avec leurs livres et leur alphabet, et je ne leur en ai jamais voulu pour cela — apprendre à lire n'a jamais tué personne. Mais derrière les lettres venait autre chose : une religion qui exigeait qu'on tourne le dos aux razana, qu'on cesse d'honorer ceux qui nous ont faits ce que nous sommes. Un peuple sans ancêtres est un peuple qu'on peut mener où l'on veut. J'ai promulgué mon édit en 1835 parce qu'une reine qui laisse une foi étrangère dicter la conscience de son peuple a déjà cédé son royaume, même si les canons étrangers n'ont pas encore tiré un seul coup.

Un peuple sans ancêtres est un peuple qu'on peut mener où l'on veut.

Le missionnaire William Ellis a écrit sur votre fermeté face aux Anglicans. Que répondiez-vous à ceux qui vous suppliaient de revenir sur votre décision ?

Je leur disais que la foi de mes pères suffisait amplement à mon peuple, et qu'aucune croyance venue d'ailleurs n'aurait droit de cité sur mes terres. Certains ont continué malgré tout, en secret, et j'ai dû sévir — jusqu'au tangena pour ceux qu'on accusait de trahir le royaume au profit d'une foi étrangère, la noix du tanghinier tranchant ce que les hommes n'osaient trancher eux-mêmes. On m'a reproché la dureté de ce jugement. Je réponds qu'un royaume assiégé de l'intérieur comme de l'extérieur ne peut se permettre la tiédeur. Ceux qu'on appelle martyrs, moi je les ai vus comme des sujets qui avaient choisi une autorité étrangère contre la mienne, et cela, aucune reine digne de ce nom ne peut le tolérer.

Regrettez-vous parfois la dureté de cette politique religieuse ?

Une reine n'a pas le loisir du regret, elle a le devoir du jugement. Si j'avais laissé faire, mes propres hova auraient bientôt prié un dieu étranger et écouté un roi étranger leur dicter leurs lois — je l'ai vu ailleurs, sur d'autres côtes, et je n'ai pas voulu ce sort pour Madagascar. Mon fils pense autrement, je le sais ; il rouvrira sans doute les portes que j'ai fermées dès que je ne serai plus là pour les tenir. Ce sera son royaume à lui, et son jugement. Le mien fut de préserver, vivante, une île entière pendant plus de trente ans, et je ne défais pas cela au soir de ma vie pour m'épargner le nom de reine sévère.

En 1845, une flotte franco-britannique a bombardé Tamatave. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

On a voulu me faire plier par le fracas des canons sur Tamatave, croyant qu'une île sans grande flotte céderait au premier coup de semonce. J'ai reçu les rapports depuis Antananarivo sans qu'un muscle de mon visage ne bouge devant la cour, même si, je l'avoue, la nouvelle m'a tenue éveillée cette nuit-là. Les comptoirs européens ont brûlé un peu, nos fortifications ont tenu l'essentiel, et surtout, mon message est parti clair jusqu'en France et en Angleterre : on ne fait pas plier Madagascar en frappant sa côte comme on frapperait un village sans défense. J'ai ordonné qu'on démantèle ce qui restait des comptoirs étrangers et qu'on renvoie les résidents qui n'avaient plus rien à faire chez nous.

On ne fait pas plier Madagascar en frappant sa côte comme on frapperait un village sans défense.

Après ce bombardement, pourquoi avoir refusé toute négociation avec les puissances européennes ?

Négocier après un coup de canon, c'est apprendre à l'adversaire qu'il suffit de tirer plus fort la prochaine fois. J'ai préféré renforcer les forts qui gardent nos ports, faire fondre davantage de pièces d'artillerie, et laisser le silence répondre à leur amiral. De 1845 à 1857, j'ai fait de nos côtes un mur, pas une porte entrouverte. Certains à ma cour murmuraient qu'il fallait composer, accepter quelques comptoirs pour la paix — je leur ai rappelé qu'un royaume qui accepte une petite reddition en accepte toujours une seconde, plus grande. L'île m'a été confiée entière ; je comptais bien la garder entière, quitte à ce que les navires étrangers reviennent chaque année constater qu'elle l'était toujours.

Vous avez fait venir l'ingénieur français Jean Laborde pour bâtir Mantasoa. N'était-ce pas une contradiction avec votre défiance envers les étrangers ?

Aucune contradiction, seulement du discernement. Jean Laborde est venu à Mantasoa avec un savoir que je voulais pour mon peuple, non pour son roi ou sa nation. Sous ma surveillance, il a bâti nos forges, notre poudrerie, nos ateliers de tissage, et j'ai veillé à ce que ce savoir reste ici, entre des mains malgaches, une fois les machines en marche. On dit souvent qu'un souverain doit choisir entre s'ouvrir et se fermer — je n'ai jamais cru à ce choix. J'ai pris ce qui servait mon indépendance et j'ai fermé la porte à ce qui la menaçait. Les canons de bronze qui sortaient de Mantasoa n'ont jamais servi qu'à une chose : nous éviter d'en acheter à ceux dont je me méfiais.

Si vous pouviez imaginer ce qu'il adviendra de Madagascar après votre règne, que souhaiteriez-vous qu'on retienne de votre choix ?

Je ne sais pas lire l'avenir, aucune reine ne le peut, mais je sais ce que j'ai voulu prouver de mon vivant : qu'une île des Hautes Terres, sans grande flotte, sans canons venus d'ailleurs au début de mon règne, pouvait tenir tête à des empires pendant plus de trente ans sans plier son âme. Peut-être qu'un jour d'autres viendront, plus nombreux, plus armés que ceux que j'ai repoussés à Tamatave — je n'ai pas la vanité de croire qu'un seul règne suffit à fermer une île pour toujours. Mais si l'on se souvient de moi comme de celle qui a fait de Mantasoa un atelier malgache plutôt qu'un comptoir étranger, et qui n'a jamais signé son indépendance contre une paix facile, alors j'aurai fait mon devoir de reine jusqu'au bout.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ranavalona I's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.